Critique « Dans la brume » de Daniel Roby : classique mais efficace

Critique « Dans la brume » de Daniel Roby : classique mais efficace

Note

Critique « Dans la brume » de Daniel Roby : classique mais efficace

Réalisation

Scénario

Casting

Summary:
Classique mais efficace, Dans la brume offre autre chose à voir dans le paysage cinématographique français.

70%

User Rating: 3.2 (2 votes)

Après le récent La Nuit a dévoré le Monde, c’est un nouveau film horrifique de genre installé à Paris qui sort. Après le film de zombies, Paris est submergé par le film post-apocalyptique. Daniel Roby réunit pour l’occasion Romain Duris et Olga Kurylenko devant sa caméra. En plein Paris, une brume mystérieuse sort de terre et tue tous les habitants de la ville. Mathieu et Anna vont alors devoir se réunir pour sauver leur fille.

Une ambiance post-apocalyptique plaisante

Dans la brume n’est pas franchement original dans son traitement. Une brume tueuse qui envahit Paris et détruit ses habitants. Lointain successeur de The Fog, le film de Daniel Roby suscite l’intérêt pour son décalage. Une histoire très américaine avec catastrophe et une population décimée, mais qui prend place dans un décors inhabituel : celui de Paris. Il est plaisant de voir un scénario à l’américaine dans un univers français.

L’ambiance prend racine entre une approche lancinante et contemplative appuyée par cette brume lente et implacable, et une vivacité des survivants qui donne du rythme à cette histoire. Même si le scénario est classique : des survivants à la recherche d’une sortie, le traitement reste suffisamment agréable pour entraîner le spectateur dans ce délire. L’esthétique est superbe, grâce à cette brume infinie qui se propage comme la peste entre les rues parisiennes. La désolation se ressent et les quelques ressorts émotionnels fonctionnent également. Quant à Romain Duris et Olga Kurylenko, ils sont (comme d’habitude) très convaincants.

Une double lecture sociale simpliste

Comme tout film de genre qui se respecte, ce qui est donné à l’écran n’est pas gratuit. Dans la brume cherche à parler du passage de l’enfance à l’âge adulte. Cette jeune fille coincée dans sa bulle est la représentation de l’inconscience de l’enfance par rapport à la réalité. Dans son cocon elle est à l’abris des méandres de la société, des difficultés de l’existence. Pendant ce temps, ses parents assurent son avenir, sa protection et jouent leur rôle de guide, de protecteur par rapport à leur descendante. Ils affrontent l’effondrement de leur société pour elle, prêts à prendre tous les coups pour sa survie et sa réussite. Grâce aux personnages secondaires de Lucien et Colette, un couple de personnages âgées, le cinéaste confronte les trois générations face à notre société : l’inquiétude, l’action et la résignation. 


Dans la brume ne s’arrête pas là et renverse la tendance en mettant en avant la logique de l’existence : le père est trop vieux et c’est à la fille de s’en occuper. Ce premier est dans le cocon pendant que la seconde assure sa survie. Dans la brume parle juste de la logique de l’existence, de son enchaînement, jusqu’à sa perte. Finalement la jeunesse, malgré sa crainte, est la seule à même d’affronter la société dans laquelle nous vivons, malgré son état déplorable. La jeunesse est la seule à même de rénover un monde en suspend…

Dans la brume est un divertissement précis, divertissant à défaut d’être réellement innovant. Quoi qu’il en soit, c’est un film qui fait du bien dans le paysage du cinéma français.

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