For Honor : une bouffée d’air frais multijoueur (Test)

For Honor : une bouffée d’air frais multijoueur (Test)

Annoncé lors de l’E3 2015 par Jason Vandenberghe sur la conférence Ubisoft, For Honor s’est présenté comme un titre orienté multijoueur où s’affrontaient des chevaliers, des vikings et des samouraïs. Revenu lors de l’E3 2016, il présentait cette fois un mode histoire. Depuis, quelques news n’ont pas forcément rassuré la communauté comme l’obligation de se connecter, et ce même pour jouer en solo, mais aussi l’absence de mode local en écran splité alors que cette fonctionnalité avait été annoncée à la base. Entre temps, la bêta fermée était passée par là et nous avait très globalement convaincu. Mais que vaut For Honor en version finale ? Voici notre verdict.

Un gameplay technique et exigeant pour For Honor

Une des principales forces de For Honor est bel et bien son gameplay. Si vous voulez l’emporter sur votre (ou vos) adversaires, il vous faudra composer avec les combos, les parades, les casses gardes et autres coups spéciaux. Sur le champ de bataille, on fait très rapidement la différence entre un bon joueur et un débutant. Si vous maîtrisez bien votre personnage, il sera assez facile de prendre le dessus sur quelqu’un de plus indécis. Par contre, si vous tombez sur quelqu’un de plus expérimenté, un affrontement bien plus technique pourrait bien avoir lieu et vous devrez réfléchir pour trouver la meilleure manière de remporter la victoire sur votre ennemi. La technique est tellement importante que même les spammeurs peuvent être contrés. Un des seuls soucis étant que les casses gardes (qui vous laissent étourdi quelques secondes) peuvent être contrées mais très difficilement. Du coup, un joueur aura vite fait de vous pousser dans le vide, ce qui est assez frustrant (surtout s’il ne lui restait que quelques points de vie). En dehors de ça, c’est une vraie réussite grandement renforcée par la variété des classes de personnages, mais aussi par des graphismes efficaces, des animations bien faites, et un côté violent renforcé par des exécutions impitoyables. 

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Bourriner n’est pas toujours un bon plan

12 classes uniques

Que ce soit des gardiens (classe plutôt équilibrée) des assassins basés sur la vitesse, des tanks ou des hybrides, il y a de quoi faire niveau gameplay dans For Honor. Vous vous rendrez vite compte que prendre un personnage ou un autre change pas mal de choses. Il vous faudra du temps pour vous adapter à sa vitesse de mouvement, à son allonge (très important) mais aussi à ses combos et ses divers coups spéciaux. Il sera également utile de connaître un peu toutes les classes pour mieux réfléchir à la façon de les contrer quand vous les croiserez sur le champ de bataille. Même si certaines classes paraissent relativement avantagées (comme la Nobushi et son arme empoisonnée possédant une allonge assez exceptionnelle), il y a toujours moyen de les contrer, et l’équilibrage des classes a été assez bien pensé.

Il est vivement conseillé de rester mobile contre cette classe
Il est vivement conseillé de rester mobile contre cette classe

Des modes de jeu variés

Ce qui est bien, c’est qu’Ubisoft a pensé à tout le monde. Ceux qui aiment jouer contre des joueurs humains pourront lancer des parties en mode JCJ et ceux qui n’aiment pas pourront jouer en coop contre l’IA. Il faut bien dire que cette possibilité peut être utile, surtout lorsque l’on apprend à maîtriser une classe de héros. Vous pourrez donc, en JCJ ou contre l’IA, disputer des duels, des rixes (deux contre deux) des matchs élimination (4 contre 4) mais aussi des escarmouches (faire le plus de points possibles en tuant les héros ennemis et des soldats) ainsi que des matchs Dominion (capture de zones sur terrain ouvert). Il y en a pour tous les goûts et c’est assez plaisant.

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Des contrats qui poussent à faire un peu de tout, contre l’IA ou contre d’autres joueurs.

Une guerre de territoires acharnée

Quelle que soit la partie que vous ayez disputée, vous obtiendrez à la fin un certain nombre de ressources de guerre. Vous pourrez au choix les investir dans un territoire attaqué par votre faction, ou un défendu. Suivant les résultats de votre faction principale (qui ne vous empêche pas de jouer les héros des autres), les territoires passeront d’une main à l’autre, ils sont actualisés toutes les 7 heures. Au bout de deux semaines, une manche est finie. Au bout de cinq, c’est la saison qui se termine. Suivant vos résultats et votre investissement dans la guerre des territoires, vous obtiendrez des récompenses. Ce système permet de vous investir encore plus, renforcé par des contrats et objectifs quotidiens qui vous font gagner des points d’expérience et de la monnaie du jeu. Tout ceci sera plutôt utile si vous voulez gagner des caisses qui ne seront pas de trop pour gagner du stuff pour vos personnages.

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J’œuvre pour ma faction !

Une évolution des personnage plaisante

Au fur et à mesure que vous gagnez de l’expérience, vous pourrez débloquer de nouvelles couleurs, symboles et ornements pour personnaliser vos héros. Chaque personnage peut monter jusqu’au niveau 20 puis revenir au niveau 1 avec un niveau de réputation supplémentaire (jusqu’à 30). Rassurez-vous, passer un niveau de réputation ne remet pas à zéro vos différentes capacités ou vos statistiques. Par contre, plus vous augmentez de niveaux de réputation, plus vous pourrez looter des pièces d’équipements rares. Cela dit, même si vos stats évoluent, cela ne sera pas déterminant sur le champ de bataille. En effet, la technique peut toujours vous donner l’avantage, et ce sans équipement. Heureusement, sinon l’aspect pay to win aurait été fortement problématique sachant que, bien évidemment, vous pourrez faire chauffer la carte bleue si vous n’êtes pas patient.

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L’arme de mon Kensei commence à avoir de la gueule

Le statut champion, une dérive de l’appât du gain

Pouvant être acheté avec la monnaie du jeu (qui peut être achetée avec de l’argent réel), vous pourrez souscrire à un statut champion qui vous octroiera un buff constant de points d’expérience, mais surtout à un taux de loot d’objets rares augmenté, et aussi de nets avantages dans la déconstruction d’objets. Même si cela n’est pas déterminant (vu que les niveaux de personnages permettent surtout de débloquer des possibilités de personnalisation visuelle), il faut bien avouer que ce « mode flemmard » devient presque un automatisme. Au départ surtout pensé pour les MMO ou les jeux mobiles (pour rentabiliser le modèle free-to-play), il est désormais bien courant que ce système vienne se greffer l’air de rien sur des triple A vendus au prix fort. Chacun en fera sa propre idée. Mais fort heureusement, cela ne tue pas l’aspect compétitif dans le cas de For Honor. 

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J’avais 3 en indice d’équipement, ça ne m’a pas empêché de jouer.

Un mode solo assez banal

De plus en plus, les titres ayant pour vocation d’être multijoueur ont tendance à purement et simplement se passer de mode solo, ce qui est fort dommage il faut bien l’avouer. For Honor s’était vendu avec un mode solo pensé comme tel. Il avait été d’ailleurs présenté à l’E3 2016. Il aurait pu être clairement intéressant pour camper l’univers car For Honor, bien que présentant des armées et cultures relevant de l’Histoire, relève tout de même de l’imaginaire. On est donc sur des terres qui ne sont pas les nôtres suite à un cataclysme relativement obscur qui aurait plongé les trois factions dans une obligation de se friter pour le contrôle de diverses ressources. Les tensions sont déjà là, et elles ne feront que croître par le biais de la légion d’obsidienne, faction qui semble militer pour la guerre totale menée par une guerrière mystérieuse du nom d’Apollyon. Tout ceci aurait pu être très plaisant mais les 18 missions qui composent la campagne ne font que placer le joueur devant des guerriers quasi anonymes (parfois même sans nom) dans des batailles où le seul fil conducteur semble être l’intervention ou les conséquences des actions d’Apollyon que l’on identifiera très rapidement comme la principale antagoniste (quasiment la seule d’ailleurs). Tout ceci est plaisant à faire une fois, mais ceci manque cruellement de personnages (et pas seulement d’anonymes) mais surtout de détails concernant l’univers. On a bien quelques pièces d’infos sous forme de collectibles (quelques phrases d’Apollyon en voix off pour commenter des éléments du décor) mais c’est bien trop peu. Au final, un solo qui est sympathique à faire une fois mais qui ne restera pas dans les mémoires.

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« ouiii alors on s’est fait rouler dessus par ces cons de chevaliers, alors on a attaqué les samouraïs qui s’en tapaient complètement. »

Malgré un solo qui manque d’ambition, quelques faiblesses de serveurs et un casse garde beaucoup trop cheaté, For Honor s’en tire extrêmement bien, surtout pour une nouvelle IP. En ce moment, les gros studios se basent surtout sur des licences qui sont sûres de fonctionner et ont relativement du mal à prendre des risques. For Honor l’a fait et s’en sort bien. Les affrontements proposés en multijoueur sont dynamiques, techniques et l’évolution du personnage est plutôt bien pensée. Même si le titre ne semble pas révolutionnaire, il apporte une bonne bouffée d’air frais dans le paysage des jeux orientés multijoueur. Un season pass est prévu (forcément….) et devrait ajouter son lot de nouvelles classes. On attend également de voir comment va évoluer For Honor en matière d’événements et contenu. Une licence à surveiller de très près ! 

For Honor : une bouffée d’air frais multijoueur (Test)

Jouabilité

Graphismes

Scénario

Bande-son

Durée de vie

Originalité

Summary:
Servi par une technique clairement satisfaisante tant au niveau des graphismes que de l'animation, For Honor apporte une bonne dose d'originalité grâce à un très bon gameplay et un background mélangé assez efficace (bien que très peu développé). Ubisoft propose une nouvelle licence orientée multijoueur qui convaincra les fans de compétitif et de technique.

75%

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