Critique FEFFS 2017 – « 78/52 » de Alexandre O. Philippe : retour sur la scène de douche dans « Psychose »

Critique FEFFS 2017 – « 78/52 » de Alexandre O. Philippe : retour sur la scène de douche dans « Psychose »

Critique FEFFS 2017 – « 78/52 » de Alexandre O. Philippe : retour sur la scène de douche dans « Psychose »

Réalisation

Scénario

Casting

Summary:
Alexandre O. Philippe explore le fondement d’une certaine cinéphilie en passant au crible la scène de douche de "Psychose" d’A.Hitchcock.

80%

Cinéphilie

Après les très remarqués Doc of the Dead et The People vs George Lucas, le réalisateur Alexandre O. Philippe explore à nouveau les racines et le fondement d’une certaine cinéphilie. Il passe cette fois au crible la fameuse scène de douche de Psychose d’Alfred Hitchcock et s’intéresse à la portée de cet enchaînement de plans menant à la mort sanglante de Janet Leigh.

Un hommage à Hitchcock

78/52 est avant tout un hommage au cinéma d’Afred Hitchcock, un cinéma qui fascine et suscite l’admiration aussi bien dans le milieu professionnel qu’auprès du public. Son célèbre film Psychose (1960) a d’ailleurs fait l’objet d’un remake en 1998 par le réalisateur américain Gus Van Sant. Excepté de minimes changements et l’ajout de la couleur, la version de Van Sant constitue un défi technique puisqu’il reprend plan par plan le film d’Hitchcock. Les erreurs commises par le « Maître du suspense » ainsi que l’apparition caméo sont également respectées par Van Sant.
Avec le genre documentaire, Alexandre O. Philippe revient sur la scène de la douche de Psychose, scène mythique du 7ème art, pour révéler son impact dans le milieu cinématographique et le tournant qu’elle marque dans la représentation de la mort sur grand écran. Sur le plan formel, le documentaire tourné en noir et blanc, en clin d’oeil au film, est sobre et efficace. Certains passages de Psychose sont reconstitués afin d’immerger le spectateur dans l’univers du cinéaste et de contextualiser la scène fatidique. La scène de la douche n’est jamais visible dans son entièreté car son intérêt réside dans sa fragmentation. Cela laisse, de plus, la possibilité à qui ne l’aurait pas vu de la découvrir au sein de la globalité du film.

Une sélection éclectique d’invités

De Peter Bogdanovich à Guillermo del Toro, en passant par Jamie Lee Curtis, Danny Elfman, Neil Marshall, Osgood Perkins, Karyn Kusama, Richard Stanley, Walter Murch ou encore Elijah Wood et Bret Easton Ellis, les cinéastes et analystes les plus prestigieux s’expriment devant la caméra du documentariste pour expliquer la façon dont la scène de la douche a modifié leur regard sur le 7ème art et influencé leur travail. Artisans du cinéma ou simples aficionados d’Hitchcock, issus de différentes générations, le panel éclectique d’intervenants permet au documentaire de maintenir continuellement l’attention du spectateur et d’offrir quelques remarques tout simplement hilarantes.

La cinéphilie à l’écran

Avec 78/52, Alexandre O. Philippe participe au renouvellement du traitement de la cinéphilie, au même titre que Karim Debbache et son émission web Chroma. La cinéphilie ne se trouve plus uniquement dans les livres qui peuvent parfois sembler rébarbatifs et réservés à une élite intellectuelle, à l’image d’Hitchcock/Truffaut, ou Le Cinéma selon Alfred Hitchcock paru en 1966 et constitué d’entretiens entre Alfred Hitchcock et François Truffaut. Elle est désormais portée sur les écrans et se traite avec humour.

Avec 90 minutes de documentaire sur une scène de 2 minutes de l’un des plus grands chefs-d’oeuvre du cinéma, Alexandre O. Philippe signe ainsi un très bel hommage au cinéma du « Maître du suspens », Alfred Hitchcock. Après 78/52, le réalisateur s’attaque désormais à une autre scène culte de l’histoire du cinéma issue d’Alien, le huitième passager, de Ridley Scott. On vous laisse deviner laquelle…

 

Bande annonce 78/52:

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