[Critique] « Melodrama » : l’évolution musicale et personnelle de Lorde

[Critique] « Melodrama » : l’évolution musicale et personnelle de Lorde

« I do my makeup in somebody else’s car » : quatre ans après le succès de son premier album Pure Heroine, voici les quelques mots sur lesquels nous avons retrouvé Lorde en mars dernier. Green Light qui nous a directement initié à un ton moins sombre ouvre ici l’album magnifiquement nommé Melodrama, sorti le 16 juin.

 

Doté (officiellement) de 11 morceaux, Melodrama surprend encore plus que Green Light. Avant sa sortie, on en avait déjà entendu beaucoup : l’émouvant Liability sorti une semaine après Green Light, Homemade Dynamite interprété à Coachella, Perfect Places et Sober. En tout, cela faisait presque la moitié. Loin de nous déplaire, cela présageait un très bon opus que nous avons d’ailleurs classé parmi les 5 albums les plus attendus de juin. Homemade Dynamite était une pépite en live, Perfect Places avait tout d’un tube avec les mêmes ingrédients que Green Light alors que Sober faisait office de retour aux sources avec une ambiance proche de celle de Pure Heroine.

 

L’évolution vers une pop moins sombre

Ainsi, une fois Green Light et Sober passées, la version studio de Homemade Dynamite se révèle être à la hauteur de la prestation live. « Our rules, our dreams, we’re blind, blowing shit up with homemade d-d-d-dynamite » : la jeune chanteuse néo-zélandaise décrit les détails d’une soirée, comme dans Sober. Puis vient The Louvre, le premier inédit dans lequel elle compare sa relation à un tableau figurant au musée parisien. Cependant, le morceau ne décolle pas. Il commence bien, on distingue un pré-refrain, on attend le refrain mais… ce dernier n’arrive pas et un nouveau couplet démarre. On comprend alors que le pré-refrain « Broadcast the boom boom boom boom and make ’em all dance to it » était donc ce fameux refrain.

C’est vraisemblablement le plus gros problème de Melodrama, assumant une déconstruction complète. Hard Feelings/Loveless en est le parfait exemple avec deux chansons en une. Point faible de l’album, elle raconte l’évolution négative de sa relation dans Hard Feelings avant d’enchaîner sur Loveless dans laquelle elle affirme « we’re a loveless generation » mais le tout a du mal à prendre forme.

 

Un album déconstruit

melodrama

 

Puis, dans la ballade Writer In The Dark, Lorde nous fait comprendre toute l’étendue de son talent. Nous y découvrons la force de sa voix dans les aigus au cours du refrain mais surtout son écriture de génie. « I am my mother’s child, I’ll love you ’til my breathing stops, I’ll love you ’til you call the cops on me » : les paroles sont terriblement émouvantes et sa voix nous fait passer les émotions à merveille. Enfin, Supercut souffre globalement du même syndrome que The Louvre. L’instrumental et la voix de Lorde montent crescendo et nous nous préparons à danser mais le soufflé retombe vite : le refrain est de courte durée et basse amplitude. Il en résulte un bon morceau mais loin d’être le tube qu’il aurait pu être.

 

Au milieu, nous trouvons deux interludes : Sober II (Melodrama) et Liability (Reprise). Suite directe de Sober, le premier garde le ton sombre de son aîné en ajoutant un rythme, une mélodie et des paroles épiques qu’on retiendra : « All the glamour and the trauma and the fucking Melodrama ». Il est bien dommage que d’autres chansons ne soient pas du même acabit, faisant honneur au nom de l’album. De son côté, les deux minutes de reprise de Liability n’ont pas réellement d’intérêt musicalement même si on entend des bouts similaires à Still Sane, du premier album.

 

Finalement, Melodrama est un album résolument plus pop et moins sombre que Pure Heroine en 2013. Même si cela peut frustrer, l’adolescente qu’on connaissait a désormais 20 ans et cet album nous traduit son évolution à la fois musicale et personnelle. Si ses textes sont plus profonds, on regrette néanmoins le manque de rythme de certains titres qui avaient tout le potentiel d’un Glory and Gore. Nous en retenons un album certes différent mais aux qualités indéniables.

 

7/10

À écouter :
Homemade Dynamite, Green Light, Sober II

 

Lorde sera en concert au Zénith de Paris le 5 octobre et au Transbordeur à Lyon le 8 octobre. Les places sont déjà disponibles.

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