[Critique] Evocation II: Pantheon, le nouvel album d’Eluveitie

[Critique] Evocation II: Pantheon, le nouvel album d’Eluveitie

Après un gros changement de line-up l’an passé, Eluveitie revient nous présenter ses nouveaux membres dans Evocation II: Pantheon.

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L’album fait suite à Evocation I: The Arcane Dominion. Sorti en 2009, Eluveitie nous faisait alors découvrir son inspiration totalement folk, sans guitares saturées. Un mélange mystique et traditionnel qui avait assis son statut de groupe de folk metal. En effet, Eluveitie ne s’est jamais contenté de poser deux-trois lignes de violon sur des rythmiques metal. Leur univers a toujours été très recherché, allant même jusqu’à chanter en Gaulois.

Eluveitie signifie « Je suis Helvète », les helvètes étant été un peuple celte de la Suisse actuelle.

Evocation II: Pantheon fait-il alors honneur aux Dieux Celtes ?

 

Evocation II: Pantheon, un renouveau pour Eluveitie

Eluveitie, après avoir sorti Slania en 2008 (vous avez forcément entendu Inis Mona à l’époque !) s’impose comme LE groupe de folk metal à suivre. Eluveitie mélange habilement mythologie celte, metal et instruments folks et remporte un franc succès, que ce soit en tournée ou dans les bacs. Après Everything Remains As It Never Was (2010), le groupe prend une pause de 2 ans avant de ressortir un nouvel album, Helvetios (alors que Slania, Evocation I et ERAINW sortait chacun à un an d’intervalle).

Un peu moins apprécié que les précédents, Eluveitie continue tout de même de faire ce qu’il fait de mieux. Le groupe enchaîne les tournées et sort dans la foulée Origins, en 2014. 

Patrick « Päde » Kistler, flutiste de longue date, annonce son départ du groupe en novembre 2014, en plein milieu d’une tournée européenne. En 2016, les membres d’origines continuent de quitter le groupe: Eluveitie devra alors remplacer le batteur Merlin Sutter, Anna Murphy (chant et vieille à roue) and Ivo Henzi (guitare). 

Le frontman et compositeur Chrigel Glanzmann reconstitue alors son clan et présente alors le nouveau line-up d’Eluveitie dans Evocation II: Pantheon. Ceux qui suivaient Eluveitie depuis longtemps et s’étaient désintéressés du groupe devenaient alors intrigués par Evocation II. En effet, Evocation I est un album qui avait beaucoup secoué la communauté folk à l’époque. Et avec tous les départs et contretemps du groupe, c’était à se demander si Eluveitie allait renaître de ses cendres.

 

Un pari réussi

Après une introduction (Dureððu) prenante qui nous fait rentrer directement dans l’ambiance, la voix de la nouvelle chanteuse Fabienne Erni s’impose dans Epona.

C’est un morceau très entraînant, souligné par des voix plus criées dans le fond, et la mélodie reste facilement dans la tête grâce à la violoniste Nicole Ansperger. On retrouve Eluveitie, capable de créer des tubes grâce à mélodies traditionnelles présentées de façon plus moderne.

Les morceaux de Evocation II: Pantheon sont entrecoupés d’interludes (Svcellos II,Tovtatis) où se mêlent bruits d’ambiance, voix et notes et cela fait toujours son effet. On a tout de suite plus l’impression de marcher dans la forêt à la recherche de souvenirs anciens pour épancher notre soif de mythologie celte.

Nantosvelta est un morceau sans chant, entraînant grâce aux accents du batteur Alain Ackermann et aux parties de flûte de Chrigel Glanzmann et Matteo Sisti. Tovtatis, ode au dieu protecteur vient calmer le jeu avant Lvgvs, que le groupe avait choisi de présenter le mois dernier.

Grannos, après une première partie agréable mais un peu déjà-vu s’emballe grâce au tempo dédoublé et aux percussions. 

Cernvnnos est mélancolique et épique à la fois. La chanson est portée par un half time (accents de la batterie sur le 3è temps et non les 2 et 4) et quelques notes criées à la fin.

Elle ouvre la voie pour Catvrix; où bruits de glaives, voix chuchotées et percussions tribales nous laissent penser à des batailles et la gloire perdue du peuple Celte. 

 

Quelques facilités

Artio, long de 5 minutes continue l’album dans sa lancée et fait de Aventia sa suite logique.

Malheureusement, Ogmios fait du réchauffé.

Après avoir déjà utilisé le thème si connu de Tri Martolod dans Inis Mona pour Slania (2008), le morceau fait maintenant trop cliché pour Eluveitie. C’est étonnant quand on connaît la recherche évidente et sérieuse du groupe quant à la mythologie et l’histoire Celte.

Esvs et Autvmnos sont deux morceaux très agréables qui nous laissent nous évader.

La fin de l’album, servie par les titres Tarvos II, Belenos (dieu solaire) Taranis (dieu du Ciel et et de l’Orage) et Nemeton (mot qui désigne le temps où les Gaulois pratiquaient leur culte) restent dans le ton.

On nous invite constamment à remonter le temps et l’Histoire. 

Eluveitie est toujours composé de musiciens talentueux et impliqués dans la recherche historique du groupe.

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Eluveitie renaît donc de ses cendres en livrant un album de qualité. Bien que tombant parfois dans la facilité, le talent des musiciens rattrape le tout. Evocation II: Pantheon réussit à nous plonger avec succès dans la mythologie Celtique pendant 53 minutes.

Eluveitie devra maintenant réussir le pari de revenir avec un album plus énervé. Le groupe pourra alors asseoir définitivement son statut de groupe phare du folk metal.

Note

[Critique] Evocation II: Pantheon, le nouvel album d’Eluveitie

Evocation II: Pantheon

Summary:
Eluveitie signe son retour avec un album plus axé folk que metal. Bien que la formule reste la même et semble déjà vue à quelques reprises, l'homogénéité des morceaux et l'interprétation sont de haute qualité.

80%

Très Bien

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