Critique « Fondu au noir » d’Ed Brubaker et Sean Phillips : Une BD noire !

Critique « Fondu au noir » d’Ed Brubaker et Sean Phillips : Une BD noire !

Parue le 29 novembre 2017 aux éditions Delcourt, Fondu au noir est la nouvelle bande dessinée du scénariste Ed Brubaker et de l’illustrateur Sean Phillips, accompagnés de la coloriste Elizabeth Breitweiser.

La face cachée d’Hollywood

Dans le Hollywood des années 40 à 50 gangréné par la chasse aux sorcières rouges du FBI et les trahisons, une starlette est retrouvée morte. Assassinat ou suicide, le scénariste Charlie Parish découvre le corps de la belle Valeria Sommers le lendemain d’une soirée bien arrosée et décide de mener l’enquête malgré les embûches qui se dressent sur sa route. Entre fresque historique et critique férue du cinéma hollywoodien, Fondu au noir se veut incisif, direct et noir. Loin de se concentrer uniquement sur la mort de l’actrice, les auteurs dénoncent sans répit, le traitement de cette mort par le milieu hollywoodien devenant le symbole de la corruption et de la paranoïa ambiante. Plus Charlie Parish progresse dans son enquête, plus le lecteur découvre des secrets enfouis et terrifiants.

Le noir du monde mis en lumière

De par les thèmes abordés et dont rien ou presque n’est dissimulé, Fondu au noir est une bande dessinée réservée à un public averti et adulte. Entre sexualité, alcoolisme et violence, le monde de Charlie Parish, rentré traumatisé de la guerre, est loin d’être un conte de fées. Le ton est donné dès les premières planches et pourtant la bande dessinée ne cesse de surprendre, s’enfonçant toujours davantage dans la noirceur. Fondu au noir aborde un grand nombre de sujets peu traités et pourtant d’une grande importance. Les auteurs montrent sans tabou ce qu’il y a de pire dans l’Homme et leur travail est en cela une véritable bouffée d’air pur. Les personnages dépeints sont profondément et irrésistiblement humains, avec leurs qualités, mais aussi et surtout leurs faiblesses.

Un genre faisant honneur à ses origines

Le style de Sean Phillips permet d’apporter du réalisme à la bande dessinée, qui se découpe de manière très cinématographique. Les plans donnent véritablement l’impression au lecteur de lire un film. Fondu au noir est une bande dessinée qui peut sans crainte être mise entre les mains de tout féru de cinéma. Revêtu d’une belle couverture cartonnée mettant en valeur le travail de Sean Phillips et d’Elizabeth Breitweiser, l’ouvrage offre à la fin nombre de belles illustrations ainsi que la bande-annonce créée spécialement pour présenter Fondu au noir sans en révéler l’intrigue. Il peut être difficile au départ pour le lecteur d’entrer dans l’histoire et de s’attacher aux personnages, mais une fois le piège refermé il devient impossible de lâcher les 336 pages. Fondu au noir est une lecture dont le lecteur ne ressort pas indemne.

Avec un scénario et des illustrations impactants réunis dans un si bel objet, Fondu au noir est une bande dessinée qui mérite une place de choix dans toutes les bibliothèques !

Fondu au noir
Extrait des premières pages

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