Les poupées dans les films d’horreur

Les poupées dans les films d’horreur

J-3 ! Pour conclure ces sélections par thème pour Halloween 2017, quoi de mieux qu’une figure qui a toujours fasciné dans les films d’horreur, dont on ne sait jamais si elle est inoffensive ou bien si elle sera source de cauchemar ? De la poupée clown étrangleuse de Poltergeist à la poupée substitut d’enfant de la femme de Joseph dans Sheitan, on voit bien qu’elles n’ont ni le même rôle ni la même fonction, et pourtant ces objets inanimés censés être sources de réconfort sont bien souvent angoissants. 

Les Frissons de l’Angoisse

Pour commencer cette courte présentation, un film dans lequel le pantin n’apparaît que dans une seule scène : Les Frissons de l’Angoisse, réalisé par Dario Argento en 1975. Giallo mené d’une main de maître par le grand réalisateur italien, Profondo Rosso de son titre d’origine est rythmé par une comptine d’enfants. Lors d’une conférence de parapsychologie, une medium indique sentir la présence d’un meurtrier dans la salle. Le jour même, elle est retrouvée assassinée. Une journaliste et un professeur de piano mènent l’enquête afin de démasquer ce tueur en série. Les nombreux meurtres sont l’occasion d’apercevoir un magnifique pantin, qui montre que la présentation de la poupée au spectateur compte tout autant que le rôle qu’on entend lui faire jouer !

May

Le film May, réalisé en 2002 par Lucky McKee, est à la fois touchant et perturbant. May est une jeune femme renfermée, qui a beaucoup de mal à approcher les autres êtres humains. Elle n’est véritablement à l’aise que dans le cabinet vétérinaire où elle travaille et avec sa seule amie, une poupée de porcelaine offerte par sa mère lorsqu’elle était enfant. Suite à une rencontre, l’équilibre fragile de May va basculer et elle va partir en quête du compagnon idéal. Objet d’adoration et source de fantasmes, la poupée est dans ce film un puissant déclencheur. Beau film sur l’acceptation, May certes choque mais interroge surtout sur notre manière de concevoir la relation à l’autre ainsi que sur l’apport émotionnel parfois capital d’objets qui peuvent paraître aux autres banals, voire inutiles.  

Jeu d’enfant

On a vu avec Les Frissons de l’Angoisse que la présentation de la poupée importait autant que le rôle qu’elle joue. Jeu d’enfant, réalisé en 1988 Tom Holland, en est un autre exemple frappant, mais dans le mauvais sens du terme. Là où le rôle de la poupée est bien plus terrifiant, sa présentation laisse extrêmement à désirer. Pour son anniversaire, le petit Andy Barclay se voit offrir par sa mère une grande poupée nommée Chucky. Cette dernière est douée de parole et de mouvement. Sa voix est celle de l’homme dont l’âme habite la poupée et qui n’est autre qu’un tueur sanguinaire. Si vous cherchez un film terrifiant avec des poupées mystérieuses, passez votre chemin. Jeu d’enfant est un film qui frôle le comique de par la mise en scène de Chucky. Le film a tout de même connu un beau succès, qui lui a permis d’avoir six suites dont la dernière Le Retour de Chucky est sortie cette année.

Annabelle

Annabelle est la poupée maudite qu’on peut voir dans Conjuring : les dossiers Warren. Réalisé en 2014 par John R. Leonetti, le film Annabelle revient sur l’origine de cette poupée particulièrement angoissante. Sa femme Mia étant enceinte, son mari John lui offre une magnifique poupée de collection. Attaqués durant leur sommeil par des êtres bien étranges, les deux époux vont commencer à vivre un cauchemar à cause d’Annabelle. Là où Conjuring : les dossiers Warren laissait planer un mystère épais autour de cette poupée, Annabelle vient jouer un concert de heavy metal juste au pied de votre lit. Pour le dire autrement, si vous aviez peur d’Annabelle dans le premier film, regarder celui-ci vous rassurera grandement. L’intérêt du film réside dans la découverte des origines du mal qui habite Annabelle, mais les jumpscares sont tellement présents et la réalisation peine tellement que le film est au final un opus dont il vaut mieux se passer si on souhaite garder en tête l’image terrifiante de la poupée.

Saw

Parmi les poupées les plus connues, on trouve celle de Jigsaw, le tueur au puzzle, dans la série Saw. Même si le premier opus, réalisé en 2004 par James Wan, n’est pas celui dans lequel le petit pantin blafard peut être observé le plus longtemps, c’est tout de même celui qui retiendra notre attention en raison de sa qualité nettement supérieure à celle de ses successeurs. Le mode opératoire du Jigsaw est simple : il kidnappe des gens, les enferme et les force à faire des choses qu’ils n’auraient jamais faites, des sacrifices auxquels ils n’auraient jamais consenti, afin de leur laisser la vie sauve. S’ils veulent sortir, ils n’ont qu’à faire ce qu’on leur demande. Doté d’une grande intelligence, le Jigsaw ne laisse jamais les choses au hasard et les pièges qu’il tend sont durs à éviter… Pour preuve de la réussite de son pantin, son visage est aujourd’hui bien davantage connu que celui de son créateur !

The Boy 

Réalisé en 2016 par William Brent Bell, The Boy est l’histoire dérangeante de Greta, engagée comme assistante maternelle par un couple visiblement psychotique. En effet, ils ont engagé Greta pour s’occuper d’une poupée de porcelaine de la taille d’un enfant, lui donnant tout un tas de consignes sur la manière de s’en occuper, de le nourrir, etc. Pour conserver cet emploi, Greta se prête au jeu jusqu’à ce que des événements bien étranges commencent à avoir lieu, la faisant douter elle aussi de l’existence d’un vrai petit garçon en cette poupée. Dans un magnifique manoir à la photographie très réussie, The Boy est un film à l’atmosphère oppressante, à voir pour son scénario bien ficelé, sa poupée superbe bien qu’inquiétante et son final glaçant. 

Dead Silence

Le réalisateur James Wan a décidément plus d’un film d’horreur dans sa poche et a réalisé en 2007 Dead Silence, un film avec lequel les amateurs de poupées seront comblés. Ce n’est pas une, ni deux, ni trois poupées étranges que vous pourrez voir en visionnant ce film, mais beaucoup plus ! Le jour même où le héros reçoit une poupée d’un ventriloque, sa femme meurt assassinée. Il part alors à la recherche du meurtrier. Professionnel des ambiances, James Wan nous offre un film oppressant au twist final aussi surprenant que celui de Saw. Avis aux amateurs de belles images et de poésie, ce film est enchanteur ! Quant aux plangonophobes, s’il y a un film de cette sélection que vous ne devriez pas regarder, c’est bien celui-ci ! 

Comme tous les symboles d’innocence liés à l’enfance dont la corruption instille inévitablement l’angoisse dans le cœur du spectateur, les poupées n’ont pas fini de nous terrifier dans les films d’horreur !

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