Le Grinch : retour sur la version avec Jim Carrey

Le Grinch : retour sur la version avec Jim Carrey

Avant la version animée de Illumination, Le Grinch c’était bien Jim Carrey sous la direction de Ron Howard. Retour sur cette œuvre étonnante sortie à l’hiver 2000.

Les origines du conte avant une adaptation animée en 2018

A la base Le Grinch est un personnage issu d’un conte populaire de Noël. En 1957 l’auteur et illustrateur américain Dr Seuss, aussi connu sous le nom de Theodor Seuss Geisel, écrit un récit pour Noël intitulé Comment le Grinch a sauvé Noël ? C’est cet écrivain qui crée toute la mythologie de ce personnage largement popularisé depuis grâce à l’adaptation de Ron Howard. Dr. Seuss écrit ses contes en rimes et choisit de ne jamais dépasser plus de 250 mots pour laisser le loisir aux enfants d’appréhender ses œuvres avec facilité et compréhension. Son public est la jeunesse et il veut le passionner.

Finalement, la nouvelle adaptation de Illumination version animée recolle avec la vision de Dr Seuss. La vision du studio se rapproche de celle de l’auteur en présentant un Grinch plus enfantin, plus adapté à un jeune public comme le voulait l’auteur anglais. Ici, Le Grinch fait quelques méchancetés mais c’est surtout un individu traumatisé dans son enfance, qui vit avec les vestiges de cette tristesse inhérente à sa méchanceté apparente. La profondeur du personnage n’est pas une analyse psychologique poussée mais permet d’entrevoir comment l’incidence d’une éducation peut changer une vie. Bien évidemment le dessin animé de Scott Mosier et Yarrow Cheney est une adaptation très orientée pour la jeunesse et demeure foncièrement gentillette.

Quand Ron Howard se la joue Tim Burton

En décembre 2000, Ron Howard surprend tout le monde avec une adaptation live de Le Grinch. Une version étonnante, hybride, cabossée et surtout inégale. Le long métrage n’est clairement pas dénué de vision et permet d’entrer dans un univers étonnant fortement inspiré du cinéma de Tim Burton. Dans cette version, Ron Howard oppose des couleurs vives à un décor froid et blanc, presque anxiogène. Il oppose les festivités d’un village à la solitude d’un individu. Finalement ce Grinch était presque inquiétant. Une créature toute verte en latex un peu rétro, assez agressive et surexcitée par la folie de Jim Carrey, on est assez loin de la représentation inoffensive du Père Noël. C’est ce côté un peu crasseux, un peu inquiétant qui donne toute sa saveur à l’adaptation de Ron Howard. Le Grinch n’est, grâce à cette vision, pas un conte comme les autres. Quant à Jim Carrey il est une fois de plus impérial, même s’il en fait parfois des caisses. Pour Rick Baker le maquilleur, 

« Ce maquillage convient bien à Jim qui possède un faciès extrêmement mobile et n’hésite pas à forcer sur les expressions pour les faire passer à travers le latex. Je savais aussi à quels points précis de son visage je pouvais amincir ce grimage pour lui donner un maximum de latitude. »

 

Malheureusement Le Grinch souffre de la comparaison avec le cinéma de Tim Burton et on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’aurait été le film sous sa direction. Parce que la vision de Ron Howard demeure fouillis et asphyxiante. Trop de couleurs, trop de bruit, et surtout trop de grimaces de Jim Carrey qui finit par exténuer son public. Le Grinch manque également d’une véritable interprétation de l’écriture du personnage, qui manque finalement de profondeur. De même les péripéties sont relativement répétitives et l’humour manque de finesse.

Personnage et film culte, Le Grinch, l’anti père noël par excellence, trouve sa quintessence grâce à la présence de Jim Carrey toujours très inspiré. L’acteur en fait des caisses mais colle parfaitement avec le personnage extravagant, bruyant et oppressant de Ron Howard. Le long métrage reste une comédie familiale pour les plus petits, et ne va donc pas dans les tréfonds du sadisme que le personnage effleure par ses actions ingrates, la happy end finale inévitable finit de conclure un film bien-pensant mais divertissant, à l’esthétique remarquable, faisant parfaitement honneur à l’univers de Tim Burton.

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