Les livres qu’il ne fallait pas manquer cette année

Les livres qu’il ne fallait pas manquer cette année

 

Pour tous ceux qui, voyant la fin d’année s’approcher à grands pas, culpabiliseraient de ne pas avoir suivi l’actualité littéraire, JustFocus vous propose aujourd’hui une mise au point sur les plus grands succès littéraires de l’année 2015.

En effet, cette année a encore été riche en publications en tout genre. Comment s’y retrouver, lorsqu’au rayon livre des centaines de bouquins tous semblables les uns aux autres se présentent à vous ? Pas de panique, nous vous présentons rapidement ce que 2015 a offert de meilleur en France.

De nos rapports avec l’orientalisme

Boussole publié en août dernier par Mathias Enard, chez Actes Sud semble être LE livre à ne pas manquer cette année. Après avoir raflé le Goncourt 2015, il s’annonce également comme un des plus gros succès de l’année.
En une seule nuit d’insomnie se bousculent tous les souvenirs de Franz Ritter musicologue, malade, angoissé par la mort peut-être proche, qui revit ses voyages en Orient, ses rencontres multiples, sa passion pour Sarah, femme flamboyante et libre. Entre thèse et journalisme, le lecteur est entrainé, à la suite de Franz Ritter, dans une lente dérive où s’engouffrent des écrivains, des poètes, des musiciens, des archéologues, orientalistes… Un livre qui nous permet de mesurer l’immensité et la beauté de ce qui meurt en ce moment sous nos yeux, tout ce monde oriental qui a inspiré tant d’artistes, auxquels Mathias Enard rend hommage.

 

L’authenticité de l’écriture

Un autre livre a largement été salué par la critique, il s’agit du dernier ouvrage de Delphine de Vigan, D’après une histoire vraie.
L’histoire démarre avec une narratrice très semblable à l’auteure, qui, comme elle, a écrit un livre devenu best-seller sur sa mère bipolaire qui s’est suicidée (« Rien ne s’oppose à la nuit » paru en 2011 aux éditions J.C Lattès). L’héroïne au bord de la crise de nerfs, dépressive au plus haut point, rencontre alors L., ainsi désignée tout au long du roman. Il s’agit d’un véritable coup de foudre amical, les deux femmes se comprennent mieux que personne et l’héroïne peut alors se laisser aller, épauler, guider par celle qu’elle accueille chez elle et à qui elle relègue toutes les taches qui lui sont insupportables. Un véritable thriller psychologique est alors amorcé et tient le lecteur en haleine. Il met en évidence l’amitié possessive. Paru également en août 2015, le dernier roman réaliste de Delphine de Vigan a déjà raflé le prix Renaudot et le Goncourt des lycéens.

 

Un héros prometteur

Si vous êtes passés à côté du phénomène Joël Dicker, sachez qu’en 2013, ce jeune écrivain Suisse âgé de 27 ans à peine a publié La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, dont les ventes se chiffrent aujourd’hui en millions. Salué d’innombrables prix littéraires, traduit en 40 langues, ce thriller palpitant a aussi divisé la critique. Pas mal pour un premier roman, non ?
Publié fin septembre dernier aux Éditions de Fallois, Le Livre des Baltimore se présente donc comme la suite de ce best-seller puisqu’il reprend le personnage principal de La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, un jeune écrivain du nom de Marcus Goldman. À l’aide de divers retours en arrière et autres mises en abyme caractéristiques du style du jeune auteur, il raconte l’histoire de sa famille et de ses cousins de Baltimore qui le fascinent au plus haut point. Ce roman illustre à merveille les projections que nous faisons sur autrui en passant à côté de leur réalité.

 

Sur la fin du monde

En cette année particulièrement marquée par des attaques terroristes à la barbarie sans nom, de nombreux romans orientés voient le jour. Publié en août 2015 aux éditions Gallimard, 2084 ; la fin du monde de Boualem Sansal prend la forme d’une fable écrite en français, mais se présente également comme une dystopie clairement inspirée à la fois par la cruelle actualité, mais aussi par ce qu’Orwell pressentait au siècle dernier.
Le parallèle avec Soumission de Houellebecq est inévitable ; le monde futur décrit par les deux auteurs est entâché du radicalisme islamique. La dictature religieuse qui y est décrite s’appuie sur le mensonge, l’endoctrinement et la soumission d’un peuple auquel le droit de penser est même dénié. Élu Roman de l’académie française 2015, il a aussi récemment reçu le prix du « meilleur livre de l’année 2015 » par le magazine Lire. Il présente pourtant un avenir terrifiant auquel il semble impossible d’échapper.

« Soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien »

Enfin un des plus gros succès cette année, c’est Virginie Despentes et son analyse rock’n roll de la société française dans Vernon Subutex, dont les deux premiers tomes sont sortis en janvier 2015 chez Grasset.
Ancien disquaire sans le sou qui croule sous les impayés de loyers et voué à devenir SDF, Vernon Subutex est un quadra sympa au regard magnétique. Il est aussi le seul à détenir les derniers enregistrements d’Alex Bleach, chanteur en vogue décédé d’une overdose.
Tout le talent de Virginie Despentes réside dans cette multitude de portraits et parcours individuels, qui forment une grande fresque sociale, proposant une triste analyse de la société actuelle, victime d’une perte de valeurs générale. Les accros à « Vernon Subutex » devront d’ailleurs attendre janvier prochain pour découvrir le dernier tome de la trilogie.

 

Bonne lecture à tous !

 

 

 

 

 

 

 

source image: code pancake

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