Exposition Fantin Latour au musée du Luxembourg : un romantique discret

Exposition Fantin Latour au musée du Luxembourg : un romantique discret

Peintre inclassable de la fin du XIXème siècle, Henri Fantin-Latour est un artiste discret qui vécu en marge des mouvements qui ont animé cette période. Aujourd’hui le musée du Luxembourg lui consacre une exposition exceptionnelle qui nous permet d’en apprendre plus sur ce portraitiste à qui l’ont doit un beau témoignage de cette époque.

Henri Fantin-Latour, à Fleur de peau

L’exposition révèle au fil des salles un artiste sensible, intime et discret qui, bien que contemporain des impressionnistes ne suivit jamais ce mouvement. Admirateur de Delacroix, de Manet ou encore de Berlioz et Wagner, Fantin-Latour n’a eut de cesse de s’inspirer de leur art et de chercher la vérité dans un réalisme emprunt de mélancolie romantique.

L’exposition s’ouvre sur ses œuvres de jeunesse, galerie de portrait de famille (notamment de ses sœurs) et d’autoportraits. On est saisit par l’intimité des scènes représentées, mais aussi et surtout par la distance que le peintre adopte avec ses modèles. Concernant ses autoportraits, ils traduisent l’évolution du caractère du peintre dans ses débuts : doute, manque d’assurance, douceur et trouble. C’est un témoignage touchant de l’artiste en proie à la fièvre créatrice qui craint le manque de reconnaissance. On est d’autant plus ému lorsque l’on sait que son travail fut refusé au Salon à plusieurs reprises et qu’il a souffert de ces échecs.

Nature morte fleuries

Autre sujet de prédilection du peintre, la nature morte et plus particulièrement la peinture florale. On découvre une série de compositions originales, saisissante de réalisme et de symbolisme. En effet, au delà de la facture exceptionnelle et du travail impressionnant de couleur et de textures, on pourra discerner la volonté de l’artiste à parler du temps qui passe, à utiliser la symbolique des fleurs pour exprimer quelque chose de plus profond. On s’attarde sur le reflet d’un vase, la douceur d’un pétale, les choix des cadrages.

C’est cette peinture qui fera longtemps la réputation de Fantin-Latour et qui le liera d’une amitié profonde avec les Edwards. Ce couple d’anglais fera office de mécène dans la jeune carrière du peintre. Ces tableaux eurent à l’époque beaucoup de succès en Angleterre et aujourd’hui encore, une grande partie de cette collection provient des fonds de musée londoniens. 

Portraits de groupes

Aujourd’hui, on connait surtout Fantin-Latour pour ses fameux portraits de groupe : hommage à Delacroix, poètes visionnaires, musiciens contemporains… Henri Fantin-Latour témoigne de son temps et prend plaisir à réunir sur la toile les figures de ceux qui lui tiennent à cœur. Pourtant on apprend qu’il reste un peintre secret, intime et peu enclin à fréquenter la société bouillonnante de artistes de cette période en pleine effervescence. Cela de l’empêchera pas, bien au contraire, d’innover à sa façon et de se démarquer autant par sa technique que par l’atmosphère de ses tableaux.

Un parcours original

L’exposition suit plus ou moins la chronologie du peintre, mais s’accorde des aller-retours, afin de montrer la diversité de ses préoccupations et de ses sujets. On se ballade ainsi de salle en salle, passant de portraits à des natures mortes pour finir sur une très belle réunion de peintures « d’imagination » avec des références musicales, littéraires ou des allégories. Beaucoup de lumière, de douceur dans ces cadres et un côté vaporeux, presque évanescent qui rend la dernière salle de l’exposition comme un rêve lors sommeil paradoxal juste avant le réveil.

Tout au long de ce parcours, on apprend beaucoup d’anecdotes sur ses voyages en Angleterre, son mariage avec Victoria Dubourg, sa fidèle et dévouée épouse, son goût pour la musique, mais aussi sa technique, sa passion pour la photographie ou la lithographie qui firent de lui un artiste original dans la conception de ses œuvres.

Si cette exposition reste courte (compter 1h30 maximum), elle n’en est pas moins immersive ; la muséographie et la mise en lumière est très soignée. Elle nous permet de plonger dans l’intimité de ce peintre connu pour quelques unes de ses œuvres et pourtant si méconnu à la fois.

A découvrir jusqu’au 12 février au Musée du Luxembourg.

 

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