Champs-Elysées 2018 – « La trajectoire du homard » de Vincent Giovanni et Igor Mendjisky : une drôle de fable théâtrale

Champs-Elysées 2018 – « La trajectoire du homard » de Vincent Giovanni et Igor Mendjisky : une drôle de fable théâtrale

Champs-Elysées 2018 – « La trajectoire du homard » de Vincent Giovanni et Igor Mendjisky : une drôle de fable théâtrale

Réalisation

Dialogues

Acteurs

Scénario

Summary:
Si l'on ressent qu'il a été tournée dans l'urgence, La trajectoire du homard est une réussite absolument convaincante.

70%

Charmant

Plongez au cœur des coulisses du théâtre, une heure avant la première représentation ! Voilà ce que vous propose La trajectoire du homard, film réalisé par Vincent Giovanni et Igor Mendjisky. Ce film présenté en compétition française pour le Champs-Elysées Film Festival a la particularité d’avoir été pensé, écrit et tournée en l’espace de trois semaine. Un gros challenge que s’est lancé l’équipe du film. Alors, le défi a-t’il été relevé avec succès ? Focus ! 

Des personnages hauts en couleurs 

L’avantage quand on parle de théâtre et qu’on fait appel à des comédien(ne)s venant de ce milieu, c’est qu’on peut présenter des figures hautes en couleurs. C’est ce que fait avec brio La trajectoire du Homard. Chaque personnage est identifiable très rapidement, aussi bien par son look que par son caractère. Cela permet un attachement instantané aux membre de cette drôle de troupe. L’interprétation est également pour beaucoup dans l’attachement aux protagonistes. Les acteurs donnent tout ce qu’ils ont et semblent prendre beaucoup de plaisir à jouer leurs rôles respectifs. Qu’ils soient antipathiques, amicaux ou déconnectés de la réalité, chaque figure est hilarante à un moment ou à un autre. En passant d’un personnage à un autre à la manière de scénettes théâtrales, le rythme ne faiblit quasiment jamais et les interactions entre les protagonistes nous tiennent en haleine durant tout le film.

Si l’on devait cependant trouver un point négatif à ces personnages, ce serait leur manque cruel de subtilité. On peut difficilement les blâmer, le film ayant été créé en à peine trois semaines, n’offrant donc que peu de marge pour les travailler en profondeur. Et après tout, le côté théâtral de l’oeuvre va avec ces caractères très marqués et peu nuancés. Mais il aurait pu être intéressant d’étoffer certaines figures du film afin de donner un peu plus de consistance au récit. Le long-métrage durant à peine 1h10, il aurait surement été possible de rajouter une dizaine de minutes dans cette optique. 

Des dialogues frais et désopilants 

Si l’improvisation n’est pas le meilleur exercice pour le développement de personnages, force est de constater que cela rend les dialogues épatants. Les interactions transpirent le naturel, tout en restant drôles voire touchantes par moments. Certes l’improvisation se ressent parfois, mais cela apporte à cet environnement théâtral une bonne dose de réalisme. 

Les discussions s’enchaînent avec fluidité et nous embarquent au plus près de ces personnages. Et toute personne ayant déjà fait du théâtre, ne serait-ce que dans une toute petite troupe, s’amusera de retrouver le même stress parmi ces personnages que celui-ci qu’elle a connu avant ses représentations. Ces dialogues se couplent généralement à des situations ubuesques particulièrement bien senties. On pensera notamment à la scène de l’interview où le créateur de la pièce La trajectoire du homard se retrouve face à un journaliste passionné, mais aussi très incompétent. Les dialogues font mouche la plupart du temps et véhiculent beaucoup d’humour de façon très naturelle. On notera cependant certaines interactions s’éternisant et qui auraient mérité une coupure un petit peu plus tôt. Mais malgré ce chipotage, les dialogues restent indéniablement le point fort de ce film tourné dans l’urgence. 

Une mise en scène sommaire 

Qui dit « tournage dans l’urgence » dit « simplicité de mise en scène ». Nous voguons de ce fait au plus près de nos personnages durant la majorité du film. Les gros plans voire très gros plans sont légions et nous propulsent au plus près de ces figures théâtrales. Choix pertinent car cela aide à l’attachement. L’utilisation du noir et blanc offre un cachet assez sympathique et même old-school au film, ce qui est plutôt audacieux. La caméra étant très mouvante, peut-être le film aurait-il gagné à se poser un petit peu plus par moment, mais globalement l’immersion est totale. 

Si l’on ressent qu’il a été tourné dans l’urgence, La trajectoire du homard est une réussite absolument convaincante. Malgré les imperfections qui émaillent le film ça et là, celui-ci s’en sort remarquablement bien et on pourrait même dire que ces petits cafouillages rajoutent une touche de poésie. Un film fort charmant qui mérite d’être découvert, ce qui est encore possible puisque plusieurs séances sont prévues lors de ce Champs-Elysées Film Festival

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