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      Critique « Doctor Strange » : Un grand nouveau de l’univers Marvel

      Docteur Strange est un personnage très célèbre des aficionados de Marvel. Ce nouveau long métrage des Studios Marvel inscrit dans le MCU est le deuxième épisode de la phase trois initiée par Captain America – Civil War. Porté par Benedict Cumberbatch et réalisé par Scott Derrickson, Doctor Strange raconte le parcours de Stephen Strange, brillant chirurgien qui va devenir un éminent sorcier après un accident qui lui enlève l’usage de ses mains. Le célèbre Sherlock de la BBC est accompagné d’une distribution de qualité: Rachel McAdams, Mads Mikkelsen et Tilda Swinton.

      Un classicisme agaçant

      Benedict Cumberbatch
      Benedict Cumberbatch

      Doctor Strange était l’occasion pour Marvel d’offrir de nouvelles expériences à ses spectateurs, d’aller dans des dimensions inconnues et des mondes féeriques, de découvrir des pouvoirs qui dépassent l’entendement. La palette d’effets visuels dont disposent les cinéastes à l’heure actuelle, est un outil particulièrement efficace qui permet de varier au mieux les facultés des personnages. Pourtant, Scott Derrickson (réalisateur de Sinister) semble s’être débarrassé de toute ambition, se contentant de servir la même recette que les autres produits Marvel. Un schéma identique qui se répète dans le temps production après production. Ainsi, le spectateur va de nouveau être confronté à un personnage égocentrique (un Iron Man ésotérique?) qui va apprendre à ouvrir son esprit pour obtenir des aptitudes uniques et devenir un défenseur du monde. Doctor Strange n’échappe pas à la règle, le héros va suivre un guide spirituel, sauver le monde avant que son partenaire de guerre ne passe du côté obscur. La complaisance, la chute, le renouveau et la victoire : un schéma simple et répétitif commun à la plupart des films issus des studios marvel. On constate de plus que Scott Derrickson dresse des portraits primaires de ses protagonistes. Le méchant, interprété par le brillant Mads Mikkelsen, ne s’affirme jamais complètement, n’étant qu’un pantin légitimant les actions de Strange. Un acteur de cette trempe qui ne dispose pas du temps nécessaire à écran pour réellement s’exprimer est une véritable gageure. Rachel McAdams est simplement reléguée au rang d’infirmière compréhensive qui soigne notre bon vieux docteur dès qu’il en a besoin et… c’est tout.

      Certains dialogues tombent à plat… Certaines explications restent superficielles alors qu’elles auraient demandé plus d’éclaircissements. Doctor Strange est donc freiné par un scénario laborieux, qui peine à se démarquer du carcan habituel. Les comics Doctor Strange offraient pourtant un postulat de départ des plus intéressants. C’est un véritable gâchis. Heureusement, le film comporte aussi des éléments positifs. L’esthétique de Doctor Strange saura solliciter l’un de vos sens les plus appréciables, la vue.  

      Une synthétisation esthétiquement impeccable mais qui manque de profondeur

      Benedict Cumberbatch
      Benedict Cumberbatch

       

      Les meilleurs instants de Doctor Strange sont ceux où les effets spéciaux prennent toute leur ampleur. Scott Derrickson et son équipe n’ont pas lésiné sur le travail visuel. Les combats sont renversants dans notre dimension complètement remodelée. Ils se situent quelque part entre Inception et Matrix, où les corps immobiles deviennent mouvants, parties intégrantes d’un décor constamment en effervescence. Une belle idée que cette dimension miroir qui offre quelques confrontations passionnantes, agrémentées de combats au corps à corps bien chorégraphiés. La conclusion du film est intrigante et prenante. L’esthétique du grand méchant Dormammu, modernisée, est un délicieux mélange de fidélité au personnage papier et d’adaptation aux exigences actuelles. Son tête à tête avec Strange est une idée brillante qui se joue du temps et de l’espace dans un visuel coloré renversant. Pour autant, la synthétisation des dimensions parallèles dans lesquelles se ballade Strange demeure paresseuse. Il n’y a plus aucune limite à présent pour modéliser un monde. Pourtant, quand L’Ancien envoie Strange pour la première fois dans un vortex temporel et dimensionnel, la modélisation manque cruellement d’imagination. Certes, c’est beau et coloré, mais le montage vif rend l’expérience superficielle. Les sensations ne suivent pas. Le film est à cette image, une belle toile mais dépourvue d’âme.

      Une production classique mais divertissante

      Tilda Swinton
      Tilda Swinton

       

      Il n’empêche que Doctor Strange reste une production très divertissante. Les deux grosses heures de film passent d’une traite. Le spectateur est diverti car le film ne laisse pas la place à l’ennui. Le long métrage doit beaucoup à Benedict Cumberbatch qui porte la cape à merveille. Il tient le film à lui tout seul et donne la verve, la malice et la classe, nécessaires pour interpréter Strange. Tilda Swinton reste très fidèle à elle-même, une actrice imposante, à la poigne sensationnelle qui offre par ailleurs une très belle séquence mélancolique en fin de film. L’humour Marvel fait mouche, les comiques de situation ou les quelques punchlines suffisent à apporter le sourire. L’artefact de la cape est un excellent ressort comique qui crée quelques ruptures de tons appréciables. Les quelques connexions avec le reste de l’univers Marvel finissent d’assurer une qualité relative à Doctor Strange.

      En conclusion, Doctor Strange est un divertissement Marvel classique mais pas déplaisant, qui manque cruellement d’ambition pour adapter ce personnage métaphysique.

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