Critique « Wallace & Gromit – Coeurs à modeler » de Nick Park : l’humour modelé

Critique « Wallace & Gromit – Coeurs à modeler » de Nick Park : l’humour modelé

Le coeur a ses raisons que la raison ne connait pas. C’est la morale que l’on peut tirer de Wallace et Gromit : Coeurs à modeler. En effet, Wallace est amoureux, dans Rasé de près comme dans Un sacré pétrin. Les deux courts métrages ainsi regroupés, son enthousiasme va précipiter le duo dans de folles aventures aux allures de polar. Entre intrigues, crimes et passions, plongeons dans l’univers burlesque de Wallace et Gromit

 

L’imagination débordante de Nick Park

Amour, quand tu nous tiens… Tu nous fais connaître des péripéties plus dingues les unes que les autres. C’est en tout cas ce qu’a pu penser le pauvre Wallace qui a été, dans ces deux courts-métrages, une véritable victime de l’amour ! Pour notre plus grand bonheur d’ailleurs… Ce n’est pas qu’on aime se réjouir du malheur des autres mais là, Nick Park a fait preuve d’une imagination débordante dans ses deux petits films en les rendant tout simplement géniaux !

Dans Rasé de près, Wallace s’est spécialisé dans le nettoyage de vitres pour arrondir ses fins de mois. Et c’est en allant nettoyer celles de la boutique de laine qu’il rencontre Wendolène dont il tombe immédiatement amoureux. Mais Wendolène est accompagnée d’un chien plutôt étrange nommé Preston qui pourrait bien être l’origine de toutes ces histoires de disparition de moutons à l’origine de la pénurie de laine dans la région…

Rasé de près a remporté plus de 30 prix, dont un Oscar ! Et pour cause, ce film illustre parfaitement l’ingéniosité de Park. En effet, dans ce court-métrage, on découvre une déferlante d’inventions les unes plus folles que les autres comme, par exemple, le Knit-O-Matic de Wallace, le side-car volant, le canon à Porridge ou encore le hache-mouton de Preston ! C’est aussi dans ce court-métrage qu’apparaît pour la première fois un certain…Shaun le mouton !

Dans Un sacré pétrin, Wallace et son fidèle compagnon canin Gromit se lancent dans la boulangerie. Mais après l’ouverture de leur commerce, un mystérieux tueur prend pour cible les boulangers de la ville. Les deux amis sont alors dans un sacré pétrin d’autant que Wallace est tombé sous le charme de Piella, l’égérie des publicités pour les pains Bake-O-Bite et Gromit va devoir résoudre cette affaire tout seul ! Mais comme l’heure est à l’amour, Gromit n’échappera pas à la règle… Eh oui ! Pour la première fois dans ce film inédit au cinéma, Gromit tombe amoureux ! En effet, Fluffy, la petite caniche de Piella semble s’entendre à merveille avec notre ami…

Deux courts-métrages aux synopsis totalement différents. On voit bien là que Park possède une imagination sans bornes et fait voyager le spectateur dans deux mondes différents alors qu’il s’agit des mêmes personnages principaux et du même thème à savoir l’amour. Nick Park arrive même à nous plonger dans un climat de suspense comme dans de vrais polars ! 

Nick Park en compagnie de Wallace et Gromit

Mais outre son incroyable imagination, le succès des courts ou longs métrages de Nick Park réside également dans la brillante création de son univers.

Un univers tout simplement captivant

Si le sujet reste le même, le spectateur se ballade dans deux mondes complètement différents. On sait que le thème des deux courts métrages est l’amour mais avec le cadre qui est complètement différent dans les deux histoires, on ne s’ennuie pas du tout ! Bien au contraire, on s’y plait tellement qu’on a l’impression d’être un personnage et de faire partie de l’intrigue.

Pour nous captiver, Nick Park passe par diverses techniques et se permet même le luxe du « détail qui tue » ! Explications… 

Dans un premier temps, il convient de saluer l’incroyable travail manuel effectué par Nick Park et l’équipe de production Aardman. C’est vrai que c’est tellement bien fait qu’on a tendance à oublier que l’univers a été totalement modelé ! En effet, certains décors de ce film sont très complexes : regardez les minutieux détails dans l’image ci-dessous. On oublie même que tout ce que l’on voit n’est que pâte à modeler. Mais ce qui nous ramène à la réalité ce sont les quelques traces de doigts sur les personnages (comme sur la plante des pieds de Wallace dans notre image). 

Regardez la précision du travail effectué ! C’est comme si Wallace et Shaun étaient vivants !

Ensuite, comme on se trouve dans deux intrigues différentes, le cadre doit nous être placé. Mais comment installer un climat de terreur et de suspense quand on utilise de la pâte à modeler et que les personnage ne sont pas réels ? Cette énigme qui nous paraît impossible à résoudre a pourtant était résolue par Nick Park. En effet, à défaut d’avoir des personnages vivants, Park a misé sur les musiques. En effet, quand l’heure est à la peur, on a une musique inquiétante et quand il faut sortir les mouchoirs, on a une musique bien tristounette. Ainsi, au delà des décors brillamment réalisés, les différentes musiques transportent le spectateur dans l’univers de Wallace et Gromit et lui font ressentir les mêmes émotions que nos personnages principaux.

Enfin, Park se permet la présence du « détail qui tue » pour mettre le spectateur en totale immersion à travers les différents travaux qu’il a pu réaliser auparavant. En effet, on note par exemple l’apparition éclaire de Feathers McGraw, le terrifiant pingouin d’Un mauvais pantalon, dans Rasé de près. Mais réussirez-vous à le voir ?

De plus, dans une scène d’Un sacré pétrin, Fluffy dort dans un carton dans sur lequel il est écrit « Meatabix ». C’est le même carton que Gromit utilise pour espionner Feathers McGraw dans Un mauvais pantalon. Park peut clairement s’octroyer ce luxe au regard de son travail réalisé avec brio !

Tous ces éléments contribuent à nous transporter dans le monde de Wallace, Gromit et leurs compagnons. Mais le plus important c’est que Nick Park ne perd pas le fil conducteur qui conduit ses films au succès à savoir l’humour !

Des personnages tellement drôles

Une chose est sûre : quand on regarde un film avec Wallace et Gromit, on se marre ! Et y a de quoi… Rien que les noms des personnages sont drôles. En effet, dans Rasé de près, le grand amour de Wallace répond au doux prénom de Wendolène… Culdebelier !

De plus, les scènes imaginées par Nick Park sont ridicules et c’est par cela même qu’elles en deviennent drôles. C’est vrai que maintenant, on est quasiment habitué à la naïveté de Wallace et à sa maladresse mais on en rit toujours autant ! Et on ne s’en lassera jamais d’ailleurs… Dans ces deux courts métrages, on est bien servi. 

La rencontre mythique entre Wallace et Wendolène Culdebelier…

Enfin, les traits des personnages sont tellement grotesques. Aussi bien les traits physiques que les traits de caractère d’ailleurs. Par exemple, la chérie de Wallace dans Un sacré pétrin qui se nomme Piella Bakewell (rien que ça !) est l’ancienne égérie des publicités Bake-O-Lite. Mais celle-ci n’est plus le mannequin d’autrefois. En effet, ses kilos superflus font naître en elle un désir de vengeance… Et autant dire que pour la carrure imposante du personnage, Nick Park n’a pas lésiné sur la pâte à modeler… Histoire de bien voir la déchéance de l’ancienne égérie !

Wallace et sa fiancée, l’imposante Piella Bakewell…

 

Ainsi, que vous soyez romantique ou non, en couple ou non Wallace et Gromit : Coeurs à modeler est fait pour vous. Et pour cause, le maître mot de ces deux courts métrages est le RIRE tout simplement ! On peut alors considérer que Wallace et Gromit ont parfaitement su traverser le temps, les formats et les genres tout en gardant cette « pât(t)e » qui est la leur et qui a fait leur succès. Et n’oubliez pas, si vous voulez vous marrer, foncez au cinéma le 8 novembre découvrir les histoires de coeur de notre cher Wallace… et de Gromit !

 

Bande-annonce de « Wallace & Gromit : Coeurs à modeler » de Nick Park 

 

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