Critique « Overlord » de Julius Avery : une série B largement dispensable

Critique « Overlord » de Julius Avery : une série B largement dispensable

Note

Critique « Overlord » de Julius Avery : une série B largement dispensable

Réalisation

Scénario

Montage

Casting

Summary:
Une série B décevante qui ne sait pas réellement sur quel pied danser.

55%

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Overlord est un ovni sorti de l’esprit de Julius Avery. Produit par Bad Robot, la boîte de J.J. Abrams, le film devait être à l’origine le nouvel opus de la saga Cloverfield. Mais la production s’est ravisé et finalement Overlord est une œuvre à part entière portée par le jeune Jovan Adepo.

Deux parties bien distinctes

Julius Avery choisit de découper son film en deux parties bien distinctes. Le long métrage commence sur un film de guerre ultra classique. Après une très belle scène d’ouverture entièrement pompée sur Edge of Tomorrow, Overlord se lance dans une infiltration d’américains dans une base allemande. Rien de bien surprenant. Les clichés du genre vont s’amonceler, les caricatures américaines, françaises et allemandes arrivent au galop, et les péripéties ne sont pas d’une imagination débordante. Très loin des grands films de guerre, Overlord ennui passablement dans toute sa première moitié face à cette guérilla sage et redondante.

Puis vient la seconde partie. Ce pourquoi Overlord est interdit au moins de 16 ans. Un bordel gore et rebutant d’expériences scientifiques sauvages sur le corps humain. Ce n’est pas le premier à faire ce genre de choix, une fracture intense au milieu du film pour offrir deux histoires en une, deux styles diamétralement opposés. L’exemple suprême reste Une Nuit en EnferTarantino et Rodriguez s’amusent comme des fous. Malheureusement, la transition entre les deux styles n’est pas assez marquée dans Overlord, et reste trop flou pour totalement apprécier la partie horrifique. Les idées horrifiques ne sont pas détestables. Des transformations ultra impressionnantes sont offertes au spectateur, mais leur temps d’apparition est trop succinct, trop rare, voir timide. Pourtant lorsque Chase (Iain de Caestecker) se transforme, Julius Avery tient enfin quelque chose. Il tient une vision d’horreur particulièrement choquante et impressionnante qu’il ne développera pourtant jamais complètement. C’est finalement le gros problème de Overlord, il ne s’assume pas totalement…

Une approche qui manque cruellement de second degré…

Disons le tout de suite, Overlord est une série B en puissance. Une histoire abracadabrantesque, des personnages qui ne sont pas forcément des lumières, des situations relativement clichées, mais un concept rigolo des plus salvateurs. On sent que le budget de Overlord n’est pas faramineux, et que le scénario reste fragile. Pour autant, cette idée de découper le film en deux parties est loin d’être stupide. Malheureusement, la partie film de guerre prend beaucoup trop de place par rapport à la partie horrifique. Les méandres des couloirs obscurs de l’église se font trop attendre, au profit de séquences d’action ou de dialogues répétitifs. Overlord est relativement mensonger. Ceux et celles qui s’attendent à un film d’horreur seront déçus. Overlord offre 1h30 de film de guerre pour 20 minutes d’horreur pure, qui manque en plus parfois de crédibilité, presque parodique. Ce qui n’est pas forcément un mal en soit, surtout pour les séries B. Mais à ce moment là, Julius Avery doit distiller une auto-dérision à toute épreuve, ne doit pas se prendre au sérieux et signer une œuvre pop et déjantée. Bien au contraire Overlord est d’un sérieux rébarbatif qui gâche son potentiel comico-horrifique. Et Julius Avey n’assume pas totalement son interdiction au moins de 16 ans tant le long métrage n’est pas méchant. Les effets horrifiques et gores sont relativement abordables et on se demande encore pourquoi le film porte cette interdiction face à une violence relativement fade.

Overlord commence comme un mauvais film de guerre, en tout cas ultra classique, avant de finir dans une série B passable. On regrette que le film ne s’assume pas complètement, préférant un sérieux rébarbatif que la folie nécessaire aux séries B vachardes et gores. Dommage.

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