Critique « How to Talk to Girls at Parties » de John Cameron Mitchell : un bon gros trip psychédélique

Critique « How to Talk to Girls at Parties » de John Cameron Mitchell : un bon gros trip psychédélique

Critique « How to Talk to Girls at Parties » de John Cameron Mitchell : un bon gros trip psychédélique

Réalisation

Acteurs

Scénario

Rythme

Summary:
How to Talk to Girls at Parties ne plaira pas à tout le monde, c'est indéniable car ce genre de trip psychédélique convient surtout à un public averti et friand d'expériences cinématographiques étranges. Toutefois, si vous aimez les films audacieux et originaux, foncez dans les salles à partir du 20 juin prochain ! 

73%

Psychédélique

Ça y est ! Le coup d’envoi du Champs-Elysée Film Festival a été donné et c’est le film How to Talk to Girls at Parties qui a ouvert les festivités. Ce trip psychédélique signé John Cameron Mitchell donne vite le ton du festival et nous rappelle que promouvoir le cinéma indépendant est la volonté première de cet événement parisien. Focus ! 

Psychédélique, fou et… inégal :  

Le postulat de base est simple : nous sommes en 1977 et nous suivons trois jeunes punks anglais. Ceux-ci rencontreront, au détour d’une soirée, des créatures humanoïdes étranges et fascinantes qui leur feront découvrir l’amour et remettre en perspective leur vision du monde. Si l’histoire peut paraître un peu barrée, jusqu’ici tout va bien ! Mais très vite, nous nous apercevons que tout dans ce film transpire la folie et l’originalité. L’histoire, bien sûr, est aussi dingue que jouissive, quoique plus ou moins bien rythmée mais la mise en scène aussi brille durant la majorité du film. 

La mise en scène est d’ailleurs l’un des points les plus impressionnants de ce film fou. La gestion des couleurs est juste hallucinante et John Cameron Mitchell nous offre un film à la photographie impeccable. La composition des plans est pensée de manière aussi esthétique que symbolique, jonglant entre les expérimentations psychédéliques et la sobriété des environnements anglais des années 1970. A cette réalisation s’ajoute un humour british bien senti, offrant des situations burlesques et hilarantes. On retrouvera également quelques pistes de réflexions intéressantes sur l’humanité et son mode de vie. Quant aux relations amoureuses ou même sexuelles, elles sont montrées avec une certaine candeur et beaucoup d’humour. Cette naïveté est plutôt bienvenue et nous permet de retrouver l’innocence à laquelle nous étions confrontés lors de nos premières expériences amoureuses. En bref : beaucoup de thématiques abordées et une mise en scène au top

Cependant, malgré la mise en scène travaillée et les pistes de réflexion intéressantes, le film souffre d’un rythme trop soutenu et ne prend pas assez le temps de se poser. Certes, cela apporte une certaine fluidité à l’histoire mais peut aussi la rendre étouffante et trop rapide par moment. En outre, le trio d’amis aurait mérité plus de développement psychologique car leur groupe est sous-exploité. Pourtant, leur amitié est palpable notamment à la fin du film. Mais le fait qu’ils soient constamment séparés, y compris lors du dénouement de leurs problèmes, empêche de croire à leur union indéfectible. Un rassemblement de ces protagonistes dans le dernier acte pour régler leurs dilemmes aurait surement apporté un peu plus de force à leur relation. 

Des acteurs au top ! 

S’il y a bien un point sur lequel le film ne pèche pas, c’est dans sa direction d’acteurs. Alex Sharp, l’interprète du jeune Enn, est aussi touchant que crédible dans son rôle de garçon perdu découvrant l’amour. Il retranscrit aussi bien sa naïveté à l’écran que ses tourments intérieurs. Nicole Kidman, bien que peu présente, est toujours aussi charismatique. Et l’avantage de ce genre de rôle complètement timbré, c’est que l’actrice a pu s’en donner à cœur joie pour laisser sa folie et son talent s’exprimer : un vrai plaisir. Les rôles secondaires sont également très bien choisis et s’intègrent parfaitement au film et à ses thématiques. 

Mais il faut se rendre à l’évidence : Elle Fanning vole la vedette à tout le monde dès qu’elle apparaît à l’écran. Son interprétation a de quoi laisser pantois et à juste titre. A la fois forte et fragile, folle et sérieuse, naïve et lucide concernant le monde qui l’entoure… Elle est un personnage bien écrit et magnifiquement interprété. Fanning donne tout ce qu’elle a et ça se sent. Sans conteste LE point fort de ce film, Elle Fanning nous donne envie de la découvrir vite dans de nouveaux rôles d’envergure. 

How to Talk to Girls at Parties ne plaira pas tout le monde, c’est indéniable, car ce genre de trip psychédélique convient surtout à un public averti et friand d’expériences cinématographiques étranges. Le fait est que des films se basant autant sur la symbolique sont souvent mal reçus par le public (en témoigne le récent Mother!). Toutefois, si vous aimez les films audacieux et originaux, foncez dans les salles à partir du 20 juin prochain ! 

 

Bande-annonce How to Talk to Girls at Parties

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