Kingsman : The Golden Circle,  rencontre avec Matthew Vaughn

Kingsman : The Golden Circle, rencontre avec Matthew Vaughn

Matthew Vaugh a présenté son nouveau film, Kingsman : The Golden Circle au MK2 Grand Palais le 28 septembre. Just Focus était présent dans la salle et voici ce que nos rédacteurs ont pu recueillir durant ce Q&A. (unique spoiler sur l’avant-dernière question) 

Q : C’est votre première suite en tant que réalisateur. Qu’est-ce qui vous a poussé à étendre l’univers de Kingsman ?

A : Je suis né dans les années 70. A cette époque, on allait voir des films d’horreur, de la science fiction, des comédies, des drames… Pour s’évader. Nous sommes comme une famille, qui fait des films. Nous réfléchissions réellement à poursuivre l’histoire de chaque personnage. Dans ce métier, la plupart des suites, surtout à Hollywood, ont un seul but financier. Les producteurs veulent gagner de l’agent. Nous avons opté pour la carte du divertissement. Garder le cap du premier, la même légèreté. Tout en s’éclatant à le tourner !

Q : C’est la première fois qu’une chanson de Prince est utilisée au cinéma. L’obtention des droits a du être rude.

A : Très rude en effet ! Je suis un grand fan de Prince et l’annonce de sa mort m’a pris aux tripes ! A la base, la scène d’ouverture devait être comme le top 10 des pires goûts musicaux d’Eggsy. On s’est rendu compte que Tim Miller avait déjà joué sur cet effet dans Deadpool pendant les scènes de combat dans les voitures. Donc on a abandonné l’idée. A la mort de Prince, j’écoutais ses musiques avec nostalgie et je me suis dit que Let’s Go Crazy collerait parfaitement à ma scène ! La chanson est structurée en trois parties, chose pratique pour monter dedans. J’ai appelé la Warner, ils ont vu la scène et m’ont dit que pour une première, Prince serait fier…

Q : Comment avez-vous fait pour retrouver le même ton décalé du premier film ?

A : Faire une suite est très compliqué. Le public en veut plus que dans le précédent. Et si vous en donnez trop ils se plaint que vous ne lui en aviez pas assez donné dans le premier…. J’ai donc décidé que Kingsman : The Golden Circle serait la suite du voyage des personnages. Les personnages ont été ma motivation première à faire cette suite. Je préfère l’appeler « continuation ». Mark Millar a travaillé sur le premier montage du film. Son regard avisé et créatif nous a beaucoup aidé par la suite. Ses propositions de changement étaient pertinentes.

Q : C’est la mode des oppositions de super héros au cinéma. Verra-t-on un jour Kick-Ass v.s Kingsman ? 

A : Silence. Kick-Ass aura sans doute besoin d’un costume ! rires. Ma façon de travailler est comme un chaos organisé. Il ne faut jamais dire jamais ! Peut-être qu’un jour je me réveillerais en pensant que ça serait fun d’avoir Kick-Ass, Kingsman, pourquoi pas Magnèto dans le même film… On n’est jamais sûr de rien.

Q : Samuel L. Jackson incarne le méchant dans le premier film. Comment faire mieux que lui ?  

A : J’ai toujours pensé que c’était une grave erreur de vouloir faire mieux. Beaucoup de suites se veulent plus grandes, plus chères. Non non. Il suffit juste de raconter la bonne histoire. Pour Kingsman : The Golden Circle je ne me rappelle plus d’où l’idée m’est venue. J’avais adoré le côté militantantiste de Sam Jackson. C’est un méchant qui lutte contre la surpopulation, qui est un problème de société contemporain. Sa solution est immorale mais il a cerné le problème. Je suis parti sur cette base, un méchant qui se soucie des fléaux de notre société. Dans Kingsman : The Golden Circle on évoque la légalisation des drogues, et n’importe qui aura son opinion sur le sujet. Au départ, je voulais un personnage proche de Margaret Thatcher. La scène du hamburger nous permet de la présenter au public. D’un point de vue personnel, je trouve les femmes fascinantes ! Elles peuvent être enjouées, belles et douces et incroyablement fortes en même temps. Poppy est le personnage le plus fort du film !

Q : Qu’est-ce que ça vous fait de réaliser l’un des films les plus attendus de l’année ? 

A : C’est terrifiant, et très flatteur à la fois. Encore une fois j’essaie de me dire  » ok, je veux faire ce film, et j’ai la chance inouïe d’être payé pour le faire ». Je respecte le fait que les gens soient impatients de faire du cinéma. Mais si c’est juste pour faire un film, ça n’en vaut pas la peine. Les musiciens appellent ça le syndrome du deuxième album. Je croise les doigts pour que le film trouve son public.

Q : Que pouvez-vous nous dire sur votre gestion de la violence ? Vous mettez-vous une limite à ne pas dépasser ?

A : Vous ne me croirez pas, mais je déteste les films violents. Vraiment. Mon inspiration pour la violence, c’est Tom & Jerry ! C’est incroyablement violent ! Tout est magnifiquement chorégraphié et le résultat est très drôle. C’est cette violence que j’admire : raconter une histoire, faire rire les gens et des scènes irréalistes ! Je me laisserai tenter surement un jour, je prendrai une de mes scènes, changerai la musique, y mettrai une tonne de sang et de gore. Et là, les gens pourront dire que je fais des films violents ! rires. 

Q : Pourquoi réaliser la suite de Kingsman et pas celle de Kick-Ass ?

A : long silence. Pour Kick-Ass je m’étais dit que quelqu’un d’autre pouvait le faire et je me rends compte que j’avais tort. Je n’en veux pas au réalisateur, Jeff Wadlow. Il est évident que je suis un peu taré et que reproduire mon esprit tordu est plus facile à dire qu’à faire. Pour en revenir à la violence, dans Kick-Ass 2, j’avais plutôt de l’écoeurement, ça ne me faisait pas rire. Je me suis senti coupable. Coupable d’avoir abandonné Mark Millar, les acteurs et les fans. Je ne voulais pas répéter mon erreur sur la suite de Kingsman. Pour chaque film proposé j’ai toujours trouvé une raison de ne pas le faire. Quand je n’en trouve aucune, je sais que je dois foncer ! 

Q : Pouvez-nous nous expliquer le retour de Colin Firth ? 

A : Tout d’abord je suis peiné et en colère que son retour ne soit plus une surprise. Ça devait être un twist et les producteurs l’ont rendu public, malheureusement. On aurait pu se passer de lui pour la suite. Mais ça n’aurait pas été pareil. Quand j’ai commencé l’écriture avec Jane Goldman, il n’était pas dans le scénario mais ça m’a vite paru bizarre. Les Kingsman sans Colin c’est comme les Beatles sans Paul McCartney. Colin est un très bon ami à moi et j’adore son personnage. Avec Jane, nous avons commencé à expérimenter le concept de son retour et puis l’idée de l’alpha gel est vite apparue. Il fallait maintenant que ça colle. Ça me rappelle la série Dallas avec Bobby Ewing – vous avez Dallas en France ? on se fait vieux vous savez – et quand il revient après la scène de la douche, on se rend compte que c’était un rêve de Pamela. Je me suis dit que c’était diablement stupide ! Mais on est tellement content de le revoir qu’on passe outre. 

Q : Le roulement entre les acteurs et les cascadeurs a été difficile ?  

A : Ça dépend des acteurs. Taron a pris un vilain coup pendant la séquence du taxi, par deux fois. Quand Charlie le frappe à travers la vitre, tout est réel. Heureusement que le point était fait ! C’est un équilibre fragile à tenir. Vous prenez Tom Cruise qui fait toutes les cascades lui même et maintenant il s’est cassé la cheville. Certains acteurs veulent tout faire. Et c’est génial et stimulant à la fois. D’autres vont s’en remettre aux cascadeurs. Pendant les cascades vous continuez à raconter une histoire, vous êtes dans la performance. Frapper quelqu’un est aussi important que de réciter un dialogue. Je suis plutôt du genre à encourager les acteurs à en faire le plus sans avoir recours aux cascadeurs, du moment qu’il n’y a pas de risque et qu’ils sont en confiance. 

Q : Pour continuer sur les acteurs, ont-ils suivi un entraînement particulier ?

A : Oh oui oui ! rires. Demandez-leur, ils n’arrêtaient pas de se plaindre ! On s’est entraîné pendant trois mois. Ce genre d’action ne s’improvise pas le jour même. Les mouvements de caméra sont préparés bien en avance. On a d’abord filmé l’intégralité de la séquence avec les cascadeurs. Les acteurs ont appris chaque mouvement, chaque coupe. Il y a eu de la casse et ils ont du s’entraîner également pour apprendre à ne pas se blesser. Par exemple, Colin a du quitter le tournage pendant cinq jours, à cause d’une blessure. Il n’arrivait plus à marcher. La séquence où il court et que le chien lui mord la jambe il est tombé sur une quille. Ça n’était pas prévu au scénario, il devait simplement courir.  Sauf qu’il a chuté et s’est tordu le coude. Il se trouve que ça rendait bien à l’image et on l’a gardé. 

Q : Saviez-vous que Kingsman allait entrer dans la « pop culture » actuelle ? 

A : Non ! Il faut avoir beaucoup d’arrogance pour penser de la sorte. Kingsman a dépassé toutes nos attentes. Quand on a fait le film, nous espérions récolter 150 millions dollars de recette dans le monde. C’était l’objectif (note : pour un budget de 94 millions de dollars). Pour celui-ci l’objectif est fixé à 243 millions (note : pour un budget de 104 millions de dollars)…et peut-être 400 pour le dernier. Nous avons tous été agréablement surpris par l’accueil du public pour le premier volet. C’est toujours plaisant de savoir qu’il y a des gens dans le monde qui apprécient l’univers autant que nous. 

QQue changeriez-vous dans ce film ?

A : Donnez-moi deux ans ! La première erreur réside dans le premier montage. Il faisait 3h40 ! C’est la première fois que ça m’arrive. Nous avons coupé environ 45 minutes de scènes vraiment géniales. Personnellement, je pensais que le film pouvait durer six à dix minutes de moins. Nous avons coupé dix minutes et on aurait dit que le film durait une heure de trop maintenant ! Ça n’avait plus aucun sens. En deux ans, j’aurai le temps voir ce qui aurait pu être mieux dans ce film. Posez-moi la même question si on fait Kingsman 3. Et je vous répondrai. 

Q : Pourrait-on envisager un Kingsman 3 ? (spoiler)

A : Encore une fois, je souhaiterais un développement des personnages. A la fin de Kingsman : The Golden Circle, Eggsy devient prince, que deviendra-t-il ? Channing est maintenant un Kingsman mais porte toujours ses bottes de cowboy. Il est déboussolé, ne comprend pas ce qui lui arrive, car il a été puni en quelque sorte. Halle Berry est maintenant l’agent Whiskey, une toute nouvelle aventure s’offre à elle. Quelqu’un devra prendre la place de Merlin, et c’est un énorme trou à combler. Et puis Galahad, la vieille version et la nouvelle version… Mais si quelqu’un devine la suite, je serais déprimé. rires. 

Q : Tous les personnages du Statesman américain ont un pseudonyme en référence avec l’alcool, quel serait le vôtre ? 

A : Le mien ? rires. Ça va paraître fou, parce que c’est très anglais : Agent Cherry ! 

 

Toute l’interview n’a pas été retranscrite. A la demande du réalisateur, certaines informations ne seront pas révélées pour garder un certain mystère autour du film. On vous laisse avec la bande annonce officielle. En salles le 11 octobre ! Just Focus a adoré ! 

 

Bande Annonce de Kingsman : The Golden Circle 

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