«Hervé di Rosa et les arts modestes » à la Maison Rouge du 22 octobre 2016 au 22 janvier 2017

«Hervé di Rosa et les arts modestes » à la Maison Rouge du 22 octobre 2016 au 22 janvier 2017

La Maison Rouge propose une immersion dans la foisonnante collection privée de Hervé di Rosa. Un artiste engagé, outsider et ouvert sur le monde à découvrir du 22 Octobre au 22 Janvier 2017.

Hervé Di Rosa, l’inventeur de l’art modeste

La Maison Rouge propose une immersion dans la foisonnante collection privée de Hervé di Rosa, génial inventeur de l’art modeste qu’il définit comme « une nouvelle manière de regarder ». Parallèlement, le visiteur découvre son travail d’artiste. Les deux semblent indissociables et entrent en communion tout au long du parcours laissant place à la rêverie et à l’emportement. Il fait partie du mouvement français de la Figuration libre que l’artiste Ben définissait de la sorte en 1981 : « 30% provocation anti-culture, 30% Figuration Libre, 30% art brut, 10% folie. Le tout donne quelque chose de nouveau ». L’engagement d’Hervé di Rosa est total et la démarche sincère. Il invite le public et la critique à s’interroger sur la perméabilité des frontières de l’art contemporain. Il souhaite que soient reconnues les marges de l’art officiel. L’art outsider que Dubuffet définissait comme l’art brut, l’art naïf, les arts primitifs, la bande-dessinée ou même les peintres du dimanche apparaissent aux côtés des arts modestes sur la carte imaginaire « Premier relevé des territoires de l’art modeste à la fin du 20ème siècle ».

Un artiste engagé pour les arts modestes

La traversée d’un couloir bardé de fresques brunes, réalisées à l’encre de chine représentants crûment « La vie des pauvres » (1993) s’avère éprouvant pour le visiteur tant le contraste est saisissant avec le reste de l’exposition. L’arrivée dans la pièce consacrée au MIAM, le Musée international des arts modestes qu’il a créé en 2000 à Sète, sa ville natale n’en est que plus lumineuse. Objets du quotidien et machines farfelues, glanés ici et là sont bien loin de ce que l’on trouve habituellement dans les musées et galeries mais touchent au sensible.

Voyage autour du monde

Ses nombreux voyages, partie intégrante de son processus de création enrichissent son travail. Il cherche toujours à rencontrer des artistes et des artisans locaux afin de s’approprier leurs techniques et savoirs-faire. Hervé di Rosa utilise de très nombreux matériaux pour sublimer ses œuvres : sequins brodés, coquilles d’œufs mêlés de nacre, bois, peaux de bêtes ou céramiques peints. Et toutes les techniques de création sont bonnes à prendre. La diversité culturelle est saisissante et je trouve le résultat enthousiasmant. Hervé di Rosa parvient à montrer que l’acte de création n’est jamais un acte isolé.

Ce qui est appréciable c’est qu’il n’y a aucune sorte d’ironie dans son propos. Les objets qu’il collecte et qu’il montre, aussi kitsch qu’ils soient, il les aime, point. Le résultat est à la fois burlesque et poétique et ne laisse pas indifférent.

Article écrit par Armelle Girard

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