Rencontre avec Anne Rice à la FNAC Saint Lazare

Rencontre avec Anne Rice à la FNAC Saint Lazare

« Quand Reuben, vingt-trois ans, vient visiter la propriété de l’énigmatique et troublante Marchent Nideck, il est loin de se douter que sa vie va en être bouleversée. Dans la grande demeure perchée sur un balcon rocheux surplombant le Pacifique, une irrésistible alchimie s’opère entre Marchent et le jeune homme. Mais leur nuit idyllique tourne au cauchemar quand Reuben est violemment attaqué – et mordu – par une bête sauvage.
Commence alors pour lui un processus de transformation à la fois terrifiant et exaltant. Et bientôt, partagé entre horreur et euphorie, Reuben se découvre des pouvoirs d’homme-loup. Tout en s’efforçant de protéger son terrible secret, il devra répondre à certaines questions qui mettent en jeu son identité profonde. Pourquoi a-t-il reçu le don du loup ? Quelle est sa vraie nature ? Et existe-t-il d’autres créatures à son image ? »

La reine du fantastique est de retour et cette fois, c’est au mythe du loup garou qu’elle s’attaque. Le 20 septembre dernier, Anne Rice venait à Paris pour la première fois, présenter « Le Don du Loup » à la FNAC Saint Lazare. Cette rencontre nous a permis d’en apprendre plus sur sa façon d’écrire et ses préoccupations.

Dés le début de l’interview, Anne Rice raconte que la France l’a toujours fascinée et inspirée, notamment pour ses romans. On se souvient en effet que le personnage de Lestat est français. Elle aime la culture de notre pays, les arts et les lettres, mais aussi le cinéma. C’est d’ailleurs sûrement en pensant à « la Belle et la Bête » de Cocteau qu’elle a écrit son dernier roman. Plus jeune, elle trouvait Jean Marais dans le rôle de la Bête fascinant. Petite anecdote étonnante, en écrivant « Entretien avec un Vampire » elle songeait à un acteur français pour incarner Louis : Alain Delon. Il lui aurait servi de muse pour son best seller.

Cette auteur a toujours eut besoin de fuir dans le fantastique pour mieux parler de la réalité. C’est pour cette raison qu’elle est passionnée par les créatures imaginaires, toutes si étranges et pourtant qu’elle traite amoureusement et avec bienveillance dans ses romans. Pour elle, ces monstres nous ressemblent plus qu’on ne le pense. Elle-même s’est toujours considérée comme une sorte d’outsider, étrangère aux autres et à ce monde. Cette obsession a commencé en 1976 avec Entretien avec un Vampire qui a ouvert la voie à une longue série de chroniques.

Après les vampires, les sorcières, les momies, aujourd’hui son choix se porte sur le loup-garou parce qu’il est symbole de férocité et de puissance. Elle voulait travailler sur la bête qui est en nous et peut être plus particulièrement la sienne. Mais pour une fois, il s’agissait d’aborder le thème de façon moins romanesque que dans ses précédents ouvrages. Ainsi, le personnage de Reuben, son héro, est un journaliste, plus à même de décrire les choses de façon pragmatique, en étant plus analytique qu’un artiste ou qu’un poète.

Elle confesse d’ailleurs que ses romans ont toujours été emprunt de romantisme, mais aussi d’érotisme. Depuis « Les Infortune de la Belle au bois dormant », elle revendique l’importance du sexe dans ses écrits, mais aussi dans la vie. Il lui est important de décrire le sexe comme quelque chose d’authentique. Il s’agit pour elle d’une part d’épanouissement personnel. Ce fut une décision morale d’assumer les scènes érotiques de ses romans ; elle pense que les femmes et les hommes ne devraient pas ressentir de gène à la lecture de tels écrits. C’est quelque chose que chacun mérite et dans lequel chacun doit trouver du plaisir. « Le sexe ça fait du bien ! » dit-elle.

Elle soutient d’ailleurs la cause homosexuelle depuis bien longtemps et ce bien avant le coming-out de son fils puisque depuis ses chroniques vampiriques, il y a toujours eu des relations très ambiguë entre ses personnages masculins. Elle explique que pour elle, il n’existe pas de mariage plus pur que celui des homosexuels, puisqu’il s’agit d’amour dénué de toute problématique de reproduction : deux esprits qui se rencontrent et s’aiment tout simplement.

Elle aborde aussi le thème de la religion : Anne Rice a en effet eu un regain de foi religieuse à la fin des années 90 plutôt surprenant. Elle explique qu’il existe d’après elle une force cosmique (appelez cela Dieu ou comme vous voudrez) et que celui qui a créé ce monde entend ce qu’on lui dit sans qu’on est besoin de passer par un quelconque intermédiaire. C’est pourquoi sa foi n’est pas vraiment chrétienne, ni catholique, mais très indépendante de tout dogme qu’elle trouve trop souvent hostile aux libertés.

Une de ses principales préoccupations a toujours été l’élixir de vie, la quête de l’immortalité. Selon ses personnages, cela peut être perçu comme un don ou une malédiction. Dans « Le Don du Loup » la réponse est dans le titre et la métamorphose est vécue comme une transcendance, la situation comme une nouvelle force libératrice et bienfaisante. Elle a pris beaucoup de plaisir à travailler sur le personnage de Reuben qu’elle voulait charismatique et séduisant. Elle avoue d’ailleurs sans détour que si elle avait l’opportunité d’avoir le don d’immortalité, elle n’y résisterait pas pour avoir la chance de découvrir les siècles à venir.

On remarque que grand nombre de ses héros sont masculins (à l’exceptions de sa généalogie de sorcières, les Mayfair). Anne Rice répond curieusement à cela qu’elle n’a que peu de notion du genre. Née Howard Allen O’Brien, elle a elle-même choisie de se faire appelé « Anne » alors qu’elle était encore une enfant. Quand elle fait parlé ses personnages masculins, elle met beaucoup d’elle-même. Le personnage de Louis dans « Entretien avec un vampire », c’est elle !

Depuis le début de sa carrière littéraire, on retrouve souvent le même schéma d’écriture : les vampires ont eut plusieurs chroniques et la saga des sorcières a suivi le même chemin. Initialement prévu pour être un script de téléfilm, « Le Don du Loup » est devenu un roman qu’elle envisage de poursuivre. Mais elle ne planifie rien. Quand elle fini un roman, une multitude de possibilité s’offre à ses personnages. Il lui est donc facile d’imaginer la vie de chacun. Pour son dernier roman, l’issue semblait d’autant plus évidente, qu’elle a eu la sensation d’une porte ouverte, contrairement à certains de ses écrits qu’elle dit avoir fini dans la douleur ou la tristesse.

« Le Don du Loup » aura donc une suite et Anne Rice n’a pas fini de nous étonner.

[vsw id= »uX_rv7tN6Ls » source= »youtube » width= »575″ height= »344″ autoplay= »no »]

 

Laissez votre commentaire