Spider-Man Homecoming : retour sur les apparitions de Spider-Man au cinéma

Spider-Man Homecoming : retour sur les apparitions de Spider-Man au cinéma

Alors que mercredi sort Spider-Man : Homecoming, voici un petit retour sur les aventures du tisseur sur grand écran, de la saga de Sam Raimi, à l’apparition de Tom Holland dans Civil War. Un petit récapitulatif qui va permettre de mettre en avant l’importance de Spider-Man pour l’univers Marvel mais également l’impact qu’il a eu sur les films de super-héros en général.

 

Sam Raimi, le génie qui a immortalisé Spider-Man

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En 2002, dans la foulée du premier X-Men de Bryan Singer, un autre grand cinéaste se lance dans les films de super héros. Le genre était à l’époque devenu obsolète notamment à cause des deux Batman de Joel Schumacher et les derniers bons films de super héros remontent aux adaptations de Batman par Tim Burton et au premier Superman par Richard Donner. Le premier X-Men avec Hugh Jackman a explosé le box-office et a séduit la critique. Enfin le retour des supers héros sur grand écran.

C’est sans doute dans cet élan que Sam Raimi, connu pour sa saga Evil Dead, décide de se lancer dans le projet Spider-Man. Au casting un certain Tobey Maguire, dont la carrière ne parviendra jamais à réellement décoller. Ce jeune acteur légèrement timide à l’écran fait un parfait Peter Parker, en tout cas dans sa version un peu réservée du personnage. En effet, Peter Parker n’a pas toujours été le grand blagueur que l’on connait ; il était, dans les comics, également un individu angoissé par ses pouvoirs et ses responsabilités. Sam Raimi a choisi d’étudier cet angle du personnage. Le premier film est un chef d’œuvre du genre. Produit par Sony, le film séduit la presse et les spectateurs grâce à une fidélité non négligeable aux comics, un souci de la mise en scène digne d’une production plus intimiste, une écriture des personnages précises et un méchant culte : Le Bouffon Vert. Grand némesis de Spider-Man, c’est l’excellent Willem Daffoe qui prête ses traits à ce machiavélique personnage. Avec ses seconds rôles importants que son Mary Jane (Kristen Dunst), Harry Osborn (James Franco), et surtout J. Jonah Jameson interprété par le superbe JK Simmons, un rôle extrêmement drôle, ce premier Spider-Man envoie définitivement les films de super héros vers un avenir radieux.

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Deux ans plus tard, Sam Raimi récidive et Spider-Man 2 sort dans nos salles. Le cinéaste reprend la même recette, le même casting, et confronte son héros à des doutes existentiels et personnels. Le tisseur perd ses pouvoirs et doit en chercher la cause, tout en affrontant un de ses autres grand ennemi : le docteur Octopus, interprété par l’excellent Alfred Molina. Spider-Man 2 est incontestablement un très grand film d’action. Sam Raimi réutilise les ficelles du premier opus, que ce soit dans le relationnel entre ses protagonistes toujours aussi ambiguës, dans ses questionnements sur la notion de super héros, tout en ajoutant des scènes d’action d’anthologie. Spider-Man 2 est sans aucun doute le plus impressionnant en matière de combat. Grâce à des effets spéciaux renversants, Sam Raimi met en scène des confrontations impressionnantes à l’image de ce combat entre le héros et son ennemi sur le toit d’un train lancé à pleine vitesse. Grandiose.

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Puis en 2007, voilà l’erreur. Sam Raimi toujours à la réalisation a les yeux plus gros que le ventre. Il confronte son personnage à trois ennemis : L’Homme de Sable, Venom et Le Bouffon Vert Junior. En soit, ajouter des personnages à l’univers Spider-Man n’est pas une mauvaise chose, surtout que le choix de Venom et de L’Homme de Sable en ennemis est très excitant. Le traitement de L’Homme de Sable demeure intéressant. Sam Raimi met en scène un personnage désabusé, délaissé par la société et prêt à tout pour sauver sa fille. Un super vilain attachant et ambiguë donc. C’est d’ailleurs le seul méchant réussi des trois. Venom est le grand nemesis de Spider-Man dans les comics. Un personnage ultra violent, badass au possible et surtout très puissant, mais Sam Raimi n’exploite pas assez ce super-vilain. Même lorsque Peter Parker le possède, et qu’il sombre peu à peu du côté obscur à cause de l’influence du symbiote sur son psychisme, le cinéaste a de très mauvaises idées pour matérialiser cette transformation. La puissance néfaste ressentie par le protagoniste n’est pas assez mise en avant, son plaisir sadique n’apparaît pas, et finalement Venom ne sert que de chair à canon. Quant au Bouffon Vert Junior, il s’agit d’une vengeance simpliste de Harry Osborn. Pas de quoi s’exciter. Spider-Man 3 n’est pas un navet, mais c’est le film le moins personnel et artistique de cette saga de qualité. Ce troisième opus est une conséquence de l’air du temps. En 2008, Iron Man débarque, et avec lui une nouvelle aire super héroïque composée de films connectés, de personnages qui se croisent dans différents axes, c’était le début d’un univers connecté. Sony a essayé de suivre le mouvement notamment avec la saga The Amazing Spider-Man, sans grande réussite. Spider-Man 3 a subi les prémisses de ce changement : beaucoup de personnages mais une profondeur diminuée, des protagonistes plus fades et moins traités, des enjeux plus factices, pour un souci de grand divertissement. Dommage car Sam Raimi aurait dû revenir avec un quatrième opus avec un certain Vautour en grand méchant…

 

Une saga sous-estimée 

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Nous sommes en 2012. Marvel Studio écrase la concurrence en matière de films de super héros. DC et Warner Bros ne parviennent pas à suivre la cadence malgré l’excellente saga The Dark Knight. Sony et ses Spider-Man sont absents des écrans depuis 5 ans et seuls la Fox et ses X-Men parviennent à suivre le mouvement. Ainsi Sony engage Mark Webb (500 jours ensemble) pour réaliser un reboot des aventures de Spider-Man. Cette fois, ce sera le jeune Andrew Garfield qui sera dans la peau de Peter Parker. Ainsi, Sony ne nous épargne par le traditionnel début de l’histoire où Spider-Man se fait mordre par une araignée et obtient ses pouvoirs. Comme pour les différentes versions de Batman, les studios prennent encore leur public pour un demeuré et lui rappelle encore et encore la naissance de leurs héros.

Cette fois, Sony préfère utiliser un nouvel angle. Mark Webb et Andrew Garfield devront mettre en avant le potentiel irrévérencieux et comique du personnage. L’autre facette du tisseur dans les comics, c’est sa capacité à sortir un déferlement de vannes plus ou moins drôles pendant ses combats. Il avouera que cela lui permet de décompresser face à des ennemis toujours plus puissants. Peter Parker est fun, a une super copine en la personne de Gwen Stacy (Emma Stone) et affronte un ennemi anthologique, le docteur Kurt Connors, alias Le Lézard. Le film n’est pas une complète réussite ni auprès de la presse, ni auprès des spectateurs. Pour autant, The Amazing Spider-Man reste fun, offre quelques scènes d’action badass, et innove via quelques plans à la première personne qui sonnent comme un véritable jeu vidéo. Spider-Man qui fait du parkour, cela paraissait évident mais Mark Webb a été le premier à le matérialiser à l’écran. Une scène renversante qui aurait mérité d’être plus exploitée. On retiendra également le caméo de Stan Lee absolument mémorable.

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Deux ans plus tard, Sony lance une suite : The Amazing Spider-Man : Le Destin d’un Héros, censée introduire le nouvel univers Spider-Man avec notamment les Sinister Six (équipe de super vilains composée de Octopus, Le Vautour, Electro, Mysterio, Kraven et L’Homme de Sable). Toujours réalisé par Mark Webb, le film compte trois méchants et de nombreuses références à l’univers Spider-Man. Ainsi apparaissent brièvement La Chatte Noire, Norman Osborn, les tentacules de Octopus ou les ailes du Vautour (encore lui). Pour autant, Sony préférera réintroduire une nouvelle fois Le Bouffon Vert (3e apparition donc) plutôt que d’offrir de nouveaux ennemis au tisseur. Electro est également de la partie, méchant insipide interprété par Jamie Foxx. Pour finir le Rhino, qui aurait dû être un ennemi majeur de la suite de la saga avortée, interprété par l’excellent Paul Giamatti, fait une courte apparition. Étonnement, ce deuxième opus prend un grand risque final, en rejouant la terrible mort de Gwen Stacy dans les comics, assez osé dans un blockbuster, que de retranscrire cette scène dramatique d’anthologie. 

Finalement, aucune suite ne verra le jour à cause de la faillite de Sony entraînée par des hackings de la Corée du Nord. Marvel rachète donc une partie des droits de Spider-Man pour l’incorporer à ses projets. Finalement, le seul défaut de cette deuxième saga, c’est sa date de sortie. Les films de Mark Webb ne sont pas foncièrement mauvais, ce sont des divertissements de qualité malheureusement un peu trop calibrés. Si cette saga était sortie dix ans plus tard, sans Spider-Man entre temps, on les aurait considérés comme de très grands films, mais dans l’air des films de super-héros par dizaines, Spider-Man n’avait peut-être pas encore la légitimité pour revenir, surtout derrière la saga de Sam Raimi.

 

Le petit dernier 

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Ainsi à cause de la faillite de Sony, le studio a dû chercher un arrangement avec Marvel Studio. Sony conserve une partie des droits du personnage notamment sur son univers étendu, et travaille actuellement sur un spin-off sur Venom porté par Tom Hardy, tandis que Marvel Studio peut utiliser Spider-Man. Kevin Feige a prévu cinq films avec Spider-Man. Cette fois, c’est le jeune Tom Holland qui se glisse dans la peau du personnage qui croisera la route de Iron Man dans son prochain film et qui apparaîtra dans Avengers : Infinity War.

Cette nouvelle version du personnage a été introduite l’année dernière dans Captain America – Civil War des frères Russo. Le personnage n’a qu’un impact mineur, via une courte apparition, mais marque néanmoins les esprits. Son implication dans les comics est toute autre tant son rôle est primordial. Plus jeune, plus inexpérimenté, bavard et irrévérencieux, ce Spider-Man là est un adolescent en puissance. Dans Homecoming il est de retour au lycée, Flash Thompson devrait donc réapparaître, et ne travaille pas encore au Daily Buggle. Kevin Feige, que nous avons rencontré, a promis que nous ne verrions pas une nouvelle fois comment Spider-Man a obtenu ses pouvoirs. Le grand méchant est Le Vautour interprété par l’ex-Batman Michael Keaton. Marvel Studio préférait retourner à un Spider-Man jeune pour toucher un large public, donc Peter Parker va être un adolescent qui va entrer progressivement dans la vie d’adulte et qui va devoir accepter ses pouvoirs et ses responsabilités avec Tony Stark en mentor.

Spider-Man : Homecoming cartonne déjà aux Etats-Unis et les premiers retours sont positifs. Chez nous, le film sort ce mercredi 12 juillet !

 

Bande-annonce – Spider-Man : Homecoming

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