[Critique] Chris Dave and the Drumhedz: un album riche et brillant

[Critique] Chris Dave and the Drumhedz: un album riche et brillant

Chris « Daddy » Dave, l’un des batteurs les plus reconnus de la scène jazz & hip-hop internationale sort un 2ème album en compagnie de ses « Drumhedz ».

Chris Dave, Chris Dave and the Drumhedz
Photo : Dante Marshall

Chris Dave est né à Houston et commence la batterie à l’âge de 3 ans. Le batteur se construit vite une culture musicale en jouant du gospel à l’église et en écoutant de grands noms du Jazz comme John Coltrane ou Miles Davis. Après ses études, il commence à jouer avec le groupe de RnB Mint Condition. Depuis, vous avez pu l’entendre sur 21 d’Adele ou Purpose de Justin Bieber. Et pour les plus initiés, il a joué avec Kenny Garret, D’Angelo, ou Robert Glasper.

Chris Dave and The Drumhedz est paru le 27 janvier dernier sur le prestigieux label Blue Note.

Un album plus structuré que le précédent

Chris Dave présente donc le deuxième album de son projet solo. Le premier, Mixtape, était sorti en 2013. Comme son nom l’indique, le contenu se rapprochait plus d’une mixtape que d’un album traditionnel.

Ici, les 15 morceaux du nouvel album forment un ensemble assez homogène et sont construits avec des parties récurrentes. Dans les morceaux portés par le chant, Chris Dave se met dans un rôle d’accompagnement. Les parties batterie aident à structurer le morceau, comme dans Cosmic Intercourse (avec Casey Benjamin au vocoder) ou Destiny N Stereo, le premier single de l’album.

Pour autant, le côté jazz et free est omniprésent, et on se laisse vite porter par les solos et l’ambiance. Mention spéciale à Dat Feelin’ qui met en place une transe rythmée avec des lignes de piano très jazz, et qui se finit par une tirade gospel du chanteur SiR.

Ou encore Black Hole (feat. Anderson .Paak), au rythme afrobeat énergique, faisant penser à du Fela Kuti.

Le génie des Drumhedz

Qui sont les Drumhedz ?

Sur l’album, la plupart des morceaux sont joués en compagnie de chanteurs comme Anderson .Paak, Bilal, Anna Wise ou Phonte Coleman. Les autres musiciens crédités à l’intérieur du disque, sont tout aussi brillants. On retrouve par exemple Pino Paladino à la basse (qui accompagnait D’Angelo en même temps que Chris Dave), James Poyser au piano (The Roots), et Isaiah Sharkey ou Tim Stewart (Lady Gaga) à la guitare.

Parfois, en mettant de grands noms côte à côte en studio pour enregistrer un album, la sauce ne prend pas. Mais là, les musiciens ont tellement l’habitude de jouer les uns avec les autres en tournée ou sur des disques que l’alchimie est réelle et prend tout son sens. Chris Dave a réussi a fonder une famille de musiciens jazz, soul et hip-hop.

Il n’y a pas de fausse note dans cet album. Les influences sont si diverses que chacun peut y trouver son compte, et le tout forme un ensemble très riche. Chris Dave dévoile toutes les facettes de son jeu de batteur, et prouve qu’il reste très polyvalent.

Chris Dave parlait d’ailleurs de l’album dans ces termes: « People say you can’t have all of these sounds in one place – but how we hear things, it’s just music. You like it or you don’t. This is a ‘why can’t you?’ album. »

Chris Dave, Chris Dave and the Drumhedz

9/10

Vous pourrez écouter Chris Dave le 9 mars prochain en compagnie de D’Angelo et le 10 mars avec Yasin Bey (Mos Def). L’occasion de découvrir le jeu incroyable de ce batteur !

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