Du livre au cinéma : les meilleures adaptations

Du livre au cinéma : les meilleures adaptations

Adapter est toujours risqué. Cela est d’autant plus vrai lorsqu’on parle de retranscrire visuellement la puissance d’une œuvre littéraire. Le format étant souvent une contrainte, il faut parfois se délaisser de certains éléments, les remodeler pour qu’ils puissent correspondre à un dessein scénaristique précis. Cela se solde parfois par des échecs ou par de très belles réussites. Rendons donc à César ce qui appartient à César avec cet hommage à quelques une des plus belles adaptations cinématographiques connues à ce jour.

 

La Ligne Verte

Comment ne pas citer cet incroyable long-métrage de Frank Darabont. Pour beaucoup, il s’agit de l’une des meilleures adaptations possibles. Le réalisateur fournit dans ce projet un travail d’une formidable minutie. Les plans sont d’une esthétique à couper le souffle, avec des jeux d’ombres et des lumières remarquables. Le scénario, poignant et haletant, nous entraine avec beaucoup d’intensité dans l’univers de cette fameuse Ligne Verte. Chacun des acteurs donne vie avec beaucoup de justesse à des personnages complexes, tantôt détestables, tantôt attachants. L’immersion est totale et il s’avère difficile de rester de marbre face au dénouement, inéluctable mais pourtant tellement difficile à envisager. La Ligne Verte est donc une réussite totale, qui rend un hommage élogieux à Stephen King, auteur du roman originel.

 

Le Parrain

Le Parrain est au cinéma ce que Mohamed Ali est à la boxe. Ce très grand classique est pourtant issu d’une œuvre littéraire, écrite par Mario Puzo en 1969. Cette information semble d’ailleurs globalement méconnue, tant le succès du long-métrage fut retentissant. Le Parrain, c’est en somme  le film de gangsters que l’on aime tous regarder. Au-delà d’une intrigue pleine de rebondissements, de trahisons et d’hémoglobine, l’adaptation est d’une fidélité remarquable. Francis Ford Coppola a su condenser une œuvre riche en près de trois heures, sans que l’ennui ou la lassitude ne s’installe chez le spectateur. Le travail autour de l’esthétisme visuel et sonore est pointu, avec une bande-originale toujours aussi culte. On oublie bien évidement pas d’évoquer l’un des personnages les plus charismatiques du cinéma actuel, Don Vito Corleone, interprété par un Marlon Brando au sommet de sa carrière. Old-school mais tellement moderne à la foi, Le Parrain se présente un peu comme l’ancêtre de certaines de nos séries à succès.

 

Le Silence des Agneaux

Thriller haletant et puissant, Le Silence des Agneaux est pourtant une adaptation de la tétralogie de Thomas Harris. On y suit les aventures de Clarice Starling, jeune stagiaire au FBI contrainte de communiquer avec Hannibal Lecter pour retrouver la piste d’un tueur en série. Intimement impliqué au cœur d’une intrigue sanglante, le spectateur s’avère happé par le magnétisme froid du Dr. Lecter. Le jeu de séduction entre Clarice et l’ancien psychiatre est palpable, sans pour autant être cliché. Le scénariste, Ted Tally, relève le défi de rendre un cannibale incroyablement charismatique, mettant en exergue notre fascination pour les séducteurs aux desseins macabres.  L’une des grandes forces du film est donc l’un de ses personnages, peu présent à l’écran mais pourtant essentiel. En seulement dix-huit minutes d’apparition, Anthony Hopkins réussit à s’approprier pleinement son personnage, au point d’en perturber Jodie Foster hors caméra. Le dénouement est magistral, la sous-intrigue ayant petit à petit pris le dessus sur la chasse à l’homme initiale. Jonathan Demme présente donc une œuvre aboutie, mûre, presque audacieuse.

 

C’est ainsi que parmi les déceptions à la Death Note, se cachent des bijoux cinématographiques, souvent multi récompensés. Leur qualité ainsi que leur fidélité ont contribué à forger les lettres de noblesse d’adaptation que beaucoup considèrent comme des incontournables du septième art.

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