Sans faute d’UTO et son 1er EP Shelter for the Broken (Pain Surprises).

Sans faute d’UTO et son 1er EP Shelter for the Broken (Pain Surprises).

Pour son premier EP Shelter for the Broken, le duo UTO du label Pain Surprises se fait tantôt entraînant, lancinant, dansant ou mystérieux. Un sans faute.

 

Depuis sa formation en 2013 le label parisien Pain Surprises a étoffé son catalogue d’artistes: savoureux et croustillants. À Jabberwocky, la formation auteure du single Photomaton, se sont ajoutés d’autres (groupes d’) artistes : Petit Prince, Basile di Manski, Jacques, Isabelle, Futuro Pelo, Grand Soleil ou encore UTO. UTO, c’est un duo composé de Neysa May Barnett et d’Emile Larroche: elle, ancienne étudiante littéraire plus que de musique, addicte au cinéma américain et effectuant encore des tutorats à la Sorbonne; lui, s’est formé à la guitare, et a rejoint des formations comme Milestone, d’inspiration très Radiohead. Ça, c’était avant de se rencontrer (à un concert), et de décider de faire de la musique ensemble.

 

De reprises en confection, UTO compose et se compose

Ensemble, ils se sont d’abord essayés à remixer Jacques, le compositeur DIY, avant de reprendre les boucles du poétique morceau de Leonard Cohen, True Love Leaves no Traces: un morceau à texte, sans nécessairement beaucoup de place pour les instruments. Mais les reprises ont vite laissé place aux voix et aux instruments, dans des compositions originales dans la polysémie du terme. Le duo s’est ainsi fait remarquer au printemps dernier avec le single The Beast, un clin d’oeil à notre part d’animalité aux tonalités pop synthétiques et à la voix douce -sans être doucereuse. Depuis, ce titre a été remixé par Myd, lequel a brillament poursuivi l’été en signant chez Ed Banger pour l’EP All Inclusive, une électronica ensoleillée et très mélodieuse. Preuve que les choses bougent, récemment encore, le duo UTO et Myd étaient à la fête le 23 novembre dernier pour une release party aux Bains, 7 rue du Bourg L’Abbé (3ème arrondissement de Paris) pour fêter la sortie d’un EP attendu, toujours chez Pain Suprises Records, Shelter For The Broken.

 

L’EP s’ouvre sur le morceau The Beast, dans lequel le jappement animal se confond avec les paroles et attitudes humaines. On ne peut s’empêcher de retrouver en écoutant The (no) song des tonalités dans le clavier et la voix rappellant le duo Moloko. On les trouvait sur l’album Do You Like My Tight Sweater, et plus curieuse est la ressemblance lorsqu’on sait que ses deux membres s’étaient rencontrés en club, sans que l’aspect dansant ne l’emporte, laissant davantage voie à des distorsions psyché. That Itch fait écho, dans les premiers instants du moins par ses boucles synthétiques, à Daft Punk. Puis viennent par vagues des sirènes lancinantes, de breaks, qui laissent le champ libre à une voix et des couches successives d’instruments travaillés. On peut tout à fait penser à certains aspects présents chez Morcheeba, même si chez ce dernier l’aspect électronique n’était pas aussi dominant. On qualifiera volontiers d’estivale l’atmosphère accueillante que dégage Play House: probablement le morceau le plus dansant et suggérant la bonne humeur sur cet EP. On terminera sur des notes plus mystérieuses, moins entraînantes mais tout autant plaisantes avec The Hideaways, dans lequel la voix féminine et son pendant masculin sont très sombres voire monstrueuses. Bref, à mesure qu’il compose, UTO se compose. Et bien.

 

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