Gael García Bernal : l’acteur en 7 films

Gael García Bernal : l’acteur en 7 films

Gael García Bernal choisit ses films avec précaution, et c’est bien pour ça qu’on l’aime. Une production estampillée Bernal est (presque) toujours de grande qualité. Le touche-à-tout mexicain diplômé de la Royal Central School of Speech and Drama de Londres enchaîne des projets divers et accumule les honneurs. Récemment membre du jury du 67ème Festival de Cannes, récompensé aux Golden Globes 2016 pour Mozart in the Jungle (et nominé une seconde fois cette année), il peut tout jouer : de l’innocent au perverti, de l’homme engagé et leader au benêt, de l’être fragile à l’individu fort et endurci… Retour sur ses rôles les plus marquants. Sélection subjective et non exhaustive bien entendu.

 

Amours chiennesAlejandro González Iñarritu (2000)

Dans ce superbe film d’Iñarritu, premier volet d’une trilogie comprenant aussi les films 21 grammes et Babel, Gael García Bernal joue Octavio. Adolescent secrètement épris de sa belle-sœur Susana et vouant une haine profonde à son frère, il participe à des combats de chiens pour gagner un peu d’argent. Animé par l’envie de fuir sa vie misérable, il échafaude un plan pour s’échapper avec Susana. García Bernal incarne magnifiquement ce personnage désespéré et pourtant plein d’espoir, innocent et dur à la fois… Bouleversant.

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Le crime du Père Amaro
Carlos Carrera (2002)

Le Père Amaro est jeune et idéaliste. Peu après son entrée au séminaire de Los Reyes, il rencontre Amélia, dont il va peu à peu se rapprocher. Malgré les travers de l’Église qu’il découvre progressivement, il décide de poursuivre dans cette voie, sans pour autant renoncer à sa passion naissante. García Bernal, séduisant, livre une performance toute en nuances et subtilité dans ce film dérangeant à l’atmosphère pesante, qui ne laisse personne indifférent.

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Attraction fataleMatthew Parkhill (2003)

Bien que ce film peu connu présente quelques défauts, il mérite d’être vu. Gael y campe un acteur brésilien réservé qui va vivre une passion violente avec une jeune femme rencontrée le soir de son enterrement de vie de jeune fille. Ne vous laissez pas refroidir par ce résumé a priori banal, le film vous réserve bien des surprises…On ne vous en dit pas plus, si ce n’est que le comédien est comme à son habitude d’une crédibilité déconcertante.

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Carnets de voyageWalter Salles (2004)

 Carnets de voyage est une œuvre magnifique qui retrace le parcours d’Ernesto Guevara avant qu’il ne devienne le Che. Gael García Bernal incarne à merveille ce personnage iconique, partant plein d’espoir, de rêves et d’illusions dans un périple en Amérique latine. Mais il se confronte à la réalité sociale et politique des pays qu’il visite et déchante rapidement. Cette prise de conscience éveille peu à peu en lui les idéaux et vocations qu’on lui connaît.

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La mauvaise éducation
Pedro Almodóvar (2004)

S’il ne devait en rester qu’un, ce serait très probablement celui-ci. García Bernal est tout simplement bluffant dans ce qui constitue l’un des meilleurs (le meilleur ?) films d’Almodóvar. Il y joue pas moins de trois rôles différents, dont un de travesti : perruque et maquillage lui vont à ravir. Une performance époustouflante. Le film raconte l’histoire de deux garçons qui découvrent l’amour dans une école religieuse au début des années 60, sous l’œil envieux du Père Manolo. Deux autres rencontres auront lieu entre ces trois personnages, dix ans s’écoulant entre chacune d’entre elles. Saisissant.

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Même la pluieIcíar Bollaín (2011)

Dans cette œuvre engagée et passionnante, nous suivons Sebastian, jeune réalisateur joué par Gael García Bernal. Ce dernier est sur le point d’entamer le tournage de son film en Bolivie, accompagné de son producteur et de son équipe. Le budget étant restreint, ils décident d’engager des comédiens et figurants locaux, moins coûteux. Mais le tournage se trouve interrompu par une révolte contre le pouvoir en place qui désire privatiser l’accès à l’eau courante. Entre leur film sur lequel ils ont tout misé et la lutte pour la survie de cette population démunie, les deux hommes devront faire un choix. Personne ne sortira indemne de cette aventure. La prestation de Bernal est éblouissante : on ne pouvait rêver mieux pour ce personnage fort et agité, sur le fil du rasoir.tambien-la-lluvia


No
Pablo Larraín (2012)

 Le gouvernement Pinochet est un thème cher au réalisateur Pablo Larraín. Quatre ans avant le tout récent Neruda (dans lequel on peut également retrouver Gael García Bernal), il abordait déjà le sujet dans No. En 1988, le dictateur chilien Augusto Pinochet consentait à organiser un référendum sur sa présidence face à la pression internationale. Les dirigeants de l’opposition ont alors fait appel au jeune publicitaire René Saavedra pour concevoir leur campagne. Ironique, cocasse, engagé et convaincant, mais aussi menacé, Bernal développe un personnage aux multiples facettes. Il réussit à nous faire rire, à nous passionner, à nous entraîner avec lui.
no

 

S’il fallait définir la carrière cinématographique de Gael García Bernal en un mot, ce serait « engagée ». Le comédien choisit des films forts, intelligents, qui ont un message à faire passer. Il sait nous embarquer dans des histoires très différentes, tantôt poignantes, tantôt comiques, passant d’un registre à l’autre avec une facilité déconcertante. C’est pourquoi nous vous invitons à découvrir son impressionnante filmographie, qui regorge de petites pépites méconnues du grand public. Promis, vous ne serez pas déçus !

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