Critique « Gundam Seed » sur Crunchyroll : Du mécha pour une ode à la paix magistrale

Critique « Gundam Seed » sur Crunchyroll : Du mécha pour une ode à la paix magistrale

Critique « Gundam Seed » sur Crunchyroll : Du mécha pour une ode à la paix magistrale

Scénario

Animation

Personnages

Ambiance

Musique

Summary:
Gundam Seed se démarque aussi bien par son scénario et ses personnages que par les questionnements qu’il soulève et les messages qu’il cherche à transmettre. Il constitue, à titre personnel, LA référence en matière d’anime de mécha ; un véritable coup de cœur touchant et bouleversant.

92%

Un classique !

La saga Gundam, lancée en 1979, s’est rapidement imposée comme une, si ce n’est LA, référence en matière de mécha dans la sphère de la japanimation. Déclinée en nombreux univers et époques, elle est aussi riche et diversifiée qu’intéressante pour les messages et valeurs qu’elle transmet au spectateur. Gundam Seed* n’y déroge pas et se révèle être l’une des plus grandes réussites de la franchise culte.

 

 

* Il n’est pas ici question de la saison 2 Gundam Seed Destiny qui adopte un schéma scénaristique relativement similaire, même si elle apporte des réponses et des messages différents. A voir malgré tout, pour les intéressés.

 

 

 

 

Mobile Suit Gundam Seed

 

Mobile Suit Gundam SEED affiche crunchyroll

 

Titre original : 機動戦士ガンダムSEED – Kidou Senshi Gundam SEED

Titre alternatif : Mobile Suit Gundam SEED

Genre : Mecha – Action – Science – Fiction – Romance – Drame – Guerre

Type : Shônen

Période : Du 5 octobre 2002 au 27 septembre 2003

Plateforme : Crunchyroll

Nombre d’épisodes :  50

Studio : Sunrise (Code Geass, Gintama, Accel World), Bandai

Studio 3D : Ufotable

Histoire originale : TOMINO Yushiyuki, YATATE Hajime

 

 

Scénario : MOROSAWA Chiaki, YOSHINO Hiroyuki, KOGURE Kyoko

Réalisation : FUKUDA Mitsuo

Character designer : HIRAI Hisashi (Gyn-Hiro no Olynssis, Ginga Kitokai Majestic Prince (Spec))

Mécha Designer : YAMANE Kitomishi, AKUTSU Junichi, OKAWARA Kunio

Compositeur : SAHASHI Toshihiko (Reborn, Hunter x Hunter, Full Metal Panic)

 

 

Synopsis

 

Aire cosmique, année 71.

Depuis un an, la guerre fait rage entre ZAFT et l’alliance terrestre. À la suite de la Tragédie de la Saint-Valentin sanglante, le conflit n’a cessé de s’enliser. Dans ce monde en proie aux flammes, Kira Yamato et ses amis mènent une existence paisible sur Héliopolis, colonie spatiale neutre. Toutefois, l’Alliance Terrestre y développe secrètement de nouvelles armes, à même de faire basculer le rapport de forces. Le destin de ces adolescents va basculer lorsqu’une division des forces spéciales de ZAFT est envoyée pour s’en emparer…

 

 

 

Mobile Suit Gundam SEED-logo

 

 

 

Un univers futuriste et profond

 

Comme tout Gundam qui se respecte, Gundam Seed a su mettre en place un univers futuriste mais relativement plausible. Il peut sembler quelques peu cliché au premier abord, puisqu’il met en scène deux entités qui se confrontent dans une guerre qui semble sans fin et à laquelle ce sont des adolescents qui vont trouver les réponses. Néanmoins, l’anime se démarque par sa profondeur, tant au niveau des questionnements qu’il soulève que des personnages qu’il met en scène. Le suspense tient, par ailleurs, le spectateur en haleine et créé une véritable dépendance jusqu’au dernier épisode.

Gundam Seed immerge le spectateur dans un monde futuriste dans lequel la technologie a permis la conquête de l’espace, le développement de nouvelles armes (les mobiles suits, sortes d’armures de combat) et la modification génétique à grande échelle. C’est, du reste, autour de cette dernière que s’articulent les intrigues, enjeux et tensions. Effectivement, une partie de l’humanité est parvenue à augmenter ses capacités naturelles en ayant recours à la manipulation des gênes. Les aptitudes mentales et physiques des coordinateurs sont ainsi décuplées. Toutefois, cela engendre jalousie, envie et incompréhension chez les Naturels, qui comme leur nom l’indique n’ont pas été « modifiés » avant leur naissance. De ces tensions croissantes, naît progressivement le conflit à grande échelle, durant lequel se déroule l’anime. Néanmoins, cette non-compréhension de l’autre et de ses particularités entraine une montée vers des extrêmes, vers des décisions de plus en plus meurtrières dont le cycle infernal ne semble pouvoir être brisé.

 

Un titre mature, à bien des égards

 

Parties intégrantes de ce conflit qui dégénère au fil de l’intrigue, les personnages principaux s’identifient de moins en moins à un camp, puisque tous deux capables d’atrocités. La guerre va les amener à véritablement évoluer psychologiquement au fil des épreuves et des batailles, au point de s’interroger sur leur raison de combattre, voire d’exister. Les batailles qui s’enchainent à un rythme effréné sont aussi agréables à suivre visuellement pour le spectateur, qu’éprouvantes pour les personnages confrontés à leurs peurs, leurs limites et à la perte d’êtres aimés.

 

L’histoire, dont le scénario n’est pas forcément des plus originaux, est rendue véritablement intéressante par les personnages qui la jalonnent. L’anime étant assez long, ils sont aussi étoffés qu’attachants. Pour ce qui est de la trame scénaristique en tant que telle, elle est très bien menée. Bien que le début de la série soit relativement plat malgré l’action, la seconde partie se déroule sur un rythme effréné qui fait vivre aux spectateurs de véritables montagnes russes émotionnelles, jusqu’à une fin en apothéose. Les deux camps cherchent tout du long à mettre fin à la guerre mais l’enveniment finalement toujours plus, jusqu’au point de non-retour. Le « script » est construit de telle sorte que le spectateur s’identifie tantôt au camp de l’Alliance Terrestre (Naturels), tantôt à celui de ZAFT (coordinateurs), ce qui permet de créer une vision non-manichéenne très intéressante : Chaque camp, malgré ses agissements contestables, possède ainsi une raison plus que compréhensible de continuer les combats. Ce constat s’applique d’ailleurs aux personnages, qui ont chacun des défauts et des qualités qui les rendent d’autant plus humains et ne laisse pas insensible.

D’autres parts, les évènements retranscrivent avec exactitude l’ambiance et la monstruosité de la guerre, ses morts et ses sacrifices. Ce côté réaliste confère à Gundam Seed une maturité et une crédibilité qui font d’autant plus réfléchir ceux qui le visionnent.

 

Une animation rythmée et effrénée

 

Des points de vue visuel et auditif, l’anime se révèle globalement à la hauteur. De manière générale, l’animation ne sort pas de l’ordinaire mais reste très plaisante. Les plans spatiaux, très réussis donnent une véritable contenance visuelle à l’animé. De leur côté, les méchas sont convaincants et très diversifiés ; leur visuel réellement plaisant et assez impressionnant. En outre, ils évoluent au fil de l’histoire et deviennent de plus en plus puissants, ce qui rend la chose encore davantage intéressante. Ils permettent de vivre des batailles très prenantes et absolument passionnantes. L’animation des combats, bien que parfois répétitive, ne laisse aucun temps mort et permet de mettre en valeur ces méchas particulièrement réussis. Le seul véritable défaut graphique de la série réside dans la faiblesse du charadesign. Pas vraiment gênant, il demeure relativement neutre. Par conséquent, le potentiel physique des protagonistes n’est pas toujours complètement exploité.

Pour finir, la qualité de l’OST et des différents génériques relève de l’ordre de l’exceptionnel. Les musiques accompagnent à la perfection les combats et rythment les moments de tension et d’émotion. En guise d’exemple, « Anna ni issho datta no ni », « Find the Way », « Fields of Hope » ou « Meteor » marquent particulièrement. Il s’agit là d’un des gros points forts de ce Gundam.

 

Des personnages attachants et travaillés

 

De leur côté, bien que faible graphiquement, les personnages se révèlent éminemment attachants. Bénéficiant chacun d’une personnalité unique, ils se rendent tous précieux aux yeux du spectateur. Humains et plutôt réalistes de par leurs travers respectifs, ils permettent une réelle identification. Les relations qu’ils entretiennent entre eux, tantôt amicales, tantôt amoureuse leur donne encore davantage de relief.

Gundam Seed personnages

 

D’apparence niaise et naïve, le jeune Kira Yamato va pourtant progressivement évoluer, s’affiner et jouer un rôle central dans l’intrigue. Sa loyauté, sa fidélité, sa simplicité et son amour de la vie ne laissent pas de marbre. Parallèlement, son ami d’enfance Athrun Zala et ennemi de circonstance, possède un réel charisme. Parfois maladroit dans ses mots et dans ses choix, il constitue un des personnages les plus intéressants. Il faut également évoquer Lacus Clyne qui va jouer un rôle primordial et dont la personnalité désinvolte et douce, symbole de paix et d’amour, cache une immense détermination. Cagalli Yula Athaa, au caractère bien trempé, apporte aussi une certaine fraicheur, bien que parfois excessive. A noter que Raaw Lecreuset et Patrick Zala permettent d’avoir des antagonistes aussi bien écrits que complexes. Il reste une multitude d’autres personnages aux rôles plus ou moins importants, sur lesquels il ne sera possible de s’attarder. Citons tout de même, pêle-mêle, Muu Lafraga, Nicol Amalfi, Maryu Ramius, Yzak Joule, Andrew Watfled ou encore Dearka Elsmann.

Aussi, il est important de souligner que les personnages disposent d’un passé riche et plutôt bien développé qui leur donne une dimension supplémentaire.

 

Réflexions actuelles et valeurs fortes

 

Enfin, Gundam Seed n’est pas qu’un simple anime d’action aux personnages attachants. Il soulève de nombreuses problématiques et propose une véritable réflexion à de nombreux égards. Ces derniers se trouvent, par ailleurs, être particulièrement pertinents dans le monde actuel. Ainsi, l’anime, que ce soit par certains de ses personnages ou le déroulement de l’histoire, est une véritable ode à la paix. La discussion et les tentatives de compréhension valent mieux que des combats qui finissent toujours par dégénérer et révéler les pires vices de l’homme. Il en profite d’ailleurs pour mettre en avant le caractère paradoxal des armes : Se doter du pouvoir de protéger, c’est aussi acquérir celui de faire souffrir. Sans faire l’apologie d’un pacifisme à outrance, il démontre la tristesse infinie qu’engendrent les guerres. Surtout, il s’interroge sur la cause du recours à ces dernières, présentes qu’elles que soient les époques. L’homme est-il voué à être son propre ennemi et se consumer jusqu’à se détruire ?

Gundam SEED 2

 

La série met aussi en avant la beauté et la force de l’amitié et de l’amour, de la loyauté et l’héroïsme. Il transmet aussi une certaine idée de concepts plus transversaux tels que la liberté ou la justice. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si deux des méchas les plus importants sont prénommés « Justice » et « Freedom ».

En outre, il met en valeur la tolérance et l’acceptation d’autrui, quel qu’il soit. Par ce biais, il dénonce implicitement les extrémismes qui visent à rejeter l’autre, voire nier son existence.

Pareillement, et c’est là un pan essentiel de l’œuvre, il soulève les questions qui ont trait au recours à la manipulation génétique, au clonage et à la volonté de l’homme de vouloir dépasser toujours plus les limites qui lui sont imposées par la nature. L’anime semble condamner assez fermement, bien que de manière implicite, ces pratiques.

Pour finir, il semble primordial de mettre en évidence le fait que la plupart des noms de méchas, de bases militaires ou d’armes ne sont pas choisis innocemment. C’est le cas pour le « Justice » et le « Freedom » mais aussi, par exemple, pour la base de ZAFT Boaz (l’une des deux colonnes du temple de Salomon pour les hébreux) ou de l’arme Génésis qui fait référence à la Genèse biblique et renvoie en quelques sortes à une nouvelle naissance.

 

 

En définitive, Gundam Seed se démarque aussi bien par son scénario et ses personnages que par les questionnements qu’il soulève et les messages qu’il cherche à transmettre. Il constitue, à titre personnel, LA référence en matière d’anime de mécha ; un véritable coup de cœur touchant et bouleversant. Riche de son action effrénée, de ses personnages attachants et de ses multiples revirements de situation, il ne vous laissera pas indifférent. Finie l’hésitation, place à l’action : filez voir ce classique du Mécha !

 

 

 

2 Comments on this Post

  1. Maritza

    Gundam ! j’aime j’adore même ! Toujours un plaisir cette série et les réflexions que ça entraîne derrière sont juste topissimes !!! :3 Bonne rédaction de critique au passage 😉

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  2. Tenchi

    Cette série est un classique de chez classique, à voir sans modération (fan de mecha ou pas).
    L’histoire est tellement bien développée et va tellement loin, c’est un plaisir de voir et revoir cette série, surtout depuis qu’elle est disponible en HD Remaster sur Crunchyroll FR (avec des sous-titres au top).

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