Dillon au café de la danse

Dillon au café de la danse

Dillon est une jeune artiste originaire de Berlin. Son premier album, This Silence Kills, sorti en 2011, mélangeait déjà le piano et la musique électronique d’une manière étonnante. Très rapidement, elle a su conquérir un public. Son nouvel album, The Unknown, est sorti en mars dernier et semble être une œuvre conceptuelle. Le 15 avril, elle se produisait dans le cadre du festival Clap your hands, au café de la danse. Une rencontre du troisième type avec une artiste extra-terrestre.

Elle arrive sur scène devant un halo de lumière. Telle une apparition venue d’une autre planète, on ne verra de Dillon que sa silhouette. Des jeux de lumières masquent son visage qu’elle cache à moitié derrière un rideau de cheveux. Cette voix hors du commun, dont le timbre n’est pas sans rappeler celui de Selah Sue, a une force émotionnelle rare lorsqu’elle se met à chanter : un vibrato léger et flottant, un grain de voix chaud et hypnotique qui grimpe étonnement dans les aiguës.

Sa musique est simple : un clavier pour l’accompagner, variant entre arpèges et accords plaqués répétitifs, et un Dj qui mixe des samples en live, recréant une ambiance énigmatique, un savant mélange de sons, beat et instrumentation. On oscille entre une pop tendre et naïve et une electro minimale et dissonante. On passe de morceaux planants et lents, à des chansons atmosphériques, secouées par un rythme saccadé. Une électro psychédélique lancinante qui nous plonge chaque fois un peu plus dans la bulle et l’univers de Dillon.

La jeune femme bouge peu sur scène. Timide, elle opte pour une attitude figée et quelques gestes vaporeux ou incertains. Derrière son clavier, elle garde une distance presque mystique tout en continuant de donner vocalement. Elle s’exprime peu, parfois maladroitement en français ; par exemple, lorsqu’elle incitera le public à reprendre avec elle les paroles de Tip Tapping. Elle délaisse alors son poste de commandement, laissant son acolyte s’occuper des touches noires et blanches pour enfin déambuler sur la scène et occuper d’avantage l’espace. Moment touchant et émouvant dont il se dégage une délicatesse et une douceur propres à cette chanson ; quelque chose d’enfantin.

Le public au départ hésitant, voir dérouté, finit par s’enthousiasmer et l’accueille avec plaisir et surprise. Malgré la timidité et la distance, il y aura un rappel et pas des moindres puisque les deux derniers morceaux seront amplis de grâce, et rééquilibreront avec la montée en puissance progressive et la violence des lumières, des morceaux les plus electro.

Une jeune femme qui manque un peu de présence scénique et dont l’orientation musicale actuelle est plutôt inattendue et déroutante. On appréciera plus facilement les titres en piano-voix qui donnent toute son ampleur à son timbre et sa sensibilité à fleur de peau, à la fois touchante et déchirante. Les plus éclectiques apprécieront l’originalité des morceaux electro sobre et atypique. Un contraste intéressant à écouter les yeux fermés.

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