Critique « The Disaster Artist » de James Franco : récit d’un tournage « catastro-épique »

Critique « The Disaster Artist » de James Franco : récit d’un tournage « catastro-épique »

Critique « The Disaster Artist » de James Franco : récit d’un tournage « catastro-épique »

Réalisation

Originalité

Casting

Summary:
Comédie drôle et grinçante sur le tournage du plus grand Nanar de l'histoire, "The Disaster Artist" offre également une réflexion sous-jacente sur le septième art et le processus de création.

83%

Excellent

Le nom de Tommy Wiseau vous est-il familier ? Si non, c’est normal puisque en France, peu connaissent son seul et unique film – The Room -, nanar désormais culte outre-Atlantique. Le réalisateur James Franco s’empare de cette histoire loufoque, surréaliste et propose une œuvre géniale sur l’art, la création, la célébrité et le cinéma. 

The Disaster Artist : dans les coulisses du « film le plus mauvais »

The Disaster Artist reprend l’histoire du tournage de The Room, réputé aujourd’hui pour être le plus mauvais film de tous les temps. Réalisé par un inconnu d’Hollywood – Tommy Wiseau -, le long-métrage est sorti en 2003. Alors que son auteur pensait réaliser un « chef d’œuvre » de comédie dramatique sur fond de triangle amoureux, le film a marqué par sa piètre qualité, tant au niveau de la réalisation, de l’image, que de l’histoire et ses intrigues. Lors de sa sortie dans quelques cinémas de Los Angeles, il a connu un bide critique et commercial phénoménal. A peine 1.800 euros de recettes sont réalisées au bout des deux semaines de projection, pour un long-métrage qui a coûté 6 millions. Mais par un curieux effet de bouche à oreille et beaucoup de second (voire troisième…) degré, le film a réussi à se hisser dans la lumière, et est devenu le plus culte des nanars. Aujourd’hui encore, The Room continue d’être projeté dans différentes salles et reçoit le soutien d’une communauté de fans inconditionnels.

C’est de cette histoire que s’empare James Franco, acteur, réalisateur, scénariste et écrivain américain, pourThe Disaster Artist. A la réalisation mais aussi incarnant le protagoniste du film, il est entouré des comédiens/nnes Dave Franco, Seth Rogen, Ari Graynor, Josh Hutcherson, Alison Brie ou bien encore Jacki Weaver. Aidé du livre éponyme de Greg Sestero, l’un des acteurs de The Room, James Franco retrace le peu de vie que l’on connait de Tommy Wiseau (ce dernier restant mystérieux), ainsi que sa rencontre avec Greg Sestero dans une école d’acteurs de San Francisco, leurs tentatives pour percer et la décision de réaliser leur propre film.

The Disaster Artist se révèle être un long-métrage original et très bien ficelé sur le tournage ahurissant de ce film sérieux destiné à devenir « nanar ». Souvent très drôle en situations, dialogues et scènes incongrues et absurdes, le long-métrage n’a pas l’exclusivité de l’humour et est également le moyen d’une réflexion sur l’art (le septième en particulier…), la création et ses difficultés, la notoriété et sa recherche, ainsi que la grandeur et folie d’un homme dans la quête de réaliser ses rêves.

Une mise en abyme sur l’art et la création

Si The Disaster Artist montre l’absurdité et le ridicule du personnage de Tommy Wiseau, il en fait aussi quelqu’un de démesurément passionné et prêt à tout pour vivre sa passion. L’homme, incongru, drôle sans le vouloir, souvent dur et cruel, reste humain et entier. Ainsi, le film de James Franco a un goût d’hommage, où l’on sent poindre, en parallèle de l’humour et de la satire, une certaine fascination pour ce héros du cinéma bis, qui a choisi, pour intégrer Hollywood et goûter au rêve américain, de passer par la porte de sortie.

Dans les situations ubuesques et totalement risibles qui font littéralement le film, se construit en filigrane une volonté de questionner l’Art. Est-on artiste car l’on produit du Beau, du réussi, du novateur, de l’original ou de la qualité, ou simplement en créant quelque chose qui s’inscrit dans les disciplines de l’art, peu importe son résultat ? C’est la grande question du film, et ce dernier, sans réellement la conscientiser ni y répondre, choisit de laisser au spectateur son propre avis…

 

 

The DIsaster Artist sort ce mercredi 7 mars dans les salles obscures de l’Hexagone. Le film, réussi et efficace, est à découvrir pour ceux qui aiment que le septième art soit introspectif, grisant, original et surprenant. James Franco, multitâche (clin d’œil à Tommy Wiseau..?), propose une performance d’acteur incroyable et réussit à faire de la thématique d’un nanar un grand film. Seule ombre au tableau : les accusations d’harcèlement sexuel, auxquelles l’artiste a dû faire face dernièrement, et qui pourraient, pour certains, venir ternir la fête et modérer l’enthousiasme…

Bande-annonce de The Disaster Artist :

 

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