Les lettres de l’année deux mille dix-sept.

Les lettres de l’année deux mille dix-sept.

Un peu comme les chaînes de télévision qui vous proposent des tops 10 de l’année deux mille dix-sept ou bien le sommaire des évènements marquants, nous vous avons concocté un petit retour sur l’année littéraire.

On ne peut commencer sans rappeler la disparition récente d’un grand homme de lettres, l’académicien  Jean d’Ormesson nous a quitté dans la nuit du 5 décembre 2017 à l’âge de 92 ans. Son dernier livre au titre évocateur Et moi, je vis toujours paraitra donc post-mortem, en janvier 2018. Pour la petite anecdote, son ami et éditeur, Antoine Gallimard, lui avait fait l’hommage en 2015 de publier l’ensemble de son oeuvre dans la collection « La Pléiade »; un privilège réservé aux écrivains défunts. Plus qu’un immortel, Jean d’Ormesson restera une référence en matière de poésie, de littérature et de philosophie. La France pleure un de ses plus grands contemporains.
Du côté des livres primés, en 2017 le jury du Renaudot a attribué son prix à l’écrivain et journaliste strasbourgeois Olivier Guez pour La Disparition de Josef Mengele, paru chez Grasset. Il retrace la fuite et la traque de celui que l’on appelle « L’ange de la mort », médecin chef à Auschwitz, Josef Mengele choisissait ses victimes sur la rampe lorsqu’elles débarquaient. Le Goncourt a été attribué à L’ordre du jour d’Eric Vuillard, un roman autour de la seconde guerre mondiale, également. Le Médicis 2017 a été remporté par Yannick Haenel pour son roman Tiens ferme ta couronne, paru chez Gallimard, tandis que Philippe Jaenada s’est vu décerner le prix Femina 2017 pour son livre La Serpe publié chez Julliard.

Dans les romans français qui ont le mieux marché cette année, on retrouve un premier roman, La Tresse, publié par Laetitia Colombani aux éditions Grasset, qui a passionné les foules cet été. Il présente le destin croisé de trois femmes, vivants sur trois continents différents ayant pourtant le même désir de liberté.

Pour ceux qui aiment le suspense et les romans d’intrigue et qui avaient frissonné en lisant ou en voyant le fameux Da Vinci Code, le dernier Dan Brown, Origine, fait partie des meilleures ventes de l’année. On y retrouve notre professeur en symbologie préféré, Robert Langdon, reprenant du service au coeur d’un mystère qui pourrait bien changer la face du monde. Pour le même public, Au fond de l’eau, le deuxième roman de Paula Hawkins, qu’on avait découvert dans le fantastique La Fille du Train, il y a deux ans. On y retrouve la plume de l’auteure, avec chaque chapitre présenté du point de vue de l’un des personnages. Un petit twist final bien ficelé qui devrait ravir les fans de thriller !

Toujours en littérature étrangère Genuine Fraud de E. Lockhart, qui parvient à maintenir le suspens jusqu’au dénouement final, fait partie de la liste très sélecte des meilleurs livres de l’année selon le New York Times. On suit le personnage de Jules, jeune fille en fuite qui semble avoir un très lourd passé. Entre histoires de meurtre, de mensonges, d’amitié et de rêves interdits, E. Lockhart que l’on avait découverte dans Nous Les Menteurs (We Were Liars, en version originale) emmène son lecteur dans une aventure assez inattendue. 

Enfin, celle qui cartonne dans les meilleures ventes depuis trois ans maintenant, c’est Elena Ferrante et sa fameuse saga napolitaine, L’amie prodigieuse. Paru début janvier, le troisième tome Celle qui fuit et celle qui reste, culmine dans les 10 meilleures ventes depuis sa sortie. Tous les fans, impatients, auront la joie de découvrir dès le 18 janvier 2018 le dernier volume L’enfant perdue, aux éditions Gallimard.

On vous laisse sur ces quelques phrases de Jean d’Ormesson, qui pourraient tout aussi bien s’apparenter à des préceptes philosophiques pour bien entamer l’année 2018 :

Ne vous laissez pas abuser. Souvenez-vous de vous méfier. Et même de l’évidence : elle passe son temps à changer. Ne mettez trop haut ni les gens ni les choses. Ne les mettez pas trop bas. Non, ne les mettez pas trop bas. Montez. Renoncez à la haine : elle fait plus de mal à ceux qui l’éprouvent qu’à ceux qui en sont l’objet. Ne cherchez pas à être sage à tout prix. La folie aussi est une sagesse. Et la sagesse, une folie. Fuyez les préceptes et les donneurs de leçon. Jetez ce livre. Faites ce que vous voulez. Et ce que vous pouvez. Pleurez quand il le faut. Riez.
J’ai beaucoup ri. J’ai ri du monde et des autres et de moi. Rien n’est très important. Tout est tragique. Tout ce que nous aimons mourra. Et je mourrai moi aussi. La vie est belle.

Jean d’Ormesson, C’était bien.

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