Masculin/Masculin jusqu’au 12 janvier

Masculin/Masculin jusqu’au 12 janvier

Depuis le mois de septembre, le nu masculin s’expose au musée d’Orsay. Un événement qui n’est pas pour tout le monde a en juger par l’avertissement « peut heurter la sensibilité des visiteurs (et tout particulièrement du jeune public) ». Cependant, les plus ouvert d’esprit et les plus adultes pourront apprécier cette représentation du corps de l’homme de 1800 à nos jours.

L’exposition propose plusieurs thématiques :
l’idéal classique : l’occasion de rappeler que si à l’antiquité le nu masculin était représenté sans détour, l’art l’avait abandonné pendant des siècles avant que les néo-classiques et romantiques ne le remettent au goût du jour. C’est le nu académique qui est représenté ici : celui qui est incarne l’homme dans son idée et son idéal.
le nu héroïque : parce que souvent le nu a eu pour but de montrer la virilité, mais aussi la jeunesse, le passage à l’âge adulte. Le héros est aussi nu devant la mort, dépouillé de ses armes, dans l’humilité de son simple apparat.
les dieux du stade : Cette partie rappelle la quête de perfection dans le corps de l’homme, incarnation de la puissance et de la victoire. Certaines œuvres parlent aussi de l’utilisation du nu masculin dans l’idéologie nazi.
Nuda Veritas : revenir au corps simple, à l’anatomie pure, il s’agit là d’une approche plus scientifique. L’observation du corps permet de comprendre le mouvement, le fonctionnement des muscles. Cela implique souvent de se confronter à la réalité de la souffrance, de la vieillesse et de la mort.
Im Natur : représenter le nu masculin dans la nature est aussi une façon de confronter la virilité à la toute puissance de la nature. Un enjeux considérable, puisqu’il s’agit de parler de pudeur, de détournement d’un thème plutôt féminin (les baigneuses). Un retour au source et à la simplicité ?
dans la douleur : Une des parties les plus fortes et perturbantes de l’exposition où le corps masculin est utilisé dans ses torsions et ses contractions pour exprimer l’indicible. Musculature torturée, mais aussi sublimation d’un ressenti dans le cas de la représentation du Christ ou de Saint Sébastien chez qui la douleur est souvent transformée en extase.
la tentation du mâle : Dernière partie de l’exposition, elle met en scène l’homme comme objet de désir. A l’heure où le débat sur l’homosexualité fait encore rage, elle montre sans détour le rapport érotique au corps de l’homme et aux hommes entre eux.

Voici donc une exposition très controversée, mais qui permettra tout de même au visiteur d’avoir la chance d’accéder à une collection d’œuvres sublimes et rarement rassemblées.  Si le propos de l’exposition a choqué, n’a pas été compris ou interroge encore, je trouve pour autant très intéressant d’oser poser des questions et de montrer le nu masculin sous toutes ses formes, là où souvent la femme est au cœur du sujet (trop souvent, partout et quotidiennement). A savourer jusqu’au 12 janvier !

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