[Live Report] Ben l’oncle Soul à la Cigale

[Live Report] Ben l’oncle Soul à la Cigale

Le roi français de la Soul était de retour pour une série de concerts en cette fin d’année et son dernier à la Cigale fut un triomphe sans précédent. L’occasion pour Benjamin Duterde, alias Ben l’oncle Soul, de nous faire découvrir quelques morceaux de son futur album « A coup de rêves » dont on attend la sortie pour février 2014.

Découvert en 2009 avec Soul Wash, un EP brillant qui proposait plusieurs reprises, c’est celle de Seven Nation Army de White Stripes qui avait créé l’événement et fait connaître ce jeune homme originaire de Tours à la voix motown. Très inspiré par ce mouvement américain, ces références vont de Amy Winehouse, Stevie Wonder, Marvin Gaye, Otis Redding, Al Green… en passant par Aretha Franklin, Ray Charles, Sam Cooke, John Legend, Tyrese, Roy Hargrove… et jusqu’à Lauryn Hill, Common, Ayo, Raphael Saadiq, Alicia Keys, D’Angelo, Jazmine Sullivan… Bref, de quoi s’amuser et c’est ce qu’il fait indéniablement sur scène !

Après une première partie explosive, animée par son choriste, le charmant Opé Smith, le show commence par une longue intro proposée par les Monophonics. En effet, pour son dernier disque, le chanteur soul est allé à San Francisco pour chercher ce jazzband de talent qui, dès les premiers accords, a su convaincre tout le monde. Le ton est donné, ça groove, le public danse et pourtant Ben n’est pas encore sur scène. Autant vous dire que son apparition a provoqué un enthousiasme chaleureux. En plus de ses 2 choristes, Ben a fait appel à un trio de chanteuses américaines avec des voix dignes des plus beaux Gospel.

On a rarement vu autant de générosité chez un artiste. Il donne tout sur scène et on sent qu’en plus d’avoir pris de l’aisance, il a beaucoup appris de son expérience en Californie. Sa voix est incontestablement encore mieux maîtrisée quelle ne l’était déjà, et ce sont des minutes inoubliables d’impro auxquelles on assiste. Parfois, il laisse les Monophonics partir dans des solos grandioses, envoûtants, avant de s’élancer lui-même dans des jeux vocaux vertigineux. Il joue aussi beaucoup avec son public, qu’il fait chanter à l’unisson et répéter des morceaux de chants ou des paroles.

Beaucoup d’émotion dans ce concert aussi lorsqu’il évoque la mort de Mandela et le souvenir des artistes qui lui sont chers et qui représentent pour lui un moteur, une source d’inspiration. Il est touchant et sa voix offre parfois une sorte de complainte blues déchirante et magnifique. Il parle de rêves, de but dans la vie, de force, de combats à gagner. L’amour comme seul guide, car qui connait l’amour peut se battre pour de grandes causes ou simplement partager du bonheur. Autant de discours qui touchent tout le monde en ces temps difficiles. Ben, c’est un rayon d’espoir et une onde positive communicative, un enthousiasme sans bornes.

Chanteur à l’énergie débordante, il va jusqu’à descendre dans la fosse et danser avec tout le monde incitant le public à le suivre et à se lâcher complètement, sans avoir peur du regard des autres. Danser comme on l’entend et bouger tout son corps, prendre plaisir à se sentir pleinement vivant et heureux.

Consécration pour le jeune chanteur, lorsqu’il réalise qu’un de ses morceaux est devenu un classique parce qu’il est repris en cœur par toute la salle qui connait les paroles par cœur ! C’est ainsi qu’il laisse le public chanter à sa place une grande partie de son tube Soulman ! Étonné, touché, ému et profondément heureux.

Apothéose finale, l’oncle Ben transforme la Cigale en temple et le public en chœur d’église, créant ainsi un Gospel sur la dernière chanson du concert ! Un instant divin et sublime. Il faudra attendre que tous les musiciens quittent la scène pour que le chant des fans s’arrêtent… Et encore ! Souhaitant un ultime rappel, la fosse entonnera l’air de Seven Nation Army, espérant un dernier retour du Soulman.

2h30 de concert !! Oui, pas une minute de moins et il faudra que les techniciens de la Cigale rallument la lumière et mettent une bande sonore en fond, pour faire sortir le public de la salle parce que tout de monde en redemandait encore. Un concert énergique, chaud et prenant.

Ben l’oncle Soul est l’Otis Redding français et on peut s’enorgueillir d’avoir un tel talent en France. Il sait s’entourer et ses concerts sont toujours un vrai show et un partage d’amour incroyable. Merci Ben !

En attendant la sortie de « A coup de rêves », voici un premier extrait : Hallelujah !!! (J’ai besoin de toi)

4 Comments on this Post

  1. Blanchard

    « Là où est la musique, il n’y a pas de mal ». Belle phrase de Cervantes

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  2. Bravo de ce très beau portrait de Ben l’Oncle Soul et du déroulement de son super concert ….que g suivi sur Internet en direct…:)

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