Victoria la critique

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Note

Victoria la critique

Réalisation

Summary:
Un long métrage déroutant qui vaut le détour.

70%

Etonnant

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Long métrage réalisé par Sebastian Schipper, « Victoria » raconte comment une jeune femme du nom de Victoria va se laisser entrainer dans une histoire de règlement de comptes, dans une histoire de hold-up par une bande de jeunes hommes qui l’ont séduite. La particularité de « Victoria » est sa réalisation, en effet le long métrage a été mis en scène d’un seul et unique plan séquence de 2h15min. Une véritable prouesse technique.

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« Victoria » est un long métrage inattendu qui déconcerte son spectateur. L’immense plan séquence, matérialisation du long métrage, est un véritable tour de magie cinématographique. Le long métrage n’est réalisé que d’une seule traite. Cela ajoute au réalisme déjà recherché par le script et le scénario. Le spectateur s’immerge dans la peau du personnage principal et vis son désarroi et sa peur crescendo.

« Victoria » est un film froid et violent. D’abord accueillant, le film va prendre une toute autre tournure. « Victoria » commence simplement par une rencontre entre un groupe de quatre jeunes hommes et une femme à la sortie d’une boite.
Les protagonistes vont sympathiser, voire flirter, dans une ambiance chaleureuse et décontractée dans la bonne humeur. Les personnages sont intéressants. Une jeune fille bien élevée, fêtarde et téméraire, un chef de groupe accueillant, un second violent et ex-taulard, un troisième membre quelque peu perdu dans son monde. Cette bande de joyeux dépravés vont demander de l’aide à Victoria pour son plus grand malheur.

Victoria

Le plan séquence ajoute au réalisme, à la puissance des propos et du scénario. Il est très propice pour permettre au spectateur de s’immiscer aisément dans la peau du personnage, de déambuler ainsi lui-même dans la ville allemande, avec ses dangereux compagnons, en pleine nuit sous la lumière jaunâtre des lampadaires. Le plan séquence demande beaucoup de patience et de lucidité. C’est une technique qui offre des passages intenses et magnifiques à l’image, mais aussi bien sûr du carnage en combat rapproché comme on a déjà pu le voir dans « Old boy ».

Dans « Victoria, » le plan séquence ne cherche pas à être esthétique ou à impressionner son spectateur. Bien au contraire, il est davantage utilisé pour obtenir une certaine proximité et intimité avec Victoria. Le plan séquence veut permettre au spectateur d’être dans le groupe directement et de participer lui-même aux rebondissements. Le réalisme qui en découle est séduisant, de qualité et se rapproche de la saga « Pusher » de Nicolas Winding Refn. Une caméra portée, une image qui n’est que très peu travaillée en post production, des personnages désespérés et violents, perdus dans la société et ayant quitté le droit chemin.

Pourtant, « Victoria » est un peu moins percutant, plus long, et plus ennuyeux. Il y a quelques passages à vide et le réalisateur essaye de les combler en offrant des passages musicaux sans dialogue de quelques minutes pour faire passer le temps. Le réalisme voulu et assumé du long métrage empêche l’expression esthétique, l’iconisation des personnages et des lieux et n’offre jamais de plans transcendants permettant de voyager aux confins du film.

Mais « Victoria » a indiscutablement une portée artistique. Le film représente un défi cinématographique remporté haut la main pour raconter une histoire à la fois sociale, cruelle, violente et viscérale qui entraînera le spectateur à puiser dans ses profondes ressources pour supporter l’horreur que vit Victoria.

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