NBA 2K18: Interview exclusive de Rob Jones, producteur du jeu !

NBA 2K18: Interview exclusive de Rob Jones, producteur du jeu !

Avant la sortie de son jeu NBA 2K18, son créateur, Rob Jones a fait un détour par Paris. Just Focus a donc profité de l’occasion pour l’interviewer, et donc aller en profondeur dans chaque sujet.

 

JF: La version 2018 de la célèbre franchise NBA 2k est sur le point de sortir (le 19 septembre ou le 17 en précommande). Vous avez bien évidemment l’habitude de gérer ce genre de situation puisque vous travaillez sur les jeux NBA 2k depuis 2002. Du coup, vous n’êtes sûrement pas très nerveux, si?

R.J: Non, ça va très bien ! On est surtout très fiers. Ce fut une année vraiment chargée, quoique longue. On a vraiment bossé dur. On a surtout, je pense, réussi à relever notre principal défi, celui de chaque année. Vous savez, à chaque sortie de jeu, on me demande ce que je prévois de faire pour l’an suivant. Mais chaque année on réussit à se donner plus de travail que l’an passé. *rire* Enfin vous savez, on arrive à trouver des nouveaux concepts, des nouvelles directions à donner à nos jeux. Et on espère inspirer les autres jeux du genre.

JF: Et cette année, quel a été le concept principal? Quelle direction avez-vous voulu donner à votre jeu?

R.J: C’est à peu près, le même que chaque année depuis un certain temps: cette idée de communauté. Le fait de jouer les uns avec les autres. C’est sûrement le concept le plus important pour les jeux vidéo en général. Par exemple, les jeux de tir sont vraiment passé au niveau supérieur à l’arrivée des modes multijoueur. On peut en déduire que les joueurs, et même les autres, veulent jouer avec les autres et surtout contre eux. C’est aussi, dans notre cas une façon de vivre le monde du basketball de façon différente.

JF: Donc pour cette édition, vous avez insisté sur la « vie » qui se cache derrière le spectacle qu’est le basketball?

R.J: Je ne le dirais pas comme ça. En tout cas je ne pense pas que c’était le point le plus central dans notre travail. Le premier problème que nous avons voulu traiter, c’est ce mouvement sociétal d’individualisme. Aujourd’hui, on vit dans une société « selfie ». Tout tourne autour de moi, de ma personne, de mes envies, de mon ressenti, de mon identité, n’est-ce pas ? Il y a des années on a créé MyCareer, qui jouait sur ça. « Tu as 16 ans, tu vas te hisser au sommet, tu vas devenir une star, tu vas gagner le championnat etc. » Les gens ont apprécié parce que ça leur a donné un but à atteindre.

D’un autre côté, des groupes de fans se plaignaient parce que ça n’était pas centré sur leur vrai personne. Ils n’étaient pas maîtres de leur destin. Du coup, on a rajouté des phases de jeu dans lesquelles le joueur pouvait décider de ses réponses, ou même décider d’aller jouer au « Park » plutôt qu’au gymnase. Malheureusement, ce n’était pas suffisant puisque jouer au Park ne faisait pas augmenter les notes du personnage aussi vite que le gymnase et les réponses données lors des conversations n’influaient pas vraiment sur la trame générale de l’histoire. Finalement, aujourd’hui on peut dire que NBA 2K18 vous donne totalement la liberté de choisir quel joueur vous voulez devenir. C’est sûrement ça le point-clé de cette édition.

 

JF: Et vous saviez dès le départ le chemin que vous vouliez prendre? Est-ce que vous savez toujours dès la sortie d’un jeu, ce que vous ajouterez au prochain?

R.J: En fait, il y a trois étapes. La première étape, je l’appellerais l’étape du travail à finir. Pendant l’année, alors qu’on a avancé sur un jeu, on se dit souvent : « J’aurais dû faire ça comme ceci, j’aurais dû ajouter ceci, ça aurait été cool. » Ces idées on les note pour l’édition suivante. Ensuite, on a l’étape de la sortie du jeu. Les réactions nous permettent de savoir ce qu’on va approfondir et ce qu’on va arrêter de faire pour la suite. Ce qui ne fonctionne pas, on essaie de comprendre pourquoi et on corrige nos erreurs. Enfin, on a l’étape de la concurrence. Les développeurs sont en grande partie des gamers. Quand on joue à un autre jeu et qu’on trouve quelque chose de vraiment cool, on se demande : « Tiens, et si c’était ce qui manquait à 2k. »

La première étape, c’est donc de se demander ce qu’on n’a pas pu faire pour le jeu précédent. Pour la deuxième étape, on regarde ce que les fans ont apprécié. Pour la troisième, on se base sur ce que nous, en tant que développeurs, apprécions. Cette phase de questionnement peut prendre 1 semaine, 1 mois ou même 3 mois. Par contre quand ça prend 3 mois, ça veut dire qu’on aura moins de temps pour faire tout le travail qu’on s’est donné. Mais en général, ça va vite puisque nous avons une bonne vision globale de ce que 2K représente. C’est d’abord une bonne représentation de la NBA, une bonne représentation des stars du basket, ensuite une bonne intégration du joueur dans cet univers et enfin, une bonne confrontation entre les utilisateurs.

JF: Vous avez beaucoup insisté sur le fait que le mode MyGM avait passé un cap cette année.

R.J: Oui, je pense que c’est le mode qui a le plus changé cette année. On a voulu attirer plus de gens vers ce mode qui semblait légèrement en retard par rapport aux autres. Je pense que les nouveautés apportées vont permettre aux joueurs d’être beaucoup plus liés émotionnellement à leur franchise. Un objectif clair va aussi permettre aux joueurs de rester attaché à ce mode. Vous savez, j’ai joué un certain nombre de carrières de manager, et pas seulement dans 2K. Et j’ai toujours remarqué qu’au bout d’un certain temps, je me lasse de ces modes. J’en ai marre de toujours faire la même chose, encore et encore.

Parfois, j’atteins les objectifs que je me suis fixé puis j’arrête de jouer mais la plupart du temps, je me lasse avant de les atteindre. Il fallait changer les règles de ce mode afin d’éviter ce que j’appelle le « sentiment de corvée ». Devoir prendre des décisions jour après jour, ça devient vite lassant dans ce genre de mode. On a donc ajouté une histoire en arrière-plan qui donne du relief à toutes les décisions que le joueur devra prendre. C’est l’envie de vivre la suite de l’histoire qui empêchera le joueur de ressentir ce sentiment désagréable. Quand FIFA a ajouté l’histoire à sa carrière de joueur, j’ai été directement charmé. Très rapidement, j’ai compris où l’histoire me menait donc j’ai arrêté de jouer mais le plus important c’est que pendant un court moment, j’étais totalement pris dans le jeu. C’est ce qu’on essaie de produire sur le long terme avec chacun de nos modes.

JF: A présent, parlons musique. Les jeux 2K sont réputés notamment grâce à leur travail systématiquement approfondi de la bande sonore. Question simple : qu’en est-il cette année?

R.J: Vous me mettez dans une situation délicate parce que je n’ai pas tous les détails en tête. *rire* Je peux vous dire que la bande sonore est excellente. On a des chansons spécialement créées pour le jeu. Il y a des jeunes artistes comme Lil Uzi Vert, Dave East, Kendrick Lamar… On a aussi une belle sélection de classique du hip-hop. Mention spéciale à Mobb Deep et surtout à Prodigy.  L’un de leurs classiques, qui est aussi l’une de mes musiques préférées, nous a servi pour le trailer « Get Shook« .

On a aussi donné une saveur internationale à la playlist (Ndlr: le titre 4 vérités du rappeur français Take a Mic est dans la playlist, et c’est mérité). Il y a aussi des musiques un peu plus « Rock’n’roll » pour les fans qui apprécient ce style. L’équipe qui a travaillé sur la musique a vraiment des goûts variés donc on a vraiment ce que l’on considère comme les sons les plus adaptés. Toutes les musiques ont été sélectionnées parce qu’elles mettent dans un état d’esprit de vainqueur. C’est la clé. Et, en passant, vous pouvez me citer : Nas est le hip-hop. Je dis ça parce qu’il y a un jeune rappeur qui avait dit que Nas n’était pas hip-hop. Nas est hip-hop, et il est le hip-hop. *sourire fier*

 

Et vous pouvez me citer : NAS est le hip-hop.

 

JF: Maintenant, abordons une question un peu plus épineuse. Que répondez-vous aux réactions négatives concernant les notes des joueurs qui ont été dévoilées il y a quelques jours? On a surtout vu des fans s’étonner des notes de Steph Curry et de Russell Westbrook.

R.J: Je leur répondrais que les notes sont basées sur des statistiques. On prend en compte leurs performances moyennes, leur impact sur l’équipe etc. Ensuite, on a aussi des statistiques qui sont plus collectives que personnelles. C’est-à-dire qu’un LeBron à 97, ne révélera pas tout son potentiel dans un système inadapté à son jeu, en vrai comme dans 2K. La base est les statistiques individuelles, mais le système autour du joueur a aussi une part très importante dans les performances du joueur. Bon, celui qui est en charge de cette partie du travail, Michael Stauffer, l’a beaucoup mieux expliqué que moi dans l’une de ses interviews (Ndlr : Just Focus l’a cherchée pour vous et l’a trouvée, mais on vous prévient tout est en anglais). Après, certains diront que l’on fait exprès de choquer avec le dévoilement des notes afin de créer du bruit autour du jeu. *rire* Les publicités sont toujours bonnes à prendre mais là on se contente d’écouter les statistiques réelles.

JF: Pour conclure le sujet NBA 2K18, imaginons que vous êtes face à quelqu’un qui ne sait pas quel jeu acheter entre le vôtre, ou le concurrent NBA Live 18. Comment le convaincriez-vous que c’est bien NBA 2K18 qu’il lui faut?

R.J: Eh bien, je lui dirais que s’il veut vraiment jouer à un jeu qui a l’esprit authentique NBA, que ce soit sur le plan de l’ambiance, de l’émotion ou de la stratégie, il veut jouer à NBA 2K18. On a la simulation de sport la plus réaliste, tous sports confondus. Notre mode « Le Quartier » a atteint un niveau qu’aucune autre simulation de sport ne peut prétendre atteindre aujourd’hui. Notre mode MyGM est à la fois complexe et innovant. On a une bande sonore phénoménale. Vous voyez, on a un jeu qui propose beaucoup trop de choses pour être réellement comparé aux autres jeux. On pourrait s’arrêter sur chaque élément et les comparer à la concurrence. FIFA a Ultimate Team. C’est le même Ultimate Team depuis 4 ans. Notre mode MyLeague évolue chaque année. Notre jeu évolue et s’améliore chaque année.

On a beaucoup d’avance, et on continue de creuser l’écart chaque année. On n’a plus de concurrence en réalité.

 

JF: On sait que vous êtes un fan de football (soccer), et plus précisément du club de l’AS Roma. Comment sentez-vous la saison à venir?

R.J: C’est très cool que vous sachiez ça ! Par contre ça peut vouloir dire trois choses : soit Internet est encore plus riche que je ne le pensais, soit vous êtes un excellent enquêteur, ou alors c’est la troisième solution. *rire* Vous étiez sur la même plage que moi cet été et vous m’avez vu en maillot de bain. *Il relève sa manche de tee-shirt et laisse apparaître une louve (écusson de l’AS Roma) tatoué sur son épaule*.

Sinon, pour ce qui est de la saison qui commence, je pense qu’elle va être horrible. En tout cas pour les fans de la Roma ce sera le cas. Chaque année on espère voir l’équipe se renforcer et voir des grands joueurs intégrer l’équipe mais ce n’est quasiment jamais le cas. On vend nos bons joueurs au début de chaque mercato, puis on passe la fin du mercato à essayer de les remplacer. Si on ajoute à ça la volonté des dirigeants de ne pas trop dépenser, on enchaîne déception sur déception. On n’a pas de joueurs qui ont l’habitude de jouer ensemble, et qui ne sont pas les meilleurs. Et les concurrents se sont vraiment renforcé cette année.

La version The Prelude du jeu est déjà disponible en téléchargement gratuit pour PS4 et Xbox One. Le jeu complet sera disponible le 19 septembre, ou le 17 en précommande. Pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter cet article. Nous y avons rassemblé toutes les informations importantes concernant les nouveautés NBA 2K18.

 

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