Critique « Tout mais pas ça » d’Edoardo Maria Falcone : une comédie divertissante et stéréotypée

Critique « Tout mais pas ça » d’Edoardo Maria Falcone : une comédie divertissante et stéréotypée

Critique « Tout mais pas ça » d’Edoardo Maria Falcone : une comédie divertissante et stéréotypée

Scénario

Réalisation

Acteurs

Thématiques

Summary:
Tout mais pas ça est une agréable comédie italienne qui, malgré les stéréotypes, offre une véritable réflexion sur la religion et sa place dans notre société moderne.

73%

Divertissant

Gare aux sujets sensibles ! Tout mais pas ça, comédie italienne réalisée par Edoardo Maria Falcone, arrive dans nos salles ce mercredi 26 novembre. Tommaso, chirurgien reconnu et laïc jusqu’au bout des ongles, désespère en apprenant que son fils Andrea souhaite devenir prêtre. Il cherche alors à lui faire changer d’avis coûte que coûte… Traitant du rapport à la foi dans notre société moderne, cette comédie aborde avec humour un sujet assez tabou dans notre société toujours plus cartésienne. Focus ! 

Des personnages aussi attachants que stéréotypés : 

Il faut l’admettre : malgré l’affection que l’on porte aux protagonistes, ceux-ci ne se démarquent pas par leur subtilité. Chaque personnage représente avant tout un trait de caractère poussé à son paroxysme. Cela permet une évolution psychologique assez convenue et facile à suivre pour le grand public. 

Néanmoins, si ces personnages représentent tous (ou presque) un stéréotype, force est de constater que l’attachement que nous leur portons est sincère. Plus encore qu’un attachement, une véritable identification est possible vis-à-vis de chacun des protagonistes et de leurs dilemmes. Malgré les caractères très différents, chaque figure gère des conflits intérieurs auxquels nous avons déjà eu affaire. Tommaso doit se remettre en question dans son cartésianisme pour s’approcher de la foi et de ce qu’elle peut représenter intérieurement. Le prêtre Don Pietro quant à lui n’a pas peur du débat concernant la pertinence de sa croyance et ce qu’elle lui apporte. Chaque être humain a un jour été aux prises avec ces questions existentielles, ce qui nous oblige à nous impliquer émotionnellement et intellectuellement dans leurs débats théologiques

Les personnages secondaires sont également très attachants, notamment en raison du fait qu’ils aident à l’évolution des personnages principaux (et vice-versa). Quand la femme de Tommaso remet leur couple en question, lui remet toute sa philosophie de vie en cause. En quand Tommaso prend ses enfants de haut concernant leurs choix, eux prouvent la pertinence de leurs actions, tout en se remettant eux-mêmes en question. Cela donne lieu à des échanges aussi intéressants que drôles, malgré tous les clichés que cela implique. Ces échanges sont d’ailleurs filmés de manière particulièrement intimiste, ce qui nous permet de nous impliquer d’autant plus dans les dilemmes et les conversations présentés. 

Modernité et foi en Dieu

Malgré son emballage comique, Tout mais pas ça questionne l’utilité de la foi dans notre société moderne, fondée sur le matérialisme et la rationalité. Nous assistons à l’affrontement idéologique entre Tommaso (médecin prétentieux au laïcisme exacerbé) et Don Pietro (prêtre atypique remarquablement interprété). 

La dichotomie entre ces deux personnages pousse le spectateur à une réflexion poussée vis-à-vis de la place que nous laissons actuellement à la religion. Indirectement, le film pointe du doigt le fondamentalisme laïque de certaines personnes, qui en seraient presque à demander l’éradication totale de la religion. Le paradigme choisi est intéressant, puisque l’histoire a généralement tendance à se focaliser sur l’aspect extrême des religions. Or il est bon de montrer que l’intégrisme existe également chez les laïques et qu’il peut être tout aussi stupide. Tout mais pas ça montre indirectement que notre société matérialiste pourrait avoir besoin de se raccrocher à une certaine forme de mysticisme et de remise en question spirituelle. Toutefois, cet avis n’est que suggéré et en aucun cas imposé. Le spectateur est libre d’accepter ou non la spiritualité qui lui est proposée, en fonction de s’il en ressent le besoin. 

Ce rapport à la foi est amené par le film de trois manières, représentant les diverses façon d’aborder et ressentir la religion. La première façon est le dialogue. La discussion permet de transmettre ses opinions et de s’enrichir intellectuellement. Et il faut admettre que les dialogues entre tous les personnages sont très réussis. Ceux-ci nous transmettent particulièrement bien leurs doutes, leurs certitudes et leur réflexions personnelles. Le second moyen d’amener le rapport à la foi est l’intimisme évoqué ci-dessus. En s’approchant au maximum des personnages, la caméra capture au mieux leurs émotions, nous rendant automatiquement proches d’eux. Cela est d’autant plus flagrant dans les lieux saints, notamment dans l’église en reconstruction, où l’on ressent à quel point la spiritualité peut s’y développer, que l’on soit croyant ou non. La troisième et dernière manière est la symbolique. En se servant de divers symboles religieux ou même païens, le film appuie sur l’importance de la spiritualité au sens large (sans qu’il y ait besoin de passer par une religion quelconque). 

Malgré un emballage assez classique voire stéréotypé, Tout mais pas ça offre au spectateur une véritable réflexion théologique. De quoi débattre et avoir envie de réfléchir pendant un moment en sortant de la salle de cinéma. En bref : une bonne petite comédie familiale venue de chez nos voisins italiens. 

Bande-annonce Tout mais pas ça

Laissez votre commentaire