Critique « The Predator » de Shane Black : le retour d’une légende ?

Critique « The Predator » de Shane Black : le retour d’une légende ?

Critique « The Predator » de Shane Black : le retour d’une légende ?

Réalisation

Scénario

Casting

Bande-son

Summary:
Les pires prédateurs de l'univers sont maintenant plus forts et plus intelligents que jamais, ils se sont génétiquement perfectionnés grâce à l'ADN d'autres espèces. Alors qu’un jeune garçon devient accidentellement leur cible, seul un équipage hétéroclite d'anciens soldats et un professeur de science contestataire peuvent empêcher l’extinction de la race humaine.

45%

Honnête

Après sa grande période des années 1980 et un passage à vide, Shane Black connaît un renouveau hollywoodien mixant blockbusters (Iron Man 3) et films plus indépendants (Kiss Kiss Bang BangThe Nice Guys). Avec son talent pour les dialogues et pour caractériser les personnages, il y avait de quoi avoir grand espoir pour ce nouvel opus du fameux extraterrestre aux mandibules. D’autant plus que Shane Black était au casting du premier opus ! Alors ce The Predator, on approuve ? Focus.

Là où le film tient parfaitement ses promesses est dans la violence. Shane Black ne lésine pas sur les effets gores (sans être trop choquant car il ne faut pas déconner non plus on est pas chez Tarantino ici) et cela reste fun à voir. Il est en réalité assez jouissif de voir le sang couler, les membres arrachés ainsi que les personnages massacrés méthodiquement les uns après les autres comme dans un bon vieux Alien (Il fallait bien payer son tribut aux Alien vs Predator). Pari réussi ? Et bien pas vraiment…

Tout d’abord, si Shane Black est un excellent scénariste, et très bon dialoguiste, il est un moins bon réalisateur. Il manque fortement de style visuel. Qui, si ce n’est pas un mal, ne permet pas à ce Predator de se détacher du tout venant. Sans compter qu’il y a un grand nombre d’erreurs de réalisation, de mauvaises coupes et de cadrage étranges. Ce qui peut passer pour un petit film indépendant, qui peut jouer sur les dialogues et l’histoire, marche beaucoup moins bien avec un blockbuster ayant connu un grand nombre de reshoot. Car le film connaît un grand nombre de maladresse d’écritures. 

The Predator est parsemé d’un certain nombre de maladresses et d’un je-m’en-foutisme ambiant. Si les personnages de mercenaires sont assez attachants et drôles (l’humour est l’une des réussite du film), les voir se faire massacrer les uns après les autres ne provoquent pas énormément d’émotions. Alors que les personnages sont plutôt bien introduits (ce qui, vu leur nombre, est une franche réussite), les obstacles auxquels ils ont affaire ne sont pas assez intenses et douloureux pour que l’on puisse réellement s’attacher à eux. Autre maladresse d’écriture : la tentative de représenter des catégories de la population que l’on ne voit pas souvent dans des blockbusters : à savoir les gays et les autistes. La représentation des gays est faite de manière intelligente et détruit tout les clichés (les deux personnages en couples sont tout deux, des mercenaires qui incarne la virilité et la brutalité), ce qui est assez réjouissant. Quand à l’autisme, même si cela part d’une bonne intention, ce n’est pas très réussi. Cette représentation manque clairement de réalisme et servira essentiellement à attirer les parents ayant des enfants autistes (le nombre d’autistes augmente en flèche aux États-Unis). Malgré quelques idées intéressantes, ce n’est malheureusement que l’un des nombreux problèmes du film.

Le fait de ne pas pouvoir s’attacher aux souffrances des personnages a plusieurs conséquences : tout d’abord, de créer un climax indigent et bien long. Puis de provoquer une violence inutile qui n’a aucune conséquence à part provoquer du spectacle. Bien que plaisant, et rentable puisque désormais à la Fox, les films R-17 sont bien vus (les succès de Deadpool et Logan aidant). Ce qui devient de plus en plus banal, avec des scènes de destruction massive dans les Marvel, et d’autre films de cet acabit. Ce qui, mine de rien

, amène à se demander si Shane Black à bien compris ce qu’est Predator.

Loin, très loin du chef d’oeuvre de John McTiernan, Shane Black se démène pour livrer un semblant d’honnête série B (le film fait pour 80 millions de dollars). Parfait pour rentabiliser son pop-corn, mais pas de quoi avoir un film qui réussit à redonner ses lettres de noblesses à l’un des monstres les plus mythiques de l’histoire du cinéma… 

 

1 Comment on this Post

  1. Même le 3ème était mieux

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