Deauville 2017 – « La femme du gardien de zoo » de Niki Caro : des héros méconnus de l’Histoire

Deauville 2017 – « La femme du gardien de zoo » de Niki Caro : des héros méconnus de l’Histoire

Deauville 2017 – « La femme du gardien de zoo » de Niki Caro : des héros méconnus de l’Histoire

Réalisation

Scénario

Acteurs

Summary:
Académique en tout point, La femme du gardien de zoo n'en demeure pas moins une histoire passionnante à découvrir.

80%

Bon

Rencontre avec des héros méconnus de l’Histoire ! Présenté en avant-première au Festival du Cinéma Américain de Deauville, La femme du gardien de zoo est une touchante histoire de courage, d’empathie et d’humanité. L’intrigue, tirée d’une histoire vraie, suit les exploits d’Antonina Zabinski, épouse du gardien de zoo de Varsovie. Lorsque la seconde guerre mondiale éclate et que le ghetto tristement célèbre est bâti, elle et son mari décident de se servir de leur lieu touristique pour cacher un maximum de citoyens juifs. Réalisé par Niki Caro, La femme du gardien de zoo nous fait découvrir avec plaisir les héros anonymes des heures les plus sombres de l’Histoire. 

 

Académique en tous points mais parfaitement maîtrisé

Parler de la seconde guerre mondiale au cinéma n’est jamais chose aisée. La principale raison étant que beaucoup de récits ont déjà été contés à propos de héros et/ou résistants en tous genres. Toutefois, le manque d’originalité n’empêche en aucun cas l’histoire d’être passionnante. Il est toujours très intéressant de s’intéresser aux héros du quotidien de la seconde guerre mondiale. 

La réalisation est d’un classicisme à toute épreuve, tout en étant dirigée d’une main de maître (ou en l’occurrence de maîtresse). Virevoltant entre le suspens, l’intimisme, l’adorable ou le tragique, la mise en scène sait exploiter les émotions qu’il faut quand il le faut. Rien de plus, rien de moins. 

On pourrait également qualifier le scénario de classique mais… Il est tellement facile de dire ça de ce genre d’histoire. Après tout, la seconde guerre mondiale est un chapitre que nous avons tellement étudié que nous avons l’impression qu’elle nous est rabâchée en permanence. Or ce n’est pas le cas ici. La seconde guerre mondiale n’est qu’un contexte, une toile de fond pour raconter une histoire d’empathie et de courage, touchant l’être humain quelles que soient ses origines. Raconter l’histoire de ces héros de la seconde guerre mondiale était donc une excellente initiative. Il est toujours bon de rappeler que, durant cette période si difficile, des personnes de la vie quotidienne se sont dressées contre la barbarie, y compris dans des lieux aussi incongrus qu’un zoo. 

Jessica Chastain parfaite (comme toujours)

Est-il encore besoin de présenter Jessica Chastain ? L’actrice de 40 ans, incontournable depuis ces dernières années, nous offre une fois encore une performance nickel. L’interprète de Miss Sloane, Interstellar ou encore Seul sur Mars porte ici le film avec une élégance déconcertante. 

Chastain est dans ce film incroyablement attachante. Sa douceur naturelle la rend parfaitement adaptée au personnage d’Antonina Zabinski, femme très proche des animaux. L’évolution de celle-ci en résistante semble naturelle, tant l’empathie dégagée par ce personnage est palpable. En outre Chastain forme un duo atypique avec Johan Eldenbergh, qui interprète son époux (le fameux gardien de zoo). A eux deux, il forment un couple de résistants crédible et émouvant, que les affres de la guerre rapprochent malgré toutes les mises à l’épreuve 

L’une de ces mise à l’épreuve est d’ailleurs merveilleusement interprétée, puisqu’il s’agit ni plus ni moins que de Daniel Brühl, dans le rôle du nazi Lutz Heck. Le comédien, connu (entre autres) pour l’excellent Good Bye Lénine, interprète son personnage avec un charme inquiétant. Sa sympathie et son allure si admirables au premier abord se transforment rapidement en dégoût pour le spectateur, tant le revirement de celui-ci est détestable. Cependant, ce personnage est plus complexe qu’un simple nazillon à la manque et Brühl est là pour lui donner toute la consistance et le charisme nécessaires. Sa relation avec Antonina est donc à la fois source d’inquiétude pour le spectateur, comme il est vecteur d’espoir, car on sait dès le début l’affection que celui-ci lui porte. 

La femme du gardien de zoo est donc porté par un magnifique panel d’acteurs, avec une Jessica Chastain au top de sa forme en figure de proue. D’ailleurs, quand on voit l’alchimie entre elle et Daniel Brühl, on peut sans peine s’amuser à les imaginer l’un et l’autre dans une comédie romantique. 

Académique en tout point, La femme du gardien de zoo n’en demeure pas moins une histoire passionnante à découvrir. Porté par une Jessica Chastain élégante et talentueuse, ce film nous rappelle que, même après de nombreuses décennies, la seconde guerre mondiale n’a pas fini de nous dévoiler des histoires passionnantes donnant foi en l’humanité. 

Bande-annonce La femme du gardien de zoo

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