[Review] Marzi – Un nouveau souffle, une enfance après la révolution

[Review] Marzi – Un nouveau souffle, une enfance après la révolution

[Review] Marzi – Un nouveau souffle, une enfance après la révolution

Scénario

Dessins

Edition

Summary:
Le récit d'une enfant dans la révolution touchant mais parfois naïf.

60%

Instructif et touchant

Une jeune Polonaise, Marzi, découvre le monde en même temps que son pays s’ouvre à l’Occident après la chute du rideau de fer. Auparavant publié dans Spirou, ce récit dessiné par Sylvain Savoia et raconté par Marzena Sowa est sorti chez Dupuis. On y compile sur 256 pages des épisodes allant des années 1990 à 1992 mais également des histoires inédites. Que vaut ce récit qui mêle petite histoire de ces souvenirs d’enfance et grande histoire de la transition de la Pologne ?

 

 

 

 

Une enfance pendant la transition

Ce volume est le troisième de l’intégrale sur Marzi – l’enfance d’une Polonaise avant et après la chute du communisme. Même si on n’a rien lu avant, les différentes histoires se lisent facilement. C’est à la fois un récit autobiographique et un reportage en BD sur le passage brusque d’un monde à l’autre. On retrouve les rites de l’enfance avec la colonie, la cérémonie de fin d’année scolaire. Une enfant grandit alors qu’un pays se libère.

 

Marzi dans le monde d’après

Dans ce volume, la révolution est déjà passée et la Pologne s’ouvre rapidement à la démocratie – à l’école, au capitalisme – pour les courses quotidiennes et à l’occidentalisation – par la télévision. Cette vision concrète des changements est intéressant et touchante par les sentiments de Marzi. Elle expérimente ce nouveau monde avec joie parfois comme l’abandon de l’uniforme à l’école mais aussi par crainte. Elle refuse de quitter le magasin communiste pour dans la nouvelle boutique à l’occidentale où on trouve tout. Twin Peaks est ainsi la source de cauchemars nombreux ce qui est très drôle. On voit que la religion est de plus en plus pesante.

Comme on suit l’univers d’un enfant, l’histoire est parfois moralisatrice : il faut aider les autres. Au contraire, d’autres histoires sont très réussies. La mort de la grand-mère et donc la découverte de la mort par un enfant sont émouvants. Marzi est une enfant originale car son envie d’ailleurs, sa passion du français en font une enfant à part. C’est même une série végétarienne avec les réactions amusantes de Marzi sur l’abatage du porc et la fête de la carpe.

 

Des récits parfois touchants

Les dessins vont bien au ton nostalgique avec des lignes rondes et des visages un peu cartoon. Les couleurs sont volontairement peu nombreuses avec un jeu sur différentes nuances de marron. Les premiers épisodes de ce volume sont les moins réussis. On lit plus une suite d’images avec du texte qu’un récit séquentiel. La partie sur la colonie de vacances est bien plus agréable car le récit adopte une narration très bd et sort du simple récit illustré.

Pour ce qui concerne l’édition, on a un travail soigné avec un papier de qualité et un joli rabat. On peut être dérouté par la mise en page étrange avec une série de cases au milieu d’une page avec beaucoup de blancs. Cela s’explique par l’origine de ce volume. Au départ, publié dans les pages de Spirou et Dupuis a choisi de reproduire les planches à l’identique mais pourquoi alors choisi un format horizontal et ne pas opté pour un format à l’italienne (vertical) ? Le texte biographique en bonus de sur sa nouvelle vie en Belgique est très sympa.

 

Une fois le livre fermé, on se sent plus intelligent en ayant appris beaucoup sur les changements de la Pologne. Ce volume qui montre le monde d’après dévoile une réalité peu connue. Artistiquement, le résultat est plus mitigé. La partie sur le camp de vacances est la plus réussie mais souvent on lit des images illustrées plutôt qu’une BD.

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