Exposition la Fabrique du luxe au XVIIIe siècle au Musée Cognacq-Jay à voir jusqu’au 27 janvier 2019

Exposition la Fabrique du luxe au XVIIIe siècle au Musée Cognacq-Jay à voir jusqu’au 27 janvier 2019

Exposition la Fabrique du luxe au XVIIIe siècle au Musée Cognacq-Jay à voir jusqu’au 27 janvier 2019

Sujet

Scénographie

Oeuvres

Médiation

Summary:
Cette exposition relativement petite impressionne par sa sélection d’œuvres, sa scénographie, mais également par sa pédagogie. On ressort les yeux pleins d'étoiles et plus riche de savoir sur les pratiques commerciales d'avant le capitalisme.

88%

Jusqu’au 27 janvier 2019, le musée Cognacq-Jay propose La Fabrique du luxe, une exposition au sujet original : Les marchands merciers à Paris au XVIIIe siècle et la fabrication du goût des élites.

Marchands Merciers : une corporation peu connue

Voilà un sujet bien original, en quatre salles plus les combles et un parcours dans les collections permanentes, le musée Cognacq-Jay propose une plongée dans une corporation relativement méconnue du grand public : les marchands merciers. Ces personnages de l’ombre sont pourtant prépondérants dans le goût et l’économie du XVIIIe siècle notamment dans la « Fabrique du luxe » pour les élites. Intermédiaires entre les puissants et les artisans, ces commerçants proposaient des articles de luxe pour meubler les intérieurs les plus cossus de la capitale.

Porcelaine, meubles, tissus, candélabres, œuvres d’art, les marchands merciers sont les grands maîtres du goût des cours européennes du XVIIIe siècle. Corporation très organisée, avec pour spécificité d’associer commerce avec le lointain, commandes aux manufactures les plus prestigieuses et commandes aux artisans, mais également demandes de remontage ou de transformation de pièces, créations de décors pour mobilier ou lambris, bref de vrais directeurs artistiques de l’époque. Les grandes maisons se léguaient de père en fils, au beau-fils ou au neveu. Chacun payait une cotisation annuelle permettant de dédommager ceux qui avaient subi un revers de fortune, mais également d’indemniser les veuves ou les ouvriers blessés ; un système d’entraide étonnant à cette période dans un milieu aussi concurrentiel. En effet, alors que les faillites sont relativement nombreuses, les stocks sont rachetés à des prix très honorables afin de ne pas enfoncer davantage un ancien collègue ou d’assurer à sa famille de quoi vivre.

De nombreux témoignages d’une activité intense

Afin de mieux comprendre ce métier aujourd’hui méconnu, l’exposition met en regard produits divers, meubles, bibelots, livres d’inventaires, témoignages écrits de clients ou de visiteurs, mais également de la publicité, des factures et même une enseigne préservée celle du “petit Dunkerque”. Les combles proposent de rentrer littéralement dans la fameuse enseigne que Watteau a peint pour son ami Gersaint.

Du côté de la scénographie, c’est l’effet “waouh”; chaque pièce est mise en valeur et associée à un marchand célèbre ou une famille. Les commentaires sont bilingues et les décors évocateurs suggèrent une période room sans tomber dans le caricatural. Le papier peint est aussi utile que les cartels. Des chronologies et des cartes permettent de situer dans le temps et l’espace ces prestigieux commerces.

Pour conclure, l’exposition la Fabrique du luxe, bien que relativement petite impressionne par sa sélection d’œuvres, sa scénographie, mais également par sa pédagogie. On ressort les yeux pleins d’étoiles et plus riche de savoir sur les pratiques commerciales d’avant le capitalisme.

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