Critique 100% Marvel Miss Marvel – Métamorphose

Critique 100% Marvel Miss Marvel – Métamorphose

A l’issu de l’énorme crossover Secret War qui a vu s’opposer le monde Marvel classique et celui Ultimate, La Maison des Idées a revu ses différentes sagas et les a relancées à zero.

Inscrit dans All New All Diffrent Avengers #1 par Mark Waid et Mahmud Asrar, cette nouvelle revue met en scène une équipe de supers-héros rajeunie et composée de nouveaux éléments. Ainsi Miles Morales est devenu le nouveau Spider-Man. Mais ici, l’histoire se concentre sur la nouvelle Miss Marvel : Kamala Khan. Créé par les éditeurs Sana Amanat et Stephen Wacker, le scénariste G. Willow Wilson et le dessinateur Adrian Alphona, le personnage de fiction apparaît pour la première fois dans le comic book Captain Marvel #14 d’août 2013. Elle est la cinquième héroïne a prendre le nom de code de Miss Marvel. 100% Marvel Miss Marvel – Métamorphose est écrit et dessiné par G. Willow Wilson et Adrian Alphona. 

 

De nouveaux personnages représentatifs d’une diversité ethnique :

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Miles Morales et Kamala Khan

Marvel Comics s’est souvent fait taper sur les doigts pour son manque de diversité ethnique et sexuelle. A l’heure actuelle, aucun film Marvel Studio n’a encore été dédié à un personnage féminin. Pour palier à cette défaillance, La Maison des Idées se lance dans une nouvelle vague de héros issue des quatre coins du monde. Kamala Khan est originaire du Pakistan mais habite désormais dans le New Jersey, où elle est à la tête d’une équipe de supers individus sous la direction de la première Miss Marvel : Carol Danvers. De même Miles Morales a des origines latines et africaines. Il apparaît pour la première fois en 2011 dans l’univers Ultimate dans lequel Peter Parker, le premier Spider-Man, s’est fait assassiner par le Bouffon Vert. 

Dans cette nouvelle revue, G. Willow Wilson met en avant Kamala Khan, tout juste affublée de ses nouvelles fonctions et de sa nouvelle équipe. Carol Danvers ayant abandonné le titre de Ms Marvel pour celui de Captain Marvel, ce dernier était donc libre et a trouvé une remplaçante en la personne de la jeune Kamala Khan. Au premier abord, ce titre ressemble à tout autre récit d’adolescent qui se découvre des pouvoirs et devient un super-héros, dans la veine que ce qui a été fait avec Nova

Des histoires qui se ressemblent toutes : 

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Marvel tente régulièrement une remise à niveau pour lancer de nouvelles histoires et de nouveaux protagonistes. Pourtant, toutes ces nouvelles histoires se ressemblent et n’innovent pas par rapport au passif de La Maison des Idées. Au lieu d’inventer de nouveaux personnages, Marvel Comics préfère placer de nouveaux êtres humains dans des costumes déjà existants. Cette nouvelle Miss Marvel, outre ses origines orientales, n’offre rien de nouveau, une histoire bateau centrée sur les méandres amoureux d’une adolescente qui doit allier sa vie privée à sa vie super héroïque. De même qu’elle doit apprendre à utiliser ses capacités de manière adéquate. Des ressorts narratifs utilisés maintes et maintes fois dans le genre super héroïque.

Si cela fonctionne parfois (par exemple avec X-23, la clone de Wolverine) Marvel Comics tire trop sur la corde et multiplie les personnages sans trouver de nouvelles trames. L’histoire de 100% Marvel Miss Marvel – Métamorphose est une accumulation de clichés paresseux qui reposent sur les travers classiques du genre : des personnages fades, des enjeux classiques, et un manque de caméos de personnages plus célèbres.

Pour autant 100% Marvel Miss Marvel – Métamorphose tente une approche philosophique de la notion de justice et de crime. Via une méthode proche de la pré-crime de Minority ReportG. Willow Wilson cherche a exprimer la notion de subjectivité de la justice. La méthode qui consiste à vouloir empêcher les crimes avant leur exécution pose un véritable problème d’éthique. Un individu prêt à passer à l’acte ne le fera pas forcément. C’est là tout le questionnement du comics (et accessoirement du film de Steven Spielberg). Mais là ou le cinéaste posait un véritable questionnement avec des éléments de réponses, G. Willow Wilson ne sait pas trop où aller et se contente d’énumérer le cahier des charges de cette notion complexe. Pour autant, ce concept a un potentiel sans limite capable de transcender la conscience humaine sur une identité difficile à trancher, entre une sécurisation omnipotente ou un respect des droits de chacun, y compris les criminels.

Ainsi Marvel Comics semble en manque de souffle et d’innovation. Thor et Iron Man sont devenus femmes, Wolverine est devenu un vieux issu de Old Man Logan, tandis que Miss Marvel et consorts tentent de nouvelles histoires fades et réchauffées. 

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