Critique « Les Garçons Sauvages » de Bertrand Mandico : un film hors du commun

Critique « Les Garçons Sauvages » de Bertrand Mandico : un film hors du commun

Critique « Les Garçons Sauvages » de Bertrand Mandico : un film hors du commun

Réalisation

Casting

Scénario

Créativité

Summary:
Début du vingtième siècle, cinq adolescents de bonne famille épris de liberté commettent un crime sauvage. Ils sont repris en main par le Capitaine, le temps d'une croisière répressive sur un voilier. Les garçons se mutinent et échouent sur une île sauvage où se mêlent plaisir et végétation luxuriante. La métamorphose peut commencer…

88%

Génialement inclassable

Dans la vie d’un cinéphile, on a souvent l’occasion de voir des films hors du commun et qui ont marqué l’histoire par leur étrangeté. On pensera notamment aux premiers films de Jodorowsky ou de David Lynch. Les Garçons Sauvages (sélectionné à la Mostra de Venise) est de cette trempe-la, pour notre plus grand bonheur.

Bertrand Mandico est un réalisateur d’origine toulonnaise. L’homme s’était jusqu’à aujourd’hui spécialisé dans le court-métrage expérimental. Cette fois-ci, le cinéaste passe au long-métrage, avec un long-métrage sauvage. La réplique qui résume le mieux le film ? « La plus belle de toutes les hallucinations. » Et c’est ainsi que l’on peut concevoir Les Garçons Sauvages : un film magnifiquement hallucinatoire.

Les Garçons Sauvages raconte les mésaventures d’une bande de cinq garçons, qui après avoir commis un viol sur leur professeur de littérature, se retrouvent à la charge d’un marin et débarquent sur une île déserte

L’une des particularités du film est d’avoir un casting 100% féminin. Avec notamment l’excellente Diane Rouxel, déjà remarquée dans le bouleversant La tête haute d’Emmanuelle Bercot. Tout le reste du casting est excellent. Les cinq jeunes femmes détonnent dans leurs rôles de garçons. Un choix de casting qui permet à Mandico, d’explorer le rapport au genre. Le genre, en tant qu’identité sexuelle est une question au cœur même du film. C’est une véritable œuvre transgenre. Un peu à la manière du récent Grave, de Julia Ducournau, Les Garçons Sauvages  joue avec les différents genres cinématographiquesLes Garçons Sauvages c’est avant tout un film d’aventure dans la lignée de L’île au trésor ou des œuvres de Jules Verne. C’est également un thriller psychologique, un teen-movie, un film érotique… Mais avant tout un film expérimental. 

Esthétiquement, le film est magnifique et certainement l’un des rares films français jamais réalisé à être allé aussi loin dans sa démarche. Mariant noirs et blancs expressionnistes, le film renvoie directement à la magnificence de La Nuit du Chasseur, avec des séquences ayant des nuances hypnotiques (la vision d’une orgie à 4, avec des couleurs digne d’un trip au LSD restera imprimé dans les rétines de toute personne ayant vu ce film). Scénaristiquement parlant, le film reste très bien conçu, mais au fond malheureusement très cliché. Le sous-texte du film est que les femmes sont naturellement plus douces et pacifiques que les hommes, et qu’ils seraient donc plus sûr pour l’espèce humaine qu’elles aient le pouvoir. Ce qui est finalement assez banal et donc paradoxal pour un film, qui n’est absolument pas conventionnelLes Garçons Sauvages serait donc un film révolutionnaire et miraculeux sur la forme mais beaucoup plus classique et conventionnel sur le fond. Une déception qui reste minorée par l’expérience hors du commun qu’est-ce film.

Enfin, un dernier mot pour parler de la musique, qui est entêtante, fascinante et laissera rêveur le public en recherche d’émotions.  

En conclusion, on pourra dire que Les Garçons Sauvages est un film inoubliable. Inoubliable par ses visions hypnotisantes. Par ses interprètes magistraux. Par l’élégance et la folie de sa réalisation, par la créativité qui transparaît à chaque instant… Bref, un film à voir absolument, ne serait-ce que pour avoir la preuve que l’imagination n’a absolument aucune limite. 

Teaser Les Garçons Sauvages 

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