Critique « Amateur » de Ryan Koo (Netflix) : Tout d’un pro !

Critique « Amateur » de Ryan Koo (Netflix) : Tout d’un pro !

Critique « Amateur » de Ryan Koo (Netflix) : Tout d’un pro !

Acteurs

Réalisation

Scénario

Personnages

Summary:
Plus qu'un film sur le basket-ball, Netflix nous entraîne dans les coulisses du sport, où l'argent et la dictature des sponsors constituent des éléments dangereux pour de jeunes joueurs. Un bon premier film pour le réalisateur Ryan Koo qui semble bien maîtriser son sujet !

70%

Bon premier film !

De la détection à la célébrité, Amateur est un film sur les coulisses du basket et plus précisément sur l’argent dans le sport qui guide les parcours et corrompt les relations humaines. Netflix signe un film très agréable à suivre sur un sport décidément très cinématographique. 

Un sport populaire mais un sujet inédit

Un film sur le basket ? Ce n’est pas le premier, ni le dernier ! De la comédie Space Jam avec Michael Jordan au drame Basketball Diaries avec Leonardo DiCaprio, ce sport est très prisé par les cinéastes et semble être le terrain propice à la mise en scène de belles histoires. Amateur, disponible sur Netflix depuis le début du mois d’avril, ne se concentre pas tellement sur le jeu en lui-même mais plutôt sur les tractations en coulisses et la marchandisation des sportifs (ici donc un basketteur). Le film se focalise sur le jeune Terron Forte (Michael Rainey Jr), joueur de basket-ball d’à peine 14 ans, qui, suite à une détection, va intégrer un campus scolaire, mais surtout la team Liberty, équipe de lycéens pas franchement enthousiastes à l’idée de le voir débarquer. Son talent va finir par faire la différence sur et en dehors du terrain, mais cette ascension précoce va aussi lui donner l’occasion d’affiner sa vision au sujet de son sport et de son statut d’amateur.  

amateur Michael Rainey Jr josh charles

Le film se nomme Amateur car tout le propos du film s’articule autour du statut d’amateur du jeune basketteur. Avant de pouvoir accéder au championnat universitaire puis à la NBA, des jeunes espoirs font leurs gammes et obtiennent ce statut. Un sujet qui n’est pas beaucoup traité dans le septième art, et pourtant, il est riche en termes d’enjeux. Des milliers de gamins s’embarquent dans cette aventure mais peu sont appelés pour y jouer les premiers rôles à l’avenir. Il faut aussi savoir conjuguer avec son entourage qui n’est pas forcément des plus sains, la célébrité faisant apparaître son lot de vautours. Plusieurs personnages dans le métrage ne semblent d’ailleurs pas être animés par de bonnes intentions pour leur protégé. 

Le joueur comme valeur marchande

Vince (Brian White II), le père de Terron, fait partie de ces gens-là. Très protecteur avec son fils, son comportement intrigue tout au long du film puisqu’il donne l’impression de vouloir avoir une totale emprise sur la carrière de sa progéniture sans prendre en considération les désirs de ce dernier. Il tente de l’orienter vers une carrière de marqueur plutôt que de meneur. Même constat pour son coach Gaines (Josh Charles). Terron appartient à son coach mais également aux sponsors. Avec la signature de ce contrat, le jeune basketteur n’a plus son propre libre arbitre car ses choix sont guidés par son entraîneur, et son parcours de vie par les sponsors. Tout est une question d’image et d’argent.

Amateur met l’accent aussi sur les sacrifices auxquels doit consentir un athlète pour tenter une carrière dans son sport. Ici, le basket prend définitivement le pas sur les études du personnage et plus particulièrement sur l’enrichissement de son esprit : les basketteurs sont choyés pour réussir en cours sans le bagage intellectuel adéquat. En témoigne la scène où les basketteurs passent un examen en ligne avec des surveillants autorisés à leur donner des antisèches.

amateur Michael Rainey Jr josh charles basket

Le film s’en tire bien sur ces sujets, mais rate un peu le coche lorsqu’il s’agit de mettre en scène le basket. Le déroulement des scènes peut parfois poser certaines interrogations sur le parcours de Terron au sein de son équipe. Au début, il éprouve de grandes difficultés pour son premier match avant de se révéler dans le suivant. Tout se passe un peu vite. Même chose quand il doit appliquer des stratégies de matchs impliquant des chiffres : lui qui est atteint d’une maladie qui le met dans l’incapacité de les comprendre se met pourtant rapidement à performer. Pour un film qui se veut réaliste, ces scènes peuvent lui faire perdre un peu en crédibilité. Néanmoins, Amateur reste une belle oeuvre, surtout pour une première réalisation (Ryan Koo met en scène ici son premier film). Quant au casting, il est impeccable, et Michael Rainey Jr. est promis à un bel avenir. 

A défaut d’un tir à trois points, Netflix convertit un beau lancer franc avec Amateur, film très sympathique sur l’envers du décor du basket. Le film manque cependant de justesse sur certaines scènes.

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