Sélection du mois : Les livres “obligatoires” qu’on a adoré !

Sélection du mois : Les livres “obligatoires” qu’on a adoré !

Ça y est c’est la rentrée. Et avec l’année scolaire qui recommence, la bibliographie qui va avec ! Chez JustFocus, nos rédactrices vous ont concocté une petite sélection des livres “obligatoires” qu’elles ont adorés !

 

Julie : Les Fleurs du mal – Baudelaire

J’ai lu Les Fleurs du mal pour la première fois à l’âge de 14 ans. J’étais déjà passionnée par la poésie, mais j’étais aussi en classe de troisième, une époque sensible de l’adolescence. Les mots de Baudelaire ont été d’un secours incroyable : il racontait dans ses poèmes des états d’âme qui ne m’étaient pas inconnus. La description quasi parfaite de la souffrance, du dégoût du mal et de soi-même a trouvé un écho dans mon esprit de collégienne. Les thématiques évoquées peuvent se fondre dans l’adolescence toute entière car l’obsession de la mort et l’aspiration à un monde idéal étaient également à l’époque mes seules préoccupations. On peut trouver certains de ses poèmes grossiers ou immoraux, mais le vrai projet du poète est « d’extraire la beauté du Mal ». La deuxième lecture s’est faite en préparation du bac littéraire, en classe de première donc, et j’étais cette fois-ci fascinée par le leitmotiv de la fuite du temps qu’il me semblait retrouver dans chaque poème que je lisais (L’Ennemi par exemple « Le Temps mange la vie »). Enfin je crois que c’est la manière dont Baudelaire parle des femmes qui m’a rendue sa poésie si intéressante. La puissance de ses poèmes résulte d’une construction moderne, suivant un mouvement ascensionnel suivi d’une chute brutale. « Dans ce livre atroce, j’ai mis toute mon âme » disait le poète à propos de ses Fleurs. Personnellement, il m’a envoûtée.

 

Kler : Thérèse Raquin (1867) – Emile Zola


Entrée en seconde: programme littéraire plutôt chargé, et aussi plutôt intéressant. Parmi les diverses lectures enrichissantes que j’ai pu faire durant cette année scolaire, je voudrais remercier mon professeur de l’époque de m’avoir fait découvrir l’une des plus belles oeuvres de Zola: Thérèse Raquin. Dès lors que j’ai démarré ma lecture, je n’ai jamais pu m’arrêter. C’était la première fois de ma vie que je lisais un roman de Zola, qui est un auteur avec lequel on peut vite avoir des a priori. Lecture “trop classique”, trop “compliquée à comprendre” ou encore bien d’autres idées reçues. Tout cela est totalement: faux. Justement, l’écriture de Zola est si tendrement travaillée et riche qu’elle rend la lecture d’une fluidité incroyable. Et puis, quelle histoire! Les premières pages du roman décrivent parfaitement une petite rue miteuse où habite Thérèse et son mari. Si bien décrite que l’on s’y croirait. Je peux encore avoir en tête l’image exacte de ce moment grâce aux mots magiques de Zola. C’est une des premières histoires que j’aie lu qui m’a donné autant froid dans le dos. C’est une histoire triste, tragique et mélodramatique, comme Zola sait si bien les écrire. Le destin d’une femme dont rien ne prédestinait qu’il se finirait ainsi. Si vous désirez (re)découvrir Zola et que vous n’avez encore jamais lu ce chef-d’oeuvre, je ne peux vous donner qu’un conseil: Foncez !

 

Elya : Le jeu de l’amour et du hasard – Marivaux

Le jeu de l’amour et du hasard a été un réel coup de coeur de mes années lycée. Il s’agit d’une pièce de théâtre en 3 actes toute en prose, facile à lire et rafraîchissante. Cette comédie raconte l’histoire de M.Orgon qui souhaite que sa fille Silva épouse le fils d’un de ses amis, de la même classe sociale que lui. Mais Silvia, éprise de liberté n’a aucune envie de se marier. Elle veut en apprendre plus sur son futur mari, Dorante. Elle décide donc de l’observer en prenant la place de sa servante Lisette. Cela semble être une excellente idée. Cependant, elle ignore que ce dernier a eu la même idée qu’elle. Elle se prête rapidement au jeu d’être une simple servante et tombe peu à peu sous le charme de Dorante sous le déguisement de son valet Arlequin. De son côté, Lisette tombe amoureuse d’Arlequin sous les traits de Dorante, le fiancé de sa maîtresse. Les personnages sont émouvants par leur amour sincère et réciproque et par leurs oublis des convenances et des classes sociales. C’est sur ce quiproquo, fruit de l’amouret du hasard que se fonde le destin de 4 personnages hauts en couleur, amusants et attachants.

Cécile : Au bonheur des Dames – Émile Zola

En 1864, Denise arrive à Paris avec ses deux frères. Paysanne pauvre et orpheline, elle va trouver un travail de vendeuse dans le grand magasin Au bonheur des Dames. Ce bazar immense est la grande innovation de cette décennie : plusieurs boutiques regroupées sous une même enseigne. Le directeur du Bonheur des Dames, Octave Mouret, est un jeune séducteur, doté d’un sens aigu des affaires. Le succès de ce grand magasin déplaît fortement aux commerçants du coin. Octave Mouret et son nouveau concept sont en train de tuer ces petites boutiques. Au milieu de cette guerre commerciale, Denise va grandir et apprendre à gérer sa vie de jeune femme. Elle résistera à la jalousie de ses collègues, aux avances de son patron et aux coups du sort. L’histoire de Denise s’étale sur cinq ans. Le lecteur peut donc apprécier pleinement l’évolution des personnages et de leur environnement. Fidèle à ses méthodes de naturaliste, Émile Zola livre un portrait détaillé de l’univers des grands magasins. Chaque rouage de la machine commerciale est analysé ; on retrouve des parallèles intéressants avec la publicité et le commerce d’aujourd’hui. La force de Zola, c’est aussi ses personnages. Les personnages secondaires (les Baudu, Pauline, Henri) ne sont pas que des éléments de décors : ils ont leur histoire et leur vie propre. Les personnages principaux sont complexes, les événements qui les touchent nous émeuvent. Au bonheur des Dames est l’un des rares romans d’Émile Zola qui se termine bien. Les personnages sont attachants. Le rythme lent de l’histoire (sur cinq ans) laisse penser que l’on assiste réellement à un pan de vie de toute une époque.

 

Alexia : Antigone – Jean Anouilh

Antigone est la fille d’Œdipe et de Jocaste, souverains de Thèbes. Après le suicide de Jocaste et l’exil d’Œdipe, les deux frères d’Antigone, Étéocle et Polynice se sont entretués pour le trône de Thèbes. Créon, frère de Jocaste est – à ce titre – le nouveau roi et a décidé de n’offrir de sépulture qu’à Étéocle et non à Polynice, qualifié de voyou et de traître. Il avertit par un édit que quiconque osera enterrer le corps du renégat sera puni de mort. Personne n’ose braver l’interdit et le cadavre de Polynice est abandonné au soleil et aux charognards. Seule Antigone refuse cette situation. Malgré l’interdiction de son oncle, elle se rend plusieurs fois auprès du corps de son frère et tente de le recouvrir avec de la terre. Ismène, sa sœur, ne veut pas l’accompagner car elle a peur de Créon et de la mort. Antigone est prise sur le fait par les gardes du roi. Créon est obligé d’appliquer la sentence de mort à Antigone. Après un long débat avec son oncle sur le but de l’existence, celle-ci est condamnée à être enterrée vivante. Mais au moment où le tombeau va être scellé, Créon apprend que son fils, Hémon, fiancé d’Antigone, s’est laissé enfermer auprès de celle qu’il aime. Lorsque l’on rouvre le tombeau, Antigone s’est pendue avec sa ceinture et Hémon, crachant au visage de son père, s’ouvre le ventre avec son épée. Désespérée par la disparition du fils qu’elle adorait, Eurydice, la femme de Créon, se tranche la gorge.

Mon avis :
Comme indiqué dans le résumé, l’histoire n’est pas très joyeuse. Cependant, elle est passionnante ! Elle nous permet de nous plonger dans l’histoire antique et de découvrir certaines traditions. Jean Anouilh est resté assez fidèle au texte de Sophocle, il est plus léger que l’original ce qui permet de l’étudier dès le collège. C’est à la fois une histoire d’amour fraternel et une histoire de famille qui se mêlent dans un conflit de pouvoir politique. En outre, le cocktail parfait de la tragédie ! Simple à lire et rapide, si vous souhaitez commencer à lire du théâtre cette pièce est faite pour vous…

 

Salomé : Lorenzaccio – Alfred de Musset 


Le poète et dramaturge écrit Lorenzaccio en 1834, œuvre oscillant entre comédie et drame inspirée de faits réels. Tout en dépeignant l’Italie du XVIème siècle, l’intrigue se focalise sur les méfaits et le destin particulièrement tragique de Lorenzo de Médicis, jeune idéaliste aspirant à une nouvelle République, qui assassine son propre cousin Alexandre de Médicis. Au fil de l’évolution du projet de Lorenzo, quelques intrigues secondaires se mettent en place : Musset souhaite faire de Lorenzo le personnage principal entouré d’une multitude de personnages apportant chacun un éclairage nouveau sur les enjeux personnels et politiques de cette conspiration. Le Florentin connaît une fin tragique en étant à son tour mis à mort. Un dénouement mêlé de sublime et de grotesque.

Mélange de drame, de romance et de comédie (comique de caractère, de situation mais aussi de mœurs), la pièce est une œuvre particulièrement riche qui offre une véritable réflexion sur l’engagement politique (meurtres de Julien Salviati, favori du duc et d’Alexandre de Médicis), la complexité de l’amour (le libertinage gourmand dont Alexandre minimise les conséquences, l’amour pur et dévoué mais empreint de remords de la marquise de Cibo), le bien et le mal (la cruauté des Médicis symbolisé par le meurtre de la pure Louise Strozzi, la bonté de Lorenzo qui lui a valu le dévouement de son valet Scoronconcolo).

 

La rédaction de Just Focus vous souhaite une bonne lecture !

 

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