Festival des Arcs 2017 – Focus sur les courts-métrages

Festival des Arcs 2017 – Focus sur les courts-métrages

Festival des Arcs 2017 – Focus sur les courts-métrages

Into the blue

Diagnosis

News, 23/06/2016

Odd job man

Sleepaway

The Frog King

Le Festival de Cinéma Européen des Arcs s’est achevé samedi 23 décembre dernier. Si l’événement cinéphile a été une nouvelle fois l’occasion de révéler des longs-métrages tels que Lean on Pete, The Captain ou encore La Mauvaise Réputation, les courts ne sont pas restés à la marge.

Comme chaque année, une compétition court-métrages a donc eu lieu. Pour cette neuvième édition qui s’est tenue du 16 au 23 décembre 2017, vingt-quatre courts-métrages, regroupés en quatre programmes et sélectionnés par Jacques Kermabon (le rédacteur en chef de la revue Bref) ont été projetés dans différentes salles du Festival. La rédaction a pu assister à la quatrième sélection. Retour (sans suspense puisque c’est à Los Desheredados de Laura Ferrès qu’a été décerné le Prix 2017 !) sur les six vidéos de ce programme.

 

Into the blue, d’Antoneta Alamat Kusijanovic (Croatie, Suède, Slovénie), 2017, 20 min

Into the blue suit le quotidien estival de quatre jeunes adolescents sur une île de Croatie. Parmi eux, Julija, 13 ans, revient dans ce coin qui l’a vue grandir. Jeune fille faisant face à des émotions marquées, elle tente au cours de ce séjour de renouer avec Ana, sa meilleure amie. Mais les choses ont changé : Ana est maintenant amoureuse d’un garçon. Commence alors un jeu subtil pour les différents membres de ce petit groupe afin de trouver leur place.

Proposant une réflexion sur les sentiments diffus et variés qui imprègnent les individus à cet âge sensible, le court-métrage s’axe sur la naissance du sentiment amoureux, celui de l’amitié qui s’effrite et évolue, ainsi que sur la prise de risque et le flirt avec le danger.

Avec une esthétique impeccable, Into the blue marque par son traitement subtil et juste de cette période délicate entre la fin de l’enfance et le début de l’âge adulte. Grave et légère, la réalisation nous porte entièrement dans cette œuvre où la mer et l’eau sont au premier plan. Grâce à une photographie soignée, Into the blue est lumineux. Mais dans cette vive lumière effleurent toujours, sous-jacentes, la profondeur et la gravité qui ternissent quasiment chaque été ensoleillé d’adolescence…

Diagnosis, d’Eva Riley (Royaume-Uni), 2017, 18 min

Diagnosis est un OVNI dans la thématique qu’il aborde. Sally est une jeune femme au boulot atypique : elle joue le rôle de patients lors de mises en situation pédagogiques dans des écoles de médecine… Sérieuse, efficace et dotée d’une grande maîtrise de soi, elle se révèle très compétente dans son activité. Mais alors que sa vie personnelle subit un tournant, elle va vivre de plus en plus difficilement ces “rôles” et les sentiments vont commencer à affluer.

Sans chercher à ce que le spectateur ne saisisse toutes les situations de l’histoire, Diagnosis est une œuvre déroutante. Avec des éléments récurrents et une narration décousue, le court-métrage se perd néanmoins quelque peu en chemin. La réalisatrice privilégie les plans rapprochés, les gros plans, un rythme lent et cible son attention sur les petits détails. Au final, difficile de raconter l’histoire de cette œuvre. A choisir, on saurait plus facilement en retranscrire notre ressenti : l’impression d’avoir touché des yeux la complexité des émotions et ce que leur refoulement engendre.

News, 23/06/2016, d’Elsa Rosengren (Allemagne), 2017, 11 min

A la manière d’un journal télévisé, News, 23/06/2016 propose plusieurs interventions sur des évènements d’actualité ayant eu lieu durant la période de juin 2016 : un référendum d’envergure au Royaume-Uni et la campagne présidentielle aux États-Unis. Alors que ces faits sont relatés comme d’habitude en Suède, en parallèle, en Allemagne, des citoyens déclament eux-mêmes des informations déformées : bulletin météo présenté avec originalité, avis tranchés et dissonants sur des faits d’actualité…

Singulier dans sa réalisation et sa narration, le court-métrage d’Elsa Rosengren entrelace avec subtilité réalité et fiction. A tel point qu’il est difficile de distinguer l’un et l’autre. Si c’est par ce choix que le film gagne en originalité, c’est également par ce prisme qu’il risque de laisser certains spectateurs sur la touche…

Odd Job Man, de Marianne Blicher (Danemark), 2017, 22 min

Odd Job Man raconte l’histoire d’un homme à la cinquantaine passée qui vient de perdre son emploi. Dans la rue, il passe devant une pancarte mentionnant « Recherche homme à tout faire ». Intéressé, il entre et va se faire embaucher dans un club de drag-queens. L’occasion pour lui de découvrir ce milieu fait de spectacles, strass, paillettes et liberté. Que fera-t-il de cette nouvelle opportunité ?

C’est avec une délicatesse et une intensité qui va crescendo que Marianne Blicher décrit ce personnage commun (pour ne point dire banal) qui découvre un tout nouvel univers. Durant son errance, ses découvertes et son cheminement intérieur, le protagoniste touche en plein cœur. Et la volonté de la réalisatrice de le laisser en retrait, taiseux, comme anesthésié de ses sentiments, apporte encore plus de force à l’œuvre et son dénouement émouvant.

Sleepaway, de Cristina Ruloff (Suisse), 2017, 9 min

BTV News, chaîne télévisée, rend hommage à Cecil Dherty, désigné « personnalité de l’année » par le magazine TIME. Ce dernier est l’inventeur de « Sleepaway“, une pilule qui remplace le sommeil. Le court-métrage, sous forme de reportage, montre comment les gens se sont appropriés ce tout nouveau produit dans leur vie quotidienne.

Futuriste (vraiment ?) et avant-gardiste, le court-métrage de Cristina Ruloff questionne la science, le temps et sa gestion. Cette pilule (dite « miracle » par une ample partie de la population, mais décriée par une minorité) est-elle une avancée scientifique, un progrès pour l’Humain ou bien un nouvel asservissement ? Autant de questionnements que Sleepaway met en exergue et traite avec distance, efficacité et pas mal de réussite. 

The Frog King, d’Arek Biedrzycki (Pologne),2017, 17 min

The Frog King débute par une rencontre : celle de Julia et Robert, qui ont échangé auparavant sur Internet. Pour leur premier rendez-vous chez Robert, Julia a été contrainte d’emmener avec elle Michael, son fils de 10 ans qu’elle n’a pas réussi à faire garder. Arriveront-ils à faire connaissance avec l’enfant entre eux ? Quelle est l’importance des détails dans la perception et la découverte de l’autre ?

Le court-métrage, particulier dans sa narration et ce qu’il entend véhiculer, intrigue autant qu’il déstabilise. Les deux protagonistes restent dans l’ombre et il est difficile de les cerner, à l’instar de l’ensemble de l’œuvre, qui reste en somme assez mystérieuse dans ce qu’elle souhaite développer. Tranche de vie sans réelle histoire, The Frog King laisse un goût d’inachevé lorsque le générique apparaît à l’écran. On en sort un peu perplexe…

Un programme de courts-métrages qui a fait émerger des œuvres belles, fortes, réussies (une attention toute particulière à Into the Blue et Odd job man), ainsi que d’autres plus intrigantes, déroutantes mais non moins éclairantes (Diagnosis, Sleepaway, News, 23/06/2016…). Mais ce panel ne représente qu’une petite partie des courts qui ont été projetés lors de la neuvième édition du Festival de Cinéma Européen des Arcs. Pour en découvrir la totalité, c’est par ici !

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