Pitchfork Music Festival : Un sans-faute pour la soirée de clôture à Paris !

Pitchfork Music Festival : Un sans-faute pour la soirée de clôture à Paris !

La dernière soirée du samedi 4 novembre du Pitchfork Music Festival à la Grande Halle de la Villette était tout simplement exquise : une programmation soignée, une ponctualité sans faille et une ambiance chaleureuse ! Loyle Carner, Jacques, Run the Jewels, The Blaze et The Black Madonna en têtes d’affiche, rien que ça.

A l’origine le Pitchfork est un média américain situé à Chicago publiant des critiques musicales principalement axées rock. Acteur de renom dans le milieu, adoubé puis critiqué, Pitchfork s’applique à proposer les albums de l’année en leur donnant des notes.

Depuis son existence en 2006 à Chicago pour une première édition accueillant 18 000 personnes, le Pitchfork Music Festival s’est fait une place de choix à Paris dès 2011. Il est aujourd’hui devenu un incontournable : rendez-vous des professionnels, réunissant de nombreux européens dont massivement des anglais et pour un public généralement plus vieux que ses confrères.

Cette soirée de clôture est un sans-faute.

Doux début de soirée avec Sigrid. La norvégienne joue une pop fraîche et mainstream, un peu dans la lignée de MØ avec son Don’t kill my vibe.

Sônge est seule sur scène mais on ne voit qu’elle avec sa veste argentée. Elle a su créer un R’n’B mêlé de pop où couleurs et sons se mélangent. Le dynamisme de ses beats de Now ou I come from pain fait danser la foule. Dans la vie, sa synesthésie -phénomène d’associer les sens- a fait que la couleur est venue fusionner avec l’ouïe, d’où cette explosion de couleurs comme sur le clip de Now.

Crédits Culturebox (Gilles Scarella / FTV)

Tom Misch et sa bande, du violon à la clarinette, et avec sa sœur au saxo le temps de Follow, font un son ensoleillé. Rythmes groovy, jazzy, la légèreté de Watch me dance et de I wish donnent matière à rêver. Tom a déjà son label Beyond the groove et a sorti son dernier EP Reverie en juillet. D’ailleurs, sur les morceaux Crazy Dream et Damselfly il est en featuring avec le rappeur Loyle Carner: on aurait rêvé d’un duo sur scène…

Le clou du spectacle, c’est lui, Loyle Carner. Nous avions déjà entendu parler de lui lors de la sortie de son premier album Yesterday’s gone en janvier 2017. Il n’a que 23 ans mais on sent déjà la maturité de ses morceaux. Originaire de Brixton (sud de Londres), il déroule un rap prenant et envoûtant, et nous assure qu’il attend ce show depuis plus d’un mois déjà. Il clame un Fuck Brexit, enchaîne avec ses morceaux The Isle of Arran, NO CD… toujours avec le maillot de Cantona dans sa main droite, en hommage à son beau-père.

Crédits Culturebox (Gilles Scarella / FTV)

Jacques est fidèle à lui-même, un artiste audacieux et intemporel. Alors qu’il y a quelques mois il sortait un album inspiré d’un live Facebook de 10h pour une webradio new-yorkaise, ce samedi sur la scène du Pitchfork il nous a proposé un concert expérimental, comme à son habitude. Il sait se renouveler : enregistrement du bruit d’une balle de ping-pong, d’un ventilateur qu’on gratte, d’une brosse frottant un peigne, toute une poésie. Fin de concert sur un dicton chinois tout juste inventé je ne sais pas où je vais mais je sais que j’y vais après nous avoir invité à aller dans le vaste monde.

Crédits Culturebox (Gilles Scarella / FTV)

A 21h BadBadNotGood entre en piste avec de l’électro-jazz en provenance du Canada. Musique abstraite, ces musiciens sont aussi fans de jazz que de rap ou de hip-hop. Ils ont collaboré avec des pointures du milieu du rap tels que Tyler the Creator, le Wu-Tang Clan, Kendrick Lamar… Depuis leur dernier album IV, le groupe a recruté un saxophoniste, ce qui renforce l’ambiance jazz des morceaux et notamment de ce live.

Princess Nokia porte une vraie vibe. Mais ce concert du Pitchfork nous laisse quelque peu dubitatif. La faute à un backing track très fort, qui donnait presque l’impression que le concert était en playback. Pourtant, la musique fait son effet, mais encore une fois les décibels étaient très bas comparés aux autres shows. On remet la faute sur la prestation, Princess Nokia nous en met plein la vue avec son R’n’B et ses paroles féministes et l’assurance qu’elle offre aux filles de s’accepter telles qu’elles sont [with my little titties and my fat belly sur Tomboy].

Crédits Alexa Viscius pour W Magazine

Début en fanfare avec l’arrivée de Run the Jewels sur We are the champions de Queens. La scène est ornée de deux grands ballons signifiant leur logo. Ils avaient déjà performé au Pitchfork en 2015 et sont revenus avec leur dernier album Run the Jewels 3 ! El-P et Killer Mike ont réveillé la foule avec un concert explosif: de Talk to me à Down, du rap engagé et des thèmes dans l’air du temps.

Crédits Culturebox (Gilles Scarella / FTV)

La vague de festivaliers ayant des billets nuit arrivent pour les évènements électroniques de la fin de soirée. On sent tout à coup que la Halle de la Villette se peuple de grands excités, bien plus en forme que ceux arrivés en fin d’après-midi.  

Amorce surprenante du set de The Blaze. Alors dissimulés par deux écrans diffusant des flammes, la musique s’enclenche, nous tenant en haleine. Puis ces écrans disposés en pointes sur la scène s’ouvrent pour laisser apparaitre les deux cousins. Leur set est planant, entre fiction et réalité, mais sans surprises apparentes pour ce duo très discret. Les montées hypnotiques associées aux images de voyage en paysages arides forment un tout cohérent. Une vraie réussite de scénographie laissant parfois imaginer une aurore boréale!

Crédits la Blogothèque pour Culturebox

Le duo Bicep a lancé la soirée avec une house assez contemplative. Originairement, ces deux irlandais tenaient le site Feel my Bicep sur lequel ils postaient des mixtapes. Désormais ils ont sorti un EP, dont le morceau Glue qui est un peu mélancolique contrairement à Aura où les notes de synthé frôlent le psychédélisme.

Après l’intensité de son set aux Nuits Sonores, on savait qu’avec The Black Madonna on ne serait pas déçus. Dans le mile. Le set d’une heure est efficace, avec une bassline assez lourde et des sonorités disco. Un moment de danse intense sur sa techno-house imparable. Une seule chose à dire, ne ratez pas sa prochaine venue ! 

Plus de 2h30 de set pour Talaboman. John Talabot et Axel Boman sont deux producteurs ayant déjà fait leur classe et leur place en solo. Leur dernier album The Night Land est une petite pépite.

Crédits Alban Gendrot pour P4K Paris

Les lives sont à revoir sur Culturebox !

Crédits Alexa Viscius pour W Magazine

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