Deauville 2017 : un Jury de la Compétition sous le signe du charme à la française

Deauville 2017 : un Jury de la Compétition sous le signe du charme à la française

Michel Hazanavicius succède à Frédéric Mitterand pour présider le Jury de la Compétition du festival du cinéma américain de Deauville. Un panel de 14 fictions à visionner pour une équipe majoritairement féminine avec une mixité parfaite pour la réalisation. Petit retour sur le parcours de chacun(e) d’entre eux(elles).  

 

Président du Jury :                            Michel Hazanavicius (réalisateur, scénariste & producteur)

Prononcer HA-ZA-NA-VI-CIUS (la référence est dans Didier). Notre frenchie, qui a raflé toutes les statuettes chez nos invités américains en 2012, fait ses débuts dans le jury de Deauville. L’artiste a initié sa carrière en écrivant des scénarios pour Canal + et en passant régulièrement devant la caméra. Après un premier long métrage en 1999, ce sont ses adaptations cinématographiques de l’espion OSS 117 qui le propulsent sur le devant de la scène (entraînant un Jean Dujardin vers un succès mérité). 2012 est l’année de la consécration mondiale. Grâce à l’opportuniste The Artist (défendu bec et ongles par les Weinstein), Hazanavicius conquiert Hollywood et décroche à titre personnel l’oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur. Cocorico et grosse fierté française !! L’événement est historique d’autant qu’il gagne le prix au nez de Martin Scorsese ou encore Woody Allen (que faisait-il là ??).

On le retrouvera dans les salles le 13 septembre avec sa chronique sur Jean-Luc Godard, Le Redoutable, qui était en Compétition au dernier Festival de Cannes.

  • Emmanuelle Devos (comédienne)

On ne présente plus la muse d’Arnaud Desplechin, née d’une mère actrice, qui avoue avoir voulu être comédienne en regardant Jeanne Moreau. Après une dizaine de rôles c’est finalement celui de Carla dans Sur Mes Lèvres de Jacques Audiard qui lui vaut sa première distinction. Elle remporte le César de la meilleure actrice dans ce film dur et coup de poing où elle donne la réplique à Vincent Cassel toujours au top. L’actrice a tourné avec pléthore de réalisateurs et réalisatrices et sa carrière est riche de plus d’une cinquantaines de rôles. On retiendra sa performance dans Rois et Reines du natif de Roubaix Desplechin ou aussi dans l’Adversaire de Nicole Garcia.

La comédienne est également une habituée des planches puisqu’elle a joué dans plus d’une dizaine de pièces autant classiques que contemporaines. Elle a déjà été membre de jury de festivals comme en 2006 pour le festival de Locarno ou en 2011 avec le festival du film britannique de Dinard. Et plus récemment un passage dans la villa coupée du monde sur les hauteurs de Cannes en 2012. 

  • Clotilde Hesme (comédienne)

La jeune diplômée du Cours Florent s’engage d’abord dans la troupe de théâtre de François Orsoni. Pendant dix années, elle perfectionne sa technique sur les planches. Jérôme Bonnell la présente au 7ème art mais c’est Philippe Garrel qui lui apporte la renommée. Elle donne la réplique à son fils, Louis, dans le drame amoureux Les Amants Réguliers en 2005. Sa carrière au cinéma débute en trombe, ce qui ne l’empêche pas d’apparaître toujours au théâtre (ou dans des courts métrages). Une première nomination au César de l’espoir féminin non transformée en 2008. Alix Delaporte, et son premier long métrage Angèle et Tony, offrent le trophée à la jeune actrice quatre ans plus tard. Plus récemment, on a pu la voir dans Chocolat de Roschdy Zem (2016) et dans le thriller K.O. de Fabrice Gobert sorti le 21 juin 2017. 

  • Eric Lartigau (réalisateur)

Il est entré dans le cinéma par la plus petite porte. Chauffeur puis assistant personnel de Pascal Thomas, il se tourne très tôt vers la comédie en réalisant plus d’une dizaine d’épisodes de la mythique série de Canal : H !  Sa rencontre avec Kad et O va engendrer ses deux premiers longs-métrages : Mais qui a tué Pamela Rose ? et Un Ticket pour l’Espace. Son changement radical de genre avec le drame Prête moi ta main ! donne un coup de fouet à sa carrière. Le film triple sa mise de départ de 9 millions d’euros et attire presque 4 millions de français dans les salles !

La consécration La Famille Bélier (2014) fait péter le box office avec près de 7,5 millions de visiteurs. Louane Emera empoche le César de l’espoir féminin et Lartigau l’attention méritée du public (l’homme apparaît régulièrement en caméo dans ses films). On prend également plaisir à redécouvrir nos chanteurs français avec un hommage à Michel Sardou.  

  • Alice Winocour (réalisatrice & scénariste)

Elle sort de la FEMIS avec son diplôme de scénariste et tourne rapidement trois courts-métrages. Son premier, Kitchen est remarqué puisqu’il remporte le Prix de Court Métrage à Cannes en 2005. Son second, Magic Paris, repart de Cabourg avec le Grand Prix. Elle continue à écrire, sur un format plus long à présent, et co-signe le scénario de Mustang avec la réalisatrice, Deniz Gamze Ergüven en 2014. Augustine, son premier long métrage est également salué avec une nomination aux Césars (le fatadique « Meilleur » Premier Film). Elle dirige Diane Kruger (foncez la voir dans In The Fade de Fatih Akin qui sortira en fin d’année) et Matthias Schoenaerts dans Maryland, un thriller percutant à la photographie réussie. Son dernier film a d’ailleurs fait le tour du monde des festivals avec un passage à Cannes et à Toronto.

  • Yasmina Reza (dramaturge, romancière, réalisatrice & scénariste)

Yasmina (née Evelyne) est l’unique romancière du Jury. Son dernier roman Babylone a d’ailleurs hérité du prix Renaudot (et de son jury trop masculin) en 2016. Engagée politiquement, elle écrit surtout pour le théâtre près d’une dizaine de pièces dont « Art » en 1998 et Le Dieu du Carnage en 2009 qui toucheront fortement le public anglo-saxo. Les deux pièces remportent l’équivalent britannique et américain du Molière de théâtre qui récompensent l’oeuvre. Roman Polanski décide d’adapter une de ses pièces au cinéma avec Yasmina Reza et ils écrivent Carnage. Le couple de scénaristes repartira avec le César de l’adaptation en 2011 pour cette chronique amoureuse des temps modernes portée par Jodie Foster, Kate Winslet, John C. Reilly et Christoph Waltz

  • Benjamin Biolay (comédien & artiste interprète)

La place du musicien dans le jury est attribuée cette année à ce descendant de l’inventeur de couteau Joseph Opinel.  Benjamin Biolay débute en jouant de plusieurs instruments et c’est son premier contrat avec EMI qui le lance dans le milieu. Il est très porté sur les collaborations et Jardin d’Hiver dans l’album qu’il a écrit pour Henri Salvador va donner un coup de pouce à sa carrière. Il aura sorti 8 albums entre 2001 et 2017 et écrit et composé pour un échantillon représentatif de la scène française. Vanessa Paradis, Julien Clerc, Juliette Gréco, Isabelle Boulay ou encore Françoise Hardy font régulièrement appel à lui.

Son style tantôt sombre et personnel, tantôt lumineux, est récompensé de deux Victoires de la Musique pour ses albums (en 2010 et 2017). Une consécration supplémentaire pour La Superbe en 2010 où il est élevé au rang de l’interprète de l’année. Il porte haut et fort ses convictions politiques et n’hésite pas à dire ce qu’il pense, quitte à s’attirer les foudres de ses cibles. Cet amoureux de l’Argentine est également à l’affiche d’une vingtaine de films et a composé pour la musique du film d’André Téchiné, l’Homme qu’on aimait trop

  • Charlotte Le Bon (comédienne & mannequin)

Cette mannequin à l’accent si ravageur a débuté dans la publicité (Lolita Lempicka ou Carte Noire) en dépit d’un physique qui ne convenait pas aux défilés. Ça en devient ridicule…. Canal + la révèle aux téléspectateurs pendant une saison en 2010. Très vite, son caractère pétillant séduit et elle débute au 7ème art en incarnant Ophélia dans Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté de Laurent Tirard. Elle cumule les projets de genres différents et tourne pour Michel Gondry (L’Ecume des Jours) et Jalil Lespert (Yves Saint Laurent). La rumeur voudrait que Monsieur Steven Spielberg l’ait aperçue sur le plateau du Grand Journal. Et voilà qu’elle se retrouve à Hollywood dans le film de Robert Zemeckis, grand copain de Steven, The Walk. Cette passionnée d’illustration et de street art est présente dans le film de Terry George, The Promise. Christian Bale et Oscar Isaac lui donnent la réplique dans ce drame amoureux, en sélection dans la catégorie Premières.

  • Michel Leclerc (réalisateur & scénariste)

Il débute à la télévision où il est parfois chroniqueur, parfois scénariste. Le futur cinéaste écrit la moitié des épisodes de la série Âge sensible. Son premier long-métrage, J’invente rien, est une comédie légère portée par Kad Merad et Claude Brasseur. Il aide également Carine Tardieu pour l’écriture de son 1er film (la réalisatrice a reçu les honneurs avec Ôtez-moi d’un doute, qui a ému la dernière Quinzaine des Réalisateurs).

Pour son deuxième long métrage Le Nom des Gens, Michel Leclerc et sa femme Baya Kasmi remportent le César du scénario original et Sara Forestier celui de la meilleure actrice. Le réalisateur dirige Emmanuelle Béart, Maïwenn ou encore Sara Forestier dans Télé Gaucho. Il revient vite à ses amours de jeunesse quand il est nommé responsable créatif de la 7ème saison de Fais pas ci, fais pas ça. Les deux derniers épisodes de la saison 9 sont d’ailleurs écrits et dirigés par lui-même.  

  • Axelle Ropert (réalisatrice & scénariste)

Scénariste autodidacte, elle a fait ses armes en écrivant tous les films de Serge Bozon, son compagnon. Son deuxième long métrage, La Famille Wolberg, est retenu à la Quinzaine des Réalisateurs en 2009. Amoureuse des belles lettres, Axelle Ropert est également journaliste et critique de cinéma puisqu’elle intervient régulièrement dans les Inrocks et l’émission Le Cercle sur Canal +. Son quatrième long-métrage, La Prunelle de mes yeux est sorti en 2016. Il est co-produit par ARTE.

Le cru hétéroclite et pluri-disciplinaire de l’édition 2017 rendra son verdict le 10 septembre ! 

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