Critique « The Seeds of Violence » de Tea-gue Lim : un film austère

Critique « The Seeds of Violence » de Tea-gue Lim : un film austère

Critique « The Seeds of Violence » de Tea-gue Lim : un film austère

Réalisation

Casting

Scénario

Summary:
Joo-yong passe son service militaire. Un jour qu’ils sortent en permission locale avec sa section, leur caporal-chef leur annonce qu’il est visé par une plainte pour sévices, émise par l’un de ses hommes. Il mène alors une enquête discrète mais violente pour découvrir qui a porté plainte, et ses soupçons se portent très vite sur Joo-yong et son cadet Philippe. Un incident va forcer les deux accusés à discrètement déserter pour aller faire soigner Philippe.

77%

Bon

Quelque jours après l’ouverture du Festival du Film Coréen à Paris, avec le fantastique A Taxi Driver, voici qu’est diffusé le film The Seeds of Violence du cinéaste Tea-Gue Lilm. Un film qui tente de porter un propos profond sur la violence. Un sujet intéressant mais qui manque de se noyer dans les clichés du cinéma d’auteur. En somme, un film très austère.

The Seeds of Violence a le mérite de s’interroger sur l’impact et la transmission de la violence dans la société. Le personnage principal est un jeune soldat qui doit faire face à la violence de son supérieur hiérarchique. Cela se complique quand lui aussi se montre violent. Un sujet fort mais casse gueule. Le bon point c’est que The Seeds of Violence n’est absolument pas manichéen. Mais c’est malheureusement un film très austère et qui frôle l’ennui…

Ce côté austère est notamment accentué par la photographie et les couleurs. Ce sont des couleurs neutres et grisâtres, très peu chaleureuses. Côté cadrage, le film est intégralement tourné en plans-séquences. C’est à dire que chaque plan va correspondre à une séquence du film, ce qui fait qu’il ne doit pas y avoir tellement plus que d’une trentaine de plans dans le film. Le film est filmé intégralement à la caméra épaule ce qui permet donc de donner un style et une esthétique qui est donc proche de celle du documentaire. 

Alors que l’on pouvait craindre un film manichéen, c’est tout l’inverse qui se produit. En effet, la violence est dénoncée par un homme qui est-lui même violent. Furieux du traitement qui lui est infligé par son supérieur militaire, alors qu’il traite de la même manière son propre subordonné. Scandalisé par la violence conjugale dont est victime sa soeur, le personnage va lui-même la gifler. C’est donc une dénonciation de la violence qui peut paraître vaine. Un traitement de la violence rappelant le cinéma de Sam Peckinpah, qui concevait la violence de manière épidémique. Sans atteindre la brutalité des films du réalisateur américain, il y a quand même un traitement commun de la question de la violence avec The Seeds of Violence. Un sujet donc passionnant, mais qui est accompagné par un manque d’empathie envers les personnages, qui force donc le public à s’en détacher.

The Seeds of Violence est un film intéressant par son thème et son histoire forte. Il a le mérite de s’interroger sur la transmission de la violence.. Un sujet fort, dur et important. Malheureusement, le traitement du film est de ce fait beaucoup trop chirurgical, froid et austère pour que l’on puisse réellement s’identifier aux personnages, et donc être touché par les drames qu’ils vivent. Cependant, en sortant de la salle, un sentiment de morosité et de déprime s’emparera de vous. Et c’est peut-être bien le signe d’un grand film de savoir bousculer le spectateur comme The Seeds of Violence le fait…

 

Bande-annonce The Seeds of Violence

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