Critique « Simetierre » de Stephen King: une descente aux enfers familiale

Critique « Simetierre » de Stephen King: une descente aux enfers familiale

Ecrit en 1983 par Stephen King, Simetierre (Pet Sematary en anglais) est le quatorzième roman du célèbre auteur. Entre épouvante et chagrin, ce roman ne vous laissera pas indifférent.e. 

Simetierre c’est l’histoire d’un destin tragique d’une famille dont rien n’avait prédit cette descente aux enfers. En effet, lorsque Louis et Rachel Creed s’installent dans leur nouvelle maison du Maine, tout semblait aller pour le mieux. Louis, médecin, vient d’être muté en tant que responsable de l’infirmerie de l’université du Maine. Il se réjouit de cette nouvelle expérience, et espère que sa femme et ses deux enfants seront également content.es de cette nouvelle vie. Dès leur arrivée, Louis et Rachel font la connaissance de leur voisin, un vieux monsieur nommé Jud Crandall. Il vit dans cette maison depuis bien des années, en compagnie de sa femme Norma. Rapidement, Louis et Jud deviennent amis, et Jud n’hésite pas à faire visiter les alentours à Louis et sa famille, jusqu’au jour où ils iront se promener jusqu’au cimetière des animaux. Ce lieu étrange abrite de nombreuses tombes portant des noms et des enseignes d’animaux, ce qui laisse perplexe la famille Creed. Cela perturbe notamment Ellie, la petite fille aînée du couple, qui se pose désormais des questions sur la mort potentielle de son chat adoré Church, qu’elle croyait immortel. Ce cimetière si étrange n’aura pas fini de perturber la famille Creed, et va même aller bien plus loin que cela… 

 

Passionnant de bout en bout 

Simetierre, du haut de ses quelques 475 pages (éditions Albin Michel) ne nous laisse jamais un temps de répit. Ce que l’on retient – entre autre – en finissant notre lecture, c’est que l’on aura dévoré ce roman d’horreur. Du début à la fin, chaque instant de l’histoire nous fait retenir notre respiration et le suspens est constant. Entre les moments inquiétants que vivent Louis et Rachel et les histoires aussi excitantes que terrifiantes que raconte le vieux Jud, le.a lecteur.trice n’a aucun moyen de s’ennuyer. Il est difficile de devoir poser le livre pour faire autre chose car nous voulons toujours savoir ce qui va se passer par la suite. L’intrigue est si bien menée que le rythme va crescendo, et plus les pages se tournent, plus l’angoisse commence à monter. Cela est un procédé que King maîtrise à merveille car on le retrouve dans la plupart de ses romans, notamment The Shining ou Ça dont notre critique se trouve ici

En bref, si vous comptez commencer Simetierre, ayez quelques heures devant vous car vous risquez de vouloir continuer encore et encore ! 

 

Avoir peur des animaux, vraiment ? 

Le titre original Pet Sematary donne une idée plus claire de ce quoi peut parler le livre. Même si Sematary contient des fautes (cimetière en anglais s’écrit normalement cemetery), on comprend que le livre va parler d’un cimetière d’animaux. En effet, l’objet perturbateur du roman est ce cimetière qui va – comme on peut l’imaginer – causer de nombreux problèmes à la famille Creed. Stephen King a ce don de toujours trouver des sujets aussi absurdes qu’intrigants pour créer ses romans, et l’on se demande comment un cimetière d’animaux de compagnie pourrait nous faire atteindre l’angoisse, mais il réussi bel et bien à transformer les chiens et les chats en des êtres malsains. Aussi déstabilisant que cela puisse paraître, le roman réussira à vous faire craindre vos propres animaux de compagnie… 

 

 

Perdre la raison et se noyer dans le chagrin 

Ce sont les deux thèmes principaux abordés dans ce roman, et ces deux-ci se mêlent entre eux. Dans chacun de ses romans, King choisi des thèmes bien précis à explorer et exploiter afin de faire réfléchir le.a lecteur.trice et le.a faire lui/elle-même se créer une réflexion autour de ce sujet. Bien sûr, King n’est jamais objectif et nous donne lui-même implicitement son point de vue sur ces pistes de réflexion au cours du déroulement de l’histoire. En l’occurence, dans Simetierre, nous avons une profonde analyse psychologique sur la mort et le deuil. Le roman nous fait nous questionner sur le deuil, sur ce que l’on peut ressentir après le décès de quelqu’un qui nous est cher, que ce soit un animal (pour Ellie qui a peur de perdre son chat) ou un être aimé (Jud qui a peur de perdre sa femme malade). Le deuil est-il vraiment nécessaire ? Combien de temps celui-ci doit-il durer ? Dans quelle mesure quelqu’un pourrait-il/elle être en deuil ? En vaut-il la peine d’être chagriné.e au point de vouloir faire revivre la personne alors que la mort fait parti de la vie ? Toutes ces questions sont menées à réflexion au cours du roman, et cela rend la lecture incroyablement enrichissante et profonde. On ressort grandi et stimulé.e intellectuellement à la fin de notre lecture. 

 

Une fin tragique… 

Pas de spoilers ! Seulement, il nous semblait important d’insister sur la fin du roman qui est… aussi géniale que terrifiante. Vers les cinquante dernières pages, le suspens est à son comble et il est impossible de décrocher ses yeux du texte. La fin est aussi horrible qu’attendue mais en même temps, elle est pire que ce que nous aurions pu imaginer. Vous refermerez le livre avec le sang glacé et des frissons dans le dos tant ce roman arrive à nous surprendre jusqu’au bout. 

 

Simetierre, qui est depuis bien longtemps qualifié comme un incontournable de Stephen King, est en effet à ne pas rater si vous êtes fan du maître de l’épouvante ! Que ce soit au niveau du style, des personnages, des thèmes ou des ressentis au niveau de la lecture, vous ne pourrez pas être déçu.es. Alors, vous venez visiter le cimetière des animaux avec nous ? 

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