Critique « Star Wars 8 – Les derniers Jedi » de Rian Johnson : le renouveau de la saga ?

Critique « Star Wars 8 – Les derniers Jedi » de Rian Johnson : le renouveau de la saga ?

Critique « Star Wars 8 – Les derniers Jedi » de Rian Johnson : le renouveau de la saga ?

Réalisation

Scénario

Personnages

Acteurs

Rythme

Photographie

Summary:
Avec ses qualités et ses défauts, Star Wars 8 - Les derniers Jedi pourrait bien marquer un renouveau dans la mythique saga galactique.

80%

Très Bon

Après une longue attente, Star Wars 8 – Les derniers Jedi débarque enfin dans notre galaxie ! Rey a désormais retrouvé Luke et souhaite le convaincre de la former aux arts Jedi. Mais en parallèle, le Premier Ordre (qui a réduit la Nouvelle République en poussière) compte bien affirmer sa puissance. S’engage alors une campagne militaire visant à balayer une fois pour toute la résistance… A l’instar de tous les épisodes de la franchise, Les Derniers Jedi apporte son lot de positif mais aussi d’imperfections. Cependant, ce nouvel opus pourrait bien marquer un réel renouveau pour la saga. Focus (sans spoiler) ! 

Beaucoup d’inattendu, moins de manichéisme 

Si Star Wars 8 démarre pile là où il nous avait laissé dans le 7, nous sommes très rapidement surpris par la tournure que prennent les événements. Luke n’est plus du tout le même que celui dont nous nous rappelions, Kylo et Rey développent leur talent pour la force d’une manière complètement nouvelle dans la saga, quant à la résistance et au Premier Ordre, on peut dire que ceux-ci subissent des changements de taille. Bref ! Comme l’équipe du film nous l’évoquait en interview : Rian Johnson a dirigé son histoire dans une direction inattendue et cela fait du bien ! Le véritable plaisir se trouve surtout dans la nuance qui commence à s’installer dans la saga. Car même si Star Wars est une des sagas les plus emblématiques qui soient, il faut admettre que celle-ci a parfois du mal à sortir de son manichéisme. Cependant, Les derniers Jedi nous offre un panel de personnages empreints de nuances.

On pense bien évidemment à Kylo Ren, déjà tiraillé entre l’ombre et la lumière dans Star Wars 7 – Le réveil de la Force. Ici, le jeune adepte du côté obscur s’enfonce un petit peu plus dans les ténèbres, mais ne manque pas d’agir de manière surprenante à de nombreuses reprises. Sa mère, la Princesse Leia (notre regrettée Carrie Fisher), est égale à elle-même en chef de guerre, mais s’avère bien plus sage et moins impulsive qu’elle n’a pu l’être par le passé. En outre, la princesse (désormais sénatrice d’ailleurs) risque d’en surprendre plus d’un lors d’une scène qui risque de devenir emblématique. On ne vous en dit pas plus, si ce n’est que le fantasme de beaucoup de fans va enfin se réaliser…

S’agissant de Rey, celle-ci continue son chemin de petit prodige de la Force (l’expression est faible) et commence à explorer les diverses facettes de son pouvoir (de la plus claire à la plus sombre). La petite surprise vient de Poe Dameron ! Lui qui était seulement présenté comme le meilleur pilote de la résistance (ce qu’il est toujours), s’avère être bien plus tête brûlée qu’auparavant. Nous avons désormais affaire à un personnage pour qui la fin justifie les moyens, malgré la bienveillance qui le caractérise. Une évolution sympathique du personnage, qui nous laisse espérer un approfondissement de sa psychologie dans le prochain épisode. L’évolution de ce personnage se couple d’ailleurs à l’évolution de Leia, puisqu’il il entretient avec elle une relation mère-fils assez sous-jacente et fort appréciable. Enfin, la véritable surprise vient du seul et unique : Luke Skywalker ! 

Un Luke Skywalker inattendu mais nécessaire 

Attendez-vous à retrouver un adepte de la Force bien différent que celui que vous aviez laissé dans Le retour du Jedi ! Porté par un Mark Hamill au summum de son charisme, Luke est désormais aussi vieux que désabusé, mais pas seulement… Ce  maître Jedi s’avère être aux antipodes de tout ce qu’on aurait pu attendre de lui, et ceci n’est pas plus mal. Empli de peur, de doutes et de rancœur, Luke est loin d’être le maître que nous avons pu imaginer. En outre, celui-ci s’avère être beaucoup moins parfait qu’il n’a pu l’être par le passé. Ce personnage jouit donc enfin de toute la complexité qu’il mérite (à l’instar de tous les Skywalker). 

Toutefois, malgré son développement inattendu, 30 ans se sont écoulés et Luke est enfin le puissant maître Jedi que nous espérions voir à l’écran. Si celui-ci met du temps avant de nous le montrer, quelle claque nous prenons dans la figure quand il passe à l’action. En plus d’être aussi badass que prévu, Luke nous présente une toute nouvelle facette des pouvoirs de la force, jusque-là jamais exploitée dans les films. Et malgré tout cela, nous restons sur notre faim car nous avons l’impression de ne pas en avoir assez appris sur lui. Un développement encore plus poussé de son background n’aurait pas fait de mal à la narration ni au contexte. On pense notamment au temple Jedi saccagé par Kylo Ren. Si les explications nous ont enfin été clairement données, nous aurions aimé en voir plus. Il s’agit tout de même de la destruction d’un temple Jedi et de l’extermination de ses Padawan. La dernière fois qu’une chose pareille est arrivée, Georges Lucas en avait fait une des scènes les plus emblématiques de la saga Star Wars. Un focus encore plus approfondi sur Luke n’aurait donc pas été de trop, surtout si on prend en compte son absence très frustrante dans Le réveil de la Force. 

Cependant, même si nous restons sur notre faim en tant que spectateur, il faut admettre que la psychologie trouvée pour Luke pouvait difficilement être plus originale. Rendre ce personnage plus complexe et sombre qu’il ne l’était à la base permet de prendre les spectateurs et leurs suppositions à contre-pied. Il est très audacieux de la part de Rian Johnson d’avoir fait de Luke un personnage aussi torturé. C’est d’ailleurs pour cela que Luke est le point le plus intéressant du film et que nous aurions aimé en savoir encore plus sur son passé ainsi que son évolution en tant que Jedi. Peut-on espérer en savoir plus dans l’épisode 9 ? L’avenir nous le dira…

Un changement de cap pour l’épisode 9 

Voilà qui devrait fermer le clapet de tous ceux qui pensent que cette nouvelle trilogie sera entièrement calquée sur l’ancienne ! En effet, comme évoqué précédemment, Star Wars 8 – Les derniers Jedi prend une direction totalement différente de ce à quoi on pouvait s’attendre pour la suite. Qu’il s’agisse des Jedi, du Premier Ordre, des méchants ou encore de la résistance : tout est fait pour s’éloigner au maximum de ce qui semblait prévu. 

Il s’agit indéniablement d’une bonne chose, car cela offre des possibilités de narration absolument infinies. En se libérant des carcans de la trilogie originale, cette postlogie devrait enfin pouvoir prendre son indépendance et s’affirmer comme une histoire à part entière. Bien évidemment, de nombreux parallèles peuvent encore être tissés par rapport à d’anciens épisodes, mais ceux-ci s’avèrent bien plus subtils que dans le précédent opus. Espérons maintenant que J.J. Abrams saura continuer sur cette voie avec l’épisode 9, plutôt que de se conformer aux caprices des fans désireux de revoir uniquement l’ancienne trilogie (et qui ensuite râlent car Le Réveil de la Force n’est pas assez original…). La saga Star Wars a suffisamment de potentiel pour que nous n’ayons pas à revoir éternellement la même chose (en témoigne la prélogie, mine de créativité quoiqu’en disent ses détracteurs). Affaire à suivre donc pour la suite de cette postlogie, en souhaitant que la conclusion nous offre tout autant (voire même plus) de nouveauté. 

Un problème flagrant de narration  

Star Wars 8 – Les derniers Jedi, jouit d’une véritable originalité dans son traitement et dans son histoire. Beaucoup d’événements sont impactants, nouveaux et ont le mérite de casser le manichéisme très présent dans la saga. Cependant, le film souffre de défauts de rythme assez visibles et cela est dû à plusieurs facteurs. 

Le premier facteur est le laps de temps durant lequel se déroule l’histoire. Il est beaucoup trop court ! Si cela est efficace pour faire monter la tension, cela rend superficiel le développement psychologique des personnages, qui semble survenir beaucoup trop vite. Cela ne dérange pas pour certaines figures comme Poe Dameron, mais il est difficile de croire que Luke et Rey puissent évoluer aussi rapidement en termes de psychologie. 

Le second facteur vient du fait que l’arc narratif de Finn semble presque forcé. Celui-ci s’avère un peu long et semble être juste un prétexte pour nous présenter la planète casino Canto Bight. En soi, c’est un véritable plaisir de découvrir ce nouveau lieu de l’univers Star Wars et force est de constater qu’il lui ont même donné une profondeur politique inattendue. Mais malheureusement, face à l’histoire de Luke, Rey et Kylo Ren, cet épisode du film semble presque fade et nous donne surtout envie de retourner à l’intrigue de ces derniers. Toutefois, l’épisode de Canto Bight est le moyen d’introduire un élément qui risque d’être TRÈS intéressant pour Star Wars 9 (en témoigne la scène finale qui se déroule sur cette planète). Cet épisode n’aura donc pas été totalement vain, car son exposition du contexte politico-économique et l’introduction d’éléments prometteurs risquent d’en faire un lieu intéressant pour la suite des aventures de nos héros. 

Enfin, le dernier problème n’est pas dû à l’histoire en elle-même mais au standard narratif qu’impose Disney pour ses blockbusters depuis plusieurs années : le film ne prend pas son temps ! Alors qu’on s’entende, on est loin du niveau de narration épileptique du Marvel Cinematic Universe. Cependant, bien trop peu de moments prennent le temps de poser une ambiance pour nous offrir un moment d’émotion sincère. Même si plusieurs scènes sont très émouvantes, le film manque d’une certaine majesté que l’on retrouvait dans la trilogie originale ainsi que dans la prélogie. Si ce Star Wars avait pris un petit peu plus son temps aussi bien pour l’ambiance que pour le contexte, celui-ci aurait été tout bonnement parfait. 

Les derniers Jedi, apporte l’essentiel de ce que l’on attend d’un Star Wars : des personnages charismatiques, une aventure épique, des moments d’émotion et de la nouveauté. Si certaines choses manquent toujours cruellement (un contexte politique plus marqué, une back-story plus développée pour Luke et d’autres personnages…), Il faut bien admettre que cette suite est une vraie réussite. Rian Johnson était indéniablement l’homme de la situation et sa désignation pour s’occuper d’une nouvelle trilogie est une véritable bonne nouvelle pour la saga. Reste maintenant à savoir si le film rencontrera l’approbation du public. Réponse ce mercredi 13 décembre ! 

 

Bande-annonce Star Wars 8 – Les derniers Jedi 

2 Comments on this Post

  1. Oulàlà non, non non. Il n’y a d’originalité ni dans le scénario, ni dans le traitement… Je ne peux pas laisser dire ça sans réagir ! Outre les multiples Deus Ex Machina qui émaillent le film (dont certains sont juste épiques… mais dans le mauvais sens du terme), les repompes du reste de la saga et de l’univers étendu (encore… quand Disney décide de « renier l’UE, en fait, fallait comprendre qu’ils allaient le pomper sans lui donner aucun crédit, quoi… donc après avoir cracher sur les fans, on les spolie, gg 😀 ), il n’y a aucune nouveauté dans le traitement réalisé. Prenons par exemple le rouge et blanc final (cf. la photo), bon, ben quand on a vu Crimson Peak par exemple, on ne peut plus parler d’originalité, quand bien même cela sert le propos. Et au passage, la rapidité de mise en situation est typique de Star Wars (faut revoir les deux trilogies, hein…), donc la mettre en défaut, c’est raté ! Bref… dommage pour l’article !

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    • Hello ! C’est vrai qu’il n’y avait aucune originalité dans la mort de deux des personnages principaux, dont celle d’un personnage qu’on n’imaginait pas mourir avant l’épisode IX 😉 En outre, de nouvelles utilisations de la force nous sont présentées, Luke est totalement aux antipodes de ce qu’attendaient les fans, le manichéisme est beaucoup moins présent… Beaucoup de choses qui SONT originales, même si certaines sont imparfaites.

      Si les Deus Ex Machina ont de quoi rebuter certaines personnes (ce que je conçois parfaitement), ce que tu qualifies de « repompes de l’univers étendu » ne sont ni plus ni moins que la canonisation d’événements qui n’existaient plus (ce qui pour le coup est une bonne chose).

      En outre, même si j’aime beaucoup l’univers « légendes », il faut bien admettre que celui-ci était bordélique et incohérent (malgré toutes les incroyables histoires qu’il présente et dont je suis fan). Il est facile d’oublier les incohérences de l’ancien univers étendu pour brandir sa suppression comme un argument, sans prendre le moindre recul sur cette décision de Disney.

      Le fait d’avoir supprimé l’ancien univers étendu pour en créer un nouveau s’est avéré être, à long terme, une bonne chose pour la continuité de la saga. Non seulement les nouvelles productions sont de qualité (notamment les nouveaux comics), mais en plus cela est fait de manière cohérente. Même si cela peut-être frustrant pour certaines histoires je le concède (histoires qui peuvent toutefois encore être canonisées pour certaines).

      Et au passage, la rapidité de mise en situation des deux trilogies précédentes n’empêchait pas un contexte clair (ce qui n’est le cas ni dans le VII, ni dans le VIII). Désormais pour connaître le contexte politique, il faut s’attarder sur le nouvel univers étendu (encore lui) et ce n’est pas normal. Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Ici, tout est précipité et non pas rapide. Revois les deux anciennes trilogie (comme tu le préconises si bien) et tu te rendras comptes d’à quel point tout est limpide (là où ça ne l’est toujours pas après deux épisodes dans cette postlogie). Bref, dommage pour les approximations, même si certaines réflexions pouvaient être intéressantes…

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