[Report] Retour sur la prestation millimétrée d’Alt-J aux Nuits Secrètes

[Report] Retour sur la prestation millimétrée d’Alt-J aux Nuits Secrètes

Les 27, 28 et 29 juillet derniers, le festival annuel d’Aulnoye-Aymeries a frappé par sa programmation. Les têtes d’affiche des Nuits Secrètes se sont succédées à travers des styles disparates : Shaka Ponk, Oreslan, Angèle, Lomepal, Trisomie 21… Les goûts de chacun étaient rassasiés ! Dès lors, discrètement époustouflant, un groupe a attisé notre intérêt : Alt-J. Avec de la chance (mais surtout beaucoup de patience), nous avons réussi à nous faufiler parmi les festivaliers et à atteindre la barrière qui fait face à la scène. Le spectacle pouvait alors se dresser devant nous. Résultat ?

 

Une scénographie infaillible 

Le trio s’est vu séparé par des barres illuminées. Disposées parallèlement, elles forment des compartiments musicaux. Telles trois boîtes à musique, la première offre une performance du claviériste Gus Unger-Hamilton, la seconde le chant mêlé à de la guitare de Joe Newman, et la troisième la batterie et les samples de Thom Green (ou Cameron Knight lors de certains concerts). Alors que cette symétrie parfaite s’offre à nous, les lumières jaillissent derrière les artistes et ajoutent un univers divin à leur musique. 

Ces formes et mises en scène parfaites sont-elles l’essence du groupe ? On rappelle que leur nom de groupe, Alt-J, s’illustre par un triangle. Ceci faisant ainsi référence au raccourci qui donne le symbole Δ sur un Macintosh avec un clavier QWERTY. Quand les mathématiques et la musique se rencontrent…

 

Une foule passionnée 

Le groupe originaire de Leeds a largement convaincu son public. Mêlé à la voluptueuse ataraxie régnant dans l’air, nous avons pris un instant pour observer autour de nous. Un petit coup d’oeil vers le droite, et ce sont des visages tendus vers les lumières les yeux fermés que l’on perçoit. Le coup d’oeil à gauche témoigne également d’une atmosphère fascinante où chacun est charmé. Les corps se balancent lentement et s’arrêtent soudainement dans les silences. Des bras se lèvent parfois, poussant ce geste délicat jusqu’au bout de leurs doigts. Alors on fredonne sur Nara, et on crie sur Breezeblocks.

 

Des mélodies venues d’ailleurs 

« This is from Matilda… » Une voix surprenante, au timbre perçant mais si envoûtant. Ce qui est certain, c’est que le chanteur Joe Newman et ses musiciens savent y faire. Dans chacune de leurs compositions, se forme alors une euphonie indie-folk-rock. Bien que formés en 2007, nombreux sont ceux qui les ont découverts récemment en fond sonore de publicités comme Fitzpleasure pour Nokia Lumia 925, ou encore plus récemment lors d’un court-métrage pour Meetic sur Dissolve Me. Ce qui rend le style d’Alt-J résolument différent, c’est leur côté « prodige ». En effet, leur scénographie est calculée, mais leurs accords sonores également. Egalement, au milieu de couplets britanniques effrénés, le groupe s’accorde l’ajout d’une phrase francophone. On peut alors entendre « le photographe est mort » dans Taro, ou encore « Elle a besoin de toi, cela vient de Matilda » dans Matilda. A vous de tendre l’oreille ! 

Des détails, des décors, un visage, une tenue, une température, un regard, des ondes, une boisson, un moment, des amis, un sourire, une note de musique, des souvenirs, une photographie, un son, une voix, des danses. Tout est essentiel lors d’une prestation, du côté des artistes comme du public. Et parfois, il se peut que les sentiments soient partagés lorsque les interprètes vous emmènent dans la bulle qu’est la leur.  

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