Critique « Tout le monde debout » de Franck Dubosc : Nous on se lève et on applaudit

Critique « Tout le monde debout » de Franck Dubosc : Nous on se lève et on applaudit

Critique « Tout le monde debout » de Franck Dubosc : Nous on se lève et on applaudit

Scénario

Casting

Réalisation

Répliques

Summary:
Pour son premier long-métrage, Franck Dubosc dévoile un film garni d'humour et de tendresse, grâce à des personnages bien pensés et parfaitement incarnés.

78%

Très bon

User Rating: 4.7 (2 votes)

Passer derrière la caméra était un souhait qu’il avait depuis son jeune âge. Franck Dubosc s’est enfin lancé avec Tout le monde debout, et l’a fait avec brio.

Tout le monde debout pour Franck Dubosc

On s’attendait à une comédie populaire presque banale, à l’humour quelque peu lourdingue ne frisant pas d’originalité. Franck Dubosc nous démontre le parfait contraire avec un premier long-métrage face et derrière caméra immensément sympathique et sans fausses notes. Au départ, l’humoriste avait souhaité « fonctionner par étapes » comme il le confie. En effet, il a d’abord entièrement écrit ce scénario sans s’engager à réaliser ce long-métrage, ni même à jouer dedans. Résultat, il a finalement fait les 3.

Dans cette comédie romantique, l’acteur campe un homme dragueur prénommé Jocelyn, qui s’ancre dans le mensonge en prétendant être handicapé pour tenter de séduire une de ses voisines, interprétée par Caroline Anglade. Cependant cette dernière décide de lui présenter sa sœur Florence (Alexandra Lamy), elle-même en fauteuil roulant, dont il va tomber amoureux. Son « faux handicap » va donc se retourner contre lui…

Sur le papier, le scénario s’apparente comme étant périlleux et osé, qui inciterait presque à reculer d’un pas. Bien heureusement, notre curiosité s’est imposée. Tout le monde debout marie intelligemment humour et tendresse au thème délicat qu’est le handicap. Mais ce n’est pas un film sur handicap. En effet, au-delà du souhait de faire rire, un de ses objectifs était de survoler le fauteuil roulant, qu’il aborde avec beaucoup de bienveillance. Franck Dubosc a d’ailleurs insisté :

« Souvent, on regarde le fauteuil avant la personne ; on devrait faire l’inverse ».

Il nous le démontre joliment, en présentant l’amour comme dominant face à la barrière du handicap. Un choix pouvant paraître simpliste, mais qu’il délivre avec finesse et élégance tout au long du film.

Lamy lumineuse, Zylberstein prodigieuse

Pour un premier long-métrage, Franck Dubosc a frappé fort en terme de casting. On savoure l’éclectisme des personnages, tous dotés d’une richesse éclatante et incarnés par des comédien(ne)s d’une justesse remarquable.

Il a longuement hésité à interpréter un rôle, mais il a finalement sauté le pas : Franck Dubosc se met donc dans la peau de Jocelyn, un homme à la tête d’une entreprise de sport. La drague, le goût du challenge et le mensonge, il les côtoie beaucoup. Des facettes de son caractère qu’il complète par un excellent sens de l’humour, pas si potache qu’il en aurait pu paraître. En plus d’être finement drôle, le réalisateur révèle un personnage transpirant de sensibilité, dévoilant une touchante envie de bien faire qui a tout pour plaire. C’est ici qu’est la surprise.

L’autre personnage phare se prénomme Florence, paraplégique suite à un accident, incarnée par l’incroyable Alexandra Lamy. On se demandait pourquoi Franck Dubosc avait parié sur elle ; à la fin, la question ne se pose plus. L’actrice joue avec justesse et retenue, tout en délivrant une lumière et un éclat subjuguant au film, appuyés par un brin d’émotions. Alexandra Lamy rend réellement tout crédible. Un sourire rayonnant qui révèle une femme embellie de gaieté, qu’on apprécie dès les premières secondes.

Franck Dubosc s’est également offert l’amicale participation d’autres acteurs, à savoir François-Xavier Demaison, Laurent Bateau ou encore Claude Brasseur, tous irréprochables. On salue les prestations de Caroline Anglade et Gérard Darmon, qui excellent.

Pour compléter son casting, Franck Dubosc avait Elsa Zylberstein en tête, pour qui il a écrit un rôle presque sur-mesure. Elsa Zylberstein, c’est un peu la cerise sur le gâteau de ce long-métrage. Elle incarne l’assistante de Jocelyn, une femme sans artifice et dont l’authenticité frappe. Elle se colore d’une douce sensibilité, mais ce qui jaillit le plus, c’est son humour délicieux qui nous comble malgré elle. Presque une frustration qu’elle ne soit qu’un personnage secondaire…

Des répliques drôlissimes qui font mouche

Passer du rire aux larmes en une poignée de seconde, c’est ce qui caractérise ce film très personnel.

Insister sur l’humour du film ne peut qu’être incontournable. On déguste des répliques minutieusement pensées, qui nourrissent la totalité de ce long-métrage.

En effet, Franck Dubosc révèle au travers des personnages des dialogues débordant de finesse et d’intelligence. On retient indéniablement les comiques, mais aussi les plus touchants. Celui où Jocelyn raconte « pourvu que l’amour dure le plus longtemps possible » et où Florence, quant à elle, se dit « pourvu qu’il arrive un jour » illustre une partie de la belle palette de sensibilité inscrite dans ce film. Des messages bouleversants et aiguisés d’originalité, qui parsèment le film d’émotions.

On citera aussi l’importance des personnages, très différents et attachants, que Franck Dubosc dévoile avec ruse. La métamorphose de Jocelyn tout au long de l’histoire en est un parfait exemple. Durant les premières minutes, il nous a fait croire à un homme excessivement lourd, pour finalement feinter les spectateurs en les amenant littéralement ailleurs. Il est vrai qu’en visionnant la bande-annonce, on est loin d’imaginer toute la tendresse dont il est doté. Ce changement, propice au sourire, recolore ce personnage. C’est dans cette lignée que Dubosc surprend également. On s’attendait à un éclat d’humour presque évident de sa part, mais pas à une telle sensibilité. Finalement le film est à l’image de la personne qu’il est dans la vraie vie.

Cette œuvre est également agrémentée par de belles idées de mises en scène. On pense à la sublissime scène du dîner romantique sur la terrasse se transformant en piscine. Un instant charnel saupoudré d’une pudeur délicieuse, peut-être même personnelle, car on sait ô combien Franck Dubosc est un être pudique. Un moment touchant, tout comme les clins d’œil subtils qu’il greffe au film tels que le mal-être, l’acceptation de soi, la différence et évidemment l’invalidité, le handisport et le mensonge.

Mais le message affirmé que l’on retient, c’est le handicap que Franck Dubosc nous fait oublier. Il nous démontre avec brio que le fauteuil n’est pas une barrière sociale et qu’il ne définit et ne caractérise pas la personne, grâce à une justesse dans la réalisation et dans l’interprétation des personnages.

Défi relevé pour l’humoriste, acteur et désormais réalisateur Franck Dubosc, qui apporte un regard bienveillant sur le handicap. En maniant rires et émotions au travers d’un casting 5 étoiles, il nous plonge dans un long-métrage indéniablement réussi. Que vous appréciez ou non Franck Dubosc, nul doute que vous en sortirez satisfait. Tout le monde debout, en salles le 14 mars, vous ouvre la porte d’un instant plaisant et gracieux, qui peut combler qu’importe l’âge. Bon vent à ce film qui mérite son heure de gloire, et dont on ose même espérer une suite.

Bande-annonce Tout de monde debout 

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