BNK Closing Party : line up et visuel de qualité, mais…

Ça a tapé très fort dans la nuit du vendredi 28 au samedi 29 juillet à Nanterre. L’association BNK, qui promeut la musique techno en région parisienne, y organisait sa dernière soirée de la saison 2016-2017, avec une line up de qualité, regroupant 2 scènes, 13 noms et 10 heures de musique. Elle a été servie par un son puissant, clair, des performances visuelles et un light show captivants signés Vjing : Heymes et Sacha Perez, mais un lieu qui l’était beaucoup moins. 

Une line up qualitative

Face au désistement pour motif personnel de Juan Atkins, initialement annoncé, il faut reconnaître à BNK d’avoir très bien géré son remplacement en dégotant au dernier moment la présence de Perc. Leur venue a sans doute été pour beaucoup dans l’engouement du public pour l’événement et la modification de son lieu, mais on y reviendra.

Ce sont deux Français, Soulstorm et Darzack qui ont ouvert et clôturé le bal. Le premier s’est chargé d’ouvrir les hostilités à minuit en chauffant les premiers arrivants, délivrant des oscillations balançant entre techno et tech house. La patience et le travail payent pour cet Amiénois, tombé tout jeune dans le bain de la musique électronique et qui a produit “Rogue Waves” en 2016, son premier et remarqué EP chez Unanime.

Deux heures plus tard, le Vénézuelien Cardopusher, qui aime à réintroduire les sonorités de synthétiseurs ayant fait la musique électronique, lui a succédé pour déverser un cocktail plus acide sur une salle comble et chauffée à blanc. Et qui a mis à rude épreuve son plancher.

L’Allemand Thomas Peter Heckmann a enfoncé le clou. Connaisseur de new acid et de techno, il a délivré un set qui n’a rien démenti à l’excellente prestation qu’il avait délivré il y a peu au Reaktor.

L’Anglais Perc a été appelé en renfort comme pour se substituer au pied levé à Juan Atkins comme tête d’affiche. Sa présence sur le flyer de l’événement n’a pas laissé l’ombre d’un doute : c’est sur lui que les organisateurs ont compté pour finir l’année en beauté. Et son passage à 6 heures du matin n’a pas été pas non plus hasardeux. Perc, c’est une techno industrielle, agressive et glaçante de sons métalliques, qui sonnent le tressaillement et la désindustrialisation de son Angleterre natale.

Enfin Darzack, résident BNK, a clôt le bal de 8h à 10h avec un live.

 

D’une salle qui se mariait bien à un évènement techno… à une salle de mariage pour un évènement techno

Les critiques qui suivent auront (ou pas) lieu d’être pour certain.e.s. C’est selon qu’on admette qu’elles sont (ou pas) admissibles dans ce type de soirée. Au choix.

L’événement était initialement prévu dans un lieu à Gennevilliers où avait été organisée la BNK#4. Bas de plafond, soutenu par d’épais murs en béton aux allures de parking souterrain, la pesanteur du lieu s’associait particulièrement à l’atmosphère musicale annoncée, toute aussi sombre. C’est finalement à Nanterre, dans un entrepôt aménagé à structures métalliques, plus ouvert, grand et haut de plafond (bienvenu en été), que la soirée a été déplacée. Le sous-sol du bâtiment, beaucoup moins généreux en air, a également été ouvert. Un lieu chill avec palettes a été aménagé. Un foodtruck a été garé dans l’entrée pour soulager la faim, car l’événement a s’est annoncé intense et dévorant.

Les 450 m2 du Drini, qui accueillent régulièrement des mariages, n’ont pas été forcément adapté à l’événement. La salle pouvait accueillir 500 personnes debout, mais comportait un bar plus petit que celle du bas, pourtant plus réduite. Obtenir une boisson a pu se révéler long, sans parler de l’attente devant les sanitaires. Dans la salle du bas, où s’activait très efficacement (le thermomètre a monté) le collectif Destination Razance, l’aération était inexistante, l’atmosphère suffocante. La communication entre les deux salles s’effectuait par deux portes, l’une étroite, agissant comme des goulots d’étranglement. Dans ces conditions, certaines personnes ont vécu le prix de cette soirée (la plus chère) comme problématique.

Le choix du lieu aura donc été bien moins bon que les performances musicale et visuelle, qualitatives. Mais, après tout, quels organisateurs de soirées peuvent ne pas avoir à s’améliorer ?

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