Critique « Poussière » (tome 1) de Geoffroy Monde : un « Game of Thrones » poétique

Critique « Poussière » (tome 1) de Geoffroy Monde : un « Game of Thrones » poétique

Critique « Poussière » (tome 1) de Geoffroy Monde : un « Game of Thrones » poétique

Scénario

Dessins

Edition

Summary:
Entre menace et poésie, un début intrigant.

77%

Intrigant

Avec ce premier tome publié depuis peu, Delcourt inaugure une sage heroic fantasy au charme singulier avec un remarquable dessinateur, Geoffroy Monde.

Un royaume menacé

Tout commence par la fin d’un combat sur la planète Alta. Des géants en cristal s’étalent dans une forêt alors qu’une troupe hétéroclite se remet du combat. Les géants abattus sont devenus un trophée à immortaliser pour une mère et ses jumeaux. Ces enfants participent à leur premier combat. Cela permet d’introduire le lecteur dans un conflit et un univers nouveaux. On retrouve l’ensemble de ces personnages sur la couverture mais la série est centrée sur Poussière, mère de famille et combattante. Toute la troupe de combattants a des corps surprenants ou défigurés : des tatouages envahissants, des masques grimaçants auxquels il manque un œil, des doigts déchirés, des mains en verre… ils semblent tous être des marginaux (homme qui se scarifie ou des têtes brûlées) alors que Poussière est plus protectrice vis-à-vis de ses enfants. Elle refuse d’en faire des Augures alors qu’ils ont le pouvoir de voir les Cyclopes avant qu’ils se matérialisent.

Des menaces cristallines

Entre fantasy et poésie

Geoffroy Monde fait tout : le scénario, le dessin et les couleurs. Attiré par l’absurde, il mélange ici cet art de la surprise avec un récit d’action. Le lecteur pense retrouver des bases solides du fantastique par le design des temples, de la ville fortifiée et des tenues des habitants mais, en même temps, l’intérieur des maisons est très moderne. On est plongés dès la page deux dans l’étrangeté jusqu’aux dernières pages. Cette histoire d’heroic fantasy est aussi poétique par son visuel et son récit : les cyclopes doivent être « renvoyés dans l’éther par les Augures ».

Le lecteur est joyeusement perturbé par les très belles couleurs vives, inhabituelles dans ce genre de récit. La ville et ses habitants sont peints dans des teintes restreintes de vert, marron clair, saumon et jaune alors que la nature est plus réaliste. On ne peut s’empêcher d’admirer les très belles pages sur un rêve en aquarelle rosé. Tout au long du récit, Monde réalise un très beau jeu sur les teintes en fonction du récit, par exemple une balade en forêt a une tonalité totalement différente tout en maintenant des couleurs vives. Alors que sur la plupart des pages, l’organisation est classique, le lecteur est perturbé de voir des pages totalement différentes pendant un rêve ou dans une forêt magique.

Chercher l’équilibre

Des enfants au coeur du combat

Poussière est non seulement un récit d’action et de famille mais aussi une fable écologique. Les Augures pensent que les Cyclopes rétablissent un équilibre naturel. Il ne faut pas les détruire mais les renvoyer dans l’éther pour éviter les problèmes. Cependant, le peuple et les soldats acceptent mal ce retour incessant et sont de plus en plus agressifs sans que l’on sache pourquoi. Cependant, tout change à la fin du récit par un retournement qui questionne tout ce qu’on vient de lire et donne envie de lire la suite.

Poussière est une splendeur graphique et un récit prenant qui nous surprend à chaque page. Le summum est atteint quelques pages avant la fin quand tout est bouleversé en attendant le deuxième tome à sortir bientôt.

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